Comment accepter d’avoir l’air pauvre pour mieux réussir : la différence entre être riche et avoir l’air riche (+ lien avec le minimalisme)

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Nous avons tous connu quelqu’un qui semblait pauvre, pour découvrir ensuite que cette personne était aisée. Cela s’appelle la discrétion financière.

Se méfier des apparences

Quand j’étais étudiante, j’ai connu une fille qui portait toujours les mêmes habits pas chers, et ne se mettait pas en valeur. Je n’aurais jamais cru qu’elle avait de l’argent. Un jour, elle m’a emmenée chez elle : elle habitait dans une villa d’un quartier huppé à Bruxelles.

Un certain nombre de millionnaires a également l’habitude de s’habiller simplement, comme Steve Jobs (avec son typique col roulé, jean et baskets New Balance), ou Mark Zuckerberg (avec son T-shirt gris). On se rappelle aussi de Jeff Bezos qui continuait à conduire sa vieille Honda malgré qu’il était à l’époque déjà fortuné.

Même M.J. DeMarco explique dans son livre L’autoroute du millionnaire qu’il a cessé de vouloir plein de grosses voitures quand il a eu l’argent de se le permettre. Il décrit également sa tenue vestimentaire de prédilection comme des vêtements décontractés de sport. Comme cet auteur est un de mes mentors, je me suis mise à l’imiter. Désormais, je porte souvent juste un T-shirt noir et un pantalon de training noir.

Quand vous êtes minimaliste, vous possédez peu d’objets et souvent peu de signes de richesse. Il peut donc arriver fréquemment qu’on croie que vous êtes pauvre. Si vous regardez autour de vous, la majorité des gens roulent en grosse voiture achetée à crédit. Le fait que vous rouliez en cacahuète d’occasion peut facilement leur faire penser que vous galérez financièrement.

La richesse financière est invisible

L’illusion d’optique réside dans le fait que les possessions (maison, voiture, biens matériels) sont visibles, alors que l’aise financier (revenus passifs, investissements, épargne, revenus du travail) ne l’est pas. Il y a une grande différence entre montrer des signes de richesse et avoir une bonne situation financière. Certains « vagabonds » ont une valeur nette plus élevée que des gens roulant en voiture de sport. (Bien sûr, je ne dis pas que quelqu’un qui possède des richesses matérielles ne peut pas être réellement aisé et exempt de dettes – cela est également possible.)

Il ne faut pas oublier l’envers du décor – beaucoup sont surendettés pour la grosse voiture et la grosse maison, mais vivent mal (mauvaise nourriture, chaussures de mauvaise qualité, enfants qui n’ont aucune activité ou sont mal vêtus) et subissent un grand stress financier au quotidien. En tant que médecin généraliste, j’ai connu des gens dans cette situation et cela détruisait leur santé physique et mentale. Ils n’en dormaient plus la nuit. Tout ça pour pouvoir payer les signes de richesse qui les rendaient pauvres.

Dans son livre La psychologie de l’argent, Morgan Housel explique d’ailleurs que les choses que les gens possèdent ne représentent pas leur richesse mais plutôt un argent qu’ils n’ont plus.

Bien souvent, on surconsomme et on s’endette pour plaire à et impressionner des gens qu’on ne connaît même pas ou que l’on n’apprécie même pas.

La peur d’avoir l’air pauvre

Quand on a connu la pauvreté ou quand on a peur de devenir pauvre, c’est assez pénible d’accepter d’avoir moins de signes de richesse visibles que les autres.

Il est vrai qu’un grand nombre de personnes se limitent matériellement car elles n’ont pas assez d’argent, pas parce qu’elles souhaitent vivre de manière simple. Comme la simplicité volontaire n’est pas le chemin emprunté par la plupart des gens, on tire rapidement la conclusion que la personne se limite par contrainte plutôt que par choix.

Un des freins au minimalisme peut aussi être que vous avez peur d’avoir l’air pauvre. Effectivement, il faut parfois avoir des nerfs en acier pour supporter les réactions de certaines personnes.

Parfois, on peut être tenté de commencer à surconsommer pour ne pas que les gens nous voient de cette manière. Comme je l’ai déjà dit dans plusieurs articles et podcasts, pour moi, les avantages du minimalisme sont bien trop importants pour les laisser tomber à cause du regard des autres.

La manipulation de l’esprit collectif

Pour vendre davantage, les multinationales ont depuis longtemps manipulé la population à l’aide du marketing pour lui faire croire que la richesse, c’est cela. Finalement, c’est une espèce de grosse arnaque organisée et planétaire où, même quand vous gagnez plus qu’assez d’argent pour vivre, on réussit quand même encore à vous faire sentir que ce n’est pas assez, à vous rendre fauché et à vous faire courir comme un rat dans une roue.

Cependant, cela peut être dérangeant et il faut souvent se faire violence pour ne pas se laisser influencer. Parfois, il faut mettre de la distance avec des gens qui nous entraînent dans la mauvaise direction. Pas mal de gens sont vraiment à fond dans la Matrix et ne sont pas capables de réfléchir et de voir en-dehors de la boîte de la surconsommation à l’occidentale.

Il m’arrive parfois de ne pas pouvoir poursuivre une relation amicale débutant car la personne en question pousse son matérialisme vers moi, avec des remarques et des jugements. Je ne veux pas posséder beaucoup, je cherche à n’utiliser que ce dont j’ai besoin, quand quelqu’un essaie de me prendre de haut ou me dit que je devrais avoir plus de choses ou est désagréable avec moi, je me sens mal à l’aise.

Avoir l’air « pauvre » maintenant, c’était être normal avant

Je ne sais pas si je me fais des films, mais il me semble que la surconsommation était moins rampante à l’époque, dans les années 1990. Que je me souvienne, quand j’avais 13 ou 14 ans, il était exceptionnel pour les filles de mon âge de porter du maquillage. Maintenant, à 12 ans, les filles mettent non seulement beaucoup de maquillage, mais aussi des vêtements provoquants. On était moins sous pression en ce qui concernait l’apparence.

Les enfants jouaient à la balle et aux billes, et faisaient du patin. Maintenant les enfants sont noyés de publicité sur leur tablette, et ne veulent plus manger des repas normaux. Je pense que les loisirs étaient beaucoup plus simples et bien moins coûteux à l’époque.

Même si la compétition matérielle a existé de tout temps, la surconsommation a quand même pris un autre visage à l’heure actuelle. Maintenant, on n’achète plus une maison, on achète « la » grosse maison. On n’achète plus une voiture pour se déplacer, mais un véhicule exubérant, si possible le plus cher du magasin, qui en mettra plein la vue à tout le voisinage et défendra notre honneur à tout jamais.

Une notion tronquée de la normalité

Les habitudes culturelles (le conditionnement culturel) influencent la façon dont les gens de votre communauté vous voient. Par exemple, moi, je vis en Belgique et j’évolue dans un pays où il est courant que quelqu’un s’endette de 300 000€ pour acheter sa maison, et disons de 15 000 à 60 000€ (voire plus) pour sa voiture. Comme les gens s’endettent à grande échelle, ils pensent que si vous ne possédez pas les mêmes choses qu’eux ont achetées à crédit, c’est que vous ne pouvez pas le faire, alors que vous choisissez peut-être simplement de ne pas avoir de dettes.

Par ailleurs, la notion de normalité est déterminée par ce que fait la majorité, même si ce que fait la majorité n’a pas de sens. La pression sociale est bien réelle. Sur les réseaux sociaux, on vous fait voir des vacances extravagantes, des vêtements haut de gamme, des grosses voitures, des grosses maisons, sans vous montrer l’envers du décor.

Les jeunes sont les premières victimes de ce phénomène. Moins avertis que les gens plus âgés, ils peuvent dépenser un argent qu’ils n’ont pas pour se procurer certains produits montrés dans des vidéos.

Une définition irréelle de la réussite

Tout dépend de la vision que l’on a de la réussite. Comme la plupart des gens pensent que la réussite se mesure à l’aulne de ses possessions, ils vont vous juger en fonction de cela également. Pourtant, si l’on parle de réussite financière, cela signifie que vous avez une valeur nette positive (en tout cas, c’est ma vision des choses) plutôt que d’avoir -300 000€ en-dessous de l’iceberg.

Comme on le dit plus haut, les réseaux sociaux remodèlent ce que vous allez considérez comme la réussite. Les vidéos vous montrent à longueur de journée un mode de vie luxueux (et irresponsable) comme si c’était normal.

Forcément, quand vous réussissez déjà bien, et consommez normalement, vous aurez l’impression d’être quand même un raté.

Il est beaucoup plus agréable, à mon sens, de ne presque rien posséder mais d’avoir le cash disponible dès qu’on subit un coup dur, ou dès qu’on a réellement besoin de telle ou telle chose (ex. remplacer la voiture qui a rendu l’âme, ou racheter des chaussures car nos sandales ont soudain lâché).

Les avantages d’accepter d’avoir l’air pauvre

Le fait de ne pas devoir constamment veiller à avoir l’air riche a un grand nombre d’avantages :

  • ne plus être dans le cycle de l’insatisfaction chronique. Le fait de ne plus courir après l’apparence (plus spécifiquement l’ « apparence d’un riche »);
  • vous avez plus vite le sentiment d’avoir assez. La poursuite de plus s’arrête alors net, et vous pouvez enfin profiter de la vie en vous sentant riche.
  • ne plus être dans le jeu de « Keeping up with the Joneses » – cela peut vraiment vous emmener dans les problèmes, certains allant jusqu’à s’endetter pour plaire à ou impressionner des gens qu’ils ne connaissent même pas ou n’aiment même pas;
  • faire de réelles économies.
  • moins de dettes.
  • changer de priorités – investir d’abord dans votre futur et votre indépendance financière, et dépenser l’argent (s’il en reste) dans la consommation;
  • vous décider de sortir du jeu et donc vous ne vous sentez plus concerné(e) quand vous voyez des images alléchantes sur les réseaux sociaux ou quand vos voisins ou vos amis ont plus ou mieux que vous.
  • plus de liberté.
  • moins de stress. Comme vous avez des réserves de cash, et que vous commencez à avoir des revenus passifs, vous vous sentez moins stressé et moins en mode survie. Le fait de ne plus être concentré sur le court terme vous permet de réaliser des projets, mais aussi de sentir que vous n’êtes pas absolument dépendant de votre job à 100%.
  • une protection des gens malveillants. Rien à faire, quand vous commencez à avoir de l’argent, et que vous le montrez, vous commencerez aussi à attirer la jalousie, l’hypocrisie et la malveillance. Vous avez moins de chances de vous faire arnaquer ou cambrioler.
  • garder le contrôle sur votre vie.

Pauvre car minimaliste ?

Il m’arrive souvent qu’on croie que je suis pauvre car je suis minimaliste. C’est vrai, quand on rentre chez moi, il y a un certain dénuement. Très peu de meubles et aucun objet inutile. Cela donne parfois lieu à des situations assez embarrassantes. On peut me faire des remarques ou me poser des questions qui sont indiscrètes – « As-tu finalement acheté, ou loues-tu encore? ». Certains restent prostrés à me regarder, alors que ce n’est pas si grave de vivre simplement. Toutes ces personnes ont un point commun : elles vivent au-dessus de leurs moyens, sont toutes endettées jusqu’au cou, et dépensent dans des choses superflues.

Parfois, cela me fatigue et me révolte en même temps. Je pense que cela vient du fait que ces gens sont trop investis dans leur propre surconsommation pour voir qu’une autre vie est possible. Grâce à mon style de vie simple, je vis sans aucune dette, dans un logement de bonne qualité relativement bien situé. Je peux offrir à mes enfants de la nourriture de qualité (acheter des fruits coûte bien plus cher que des bonbons et des biscuits) et de bonnes chaussures. Comme j’achète très peu d’objets, je peux investir parfois dans de petits voyages ou dans des activités éducatives ou sportives, sans que cela n’ait pratiquement d’impact sur notre budget. Et surtout sans devoir travailler à plein temps.

Les minimalistes ont souvent des dépenses invisibles, dans le sens où ils investissent souvent une part non-négligeable de leur budget dans le sport, les activités, les voyages, l’apprentissage, les choses non-matérielles de manière globale. Vous pourriez ne posséder que le contenu d’une valise mais quand même faire de magnifiques voyages, par exemple.

Le minimaliste qui vit presque comme un vagabond est parfois plus aisé financièrement que celui qui semble riche et vit complètement à crédit.

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