Cette relation « vous met-elle en joie » ?
La japonaise Marie Kondô, dans son livre La magie du rangement, propose de trier ses objets en se posant la question : « Cet objet me met-il en joie ? ». On pourrait transposer cela aux relations.
Cette relation me met-elle en joie ?
Pour déterminer si une relation est bonne pour vous, vous pouvez observer comment vous vous sentez après les interactions. Vous sentez-vous systématiquement mal, déprimé, rabaissé, etc. après avoir vu cette personne?
Dans le passé, je me laissais littéralement empoisonner par les gens, je laissais certaines personnes me tourner autour et me faire du mal sans même me poser de questions.
Cependant, j’ai fini par faire un tri et par refuser les relations avec des gens :
- qui se moquaient ouvertement de moi.
- qui n’étaient jamais là pour moi.
- qui ne me donnent pas de leur temps ni de leur aide alors que je les aidais constamment => je n’investis plus plein d’énergie à des gens qui n’investissent pas d’énergie pour moi.
- aux mauvaises intentions.
La qualité plutôt que la quantité
Le minimaliste vit souvent de manière plus intentionnelle, c’est-à-dire qu’il observe les choses, et fait ses choix de manière consciente. Il aura donc plutôt tendance à sélectionner ses relations intentionnellement aussi.
De manière globale, la démarche minimaliste vous habitue à vouloir moins mais mieux. Cela finit aussi à s’appliquer aux relations. Développer des relations proches et de vraies amitiés demande du temps et de l’investissement. Si vous divisez votre temps entre plein de personnes différentes, vous ne pouvez pas renforcer ces relations et les approfondir autant que vous ne pourriez le faire si vous en aviez moins.
Par ailleurs, j’ai vu sur Internet, en préparant cet article, que certaines personnes utilisaient également la règle +1 -1 dans leurs relations. À chaque fois que l’on fait rentrer une relation saine dans sa vie, on doit en faire sortir une relation toxique.
Vous choisissez d’avoir moins de relations, car vous ne gardez que celles qui sont bonnes, et vous les chérissez et les entretenez activement.
Moins de tout
Sans grande surprise, le minimalisme c’est le fait de tout diminuer. Dans le relations aussi, cela signifie moins de tout. Comme par magie, ce moins, ce moindre effort, est une magnifique protection contre les manipulateurs et autres personnes malintentionnées.
=> Parler moins. C’est la meilleure réaction à avoir devant quelqu’un qui vous veut du mal (partager moins d’informations personnelles), qui ne vous écoute jamais (vous ne vous épuisez pas à chercher à en placer une), qui sait tout mieux que vous (vous ne vous fatiguez pas à essayer d’avoir raison) ou qui vous rabaisse (vous ne cherchez plus à démontrer votre valeur.
=> Envoyer moins de messages futiles.
=> Prendre moins d’engagements à droite et à gauche, pour se focaliser sur son réel but.
=> Moins de relations superficielles.
=> Moins jouer un rôle. Comme vous essayez moins d’obtenir l’approbation de l’autre et que vous faites preuve d’authenticité, vous triez automatiquement les gens qui vous acceptent ou pas comme vous êtes, et surtout vous attirer de moins en moins les manipulateurs et autres personnalités toxiques.
Moins peur du vide et de la solitude
Posséder le strict minimum vous apprend à tolérer le vide et la solitude. Votre survie mentale et sociale n’est plus déterminée par le fait d’avoir un logement encombré d’objets inutilisés.
Au contraire, vous vous développez de manière plus abstraite et moins matérielle : activités, apprentissage de compétences, etc. On apprend à remplir son temps sans compter sur les objets. Le fait d’être très simple matériellement repousse aussi un certain nombre de personnes qui vous trouvent bizarre, qui ne vous comprennent pas ou qui aiment simplement trop consommer, même si ceux qui vous aiment sincèrement resteront.
Progressivement, on devient moins attaché à son image sociale et on ne cherche plus à entretenir un vaste réseau social superficiel juste pour avoir de l’influence ou pour faire bonne impression.
Quand j’étais plus jeune, je tolérais certains comportements abusifs pour éviter de faire des vagues et pour ne pas être dans le conflit. Et c’était justement la peur du conflit et de la solitude qui me maintenait en contact avec eux.
Gérer les gens toxiques grâce au minimalisme
La loi du moindre effort est peut-être l’une des lois les plus importantes en ce qui concerne la vie en générale et donc aussi les relations. Elle implique de se simplifier la vie à plusieurs niveaux :
=> Ne pas courir après quelqu’un qui ne court pas après toi.
J’ai appliqué cela plus souvent et cela a naturellement fait le tri. Certains ont fini par se rendre compte que je ne les avais plus relancés, et sont venus me demander des nouvelles. D’autres ne sont jamais venus. Au moins comme cela j’ai su quelles personnes m’accordaient un minimum d’importance sans avoir besoin de faire plus d’effort que cela.
Je ne regrette pas d’avoir pris cette habitude car il est bien plus gratifiant d’avoir des relations où les gens viennent vous voir d’eux-mêmes plutôt que de n’être en relation qu’avec des gens que vous devez stimuler constamment pour vous parler.
=> Ne plus répondre ou réagir quand quelqu’un est maltraitant ou méchant.
Dans le passé, devant quelqu’un d’abusif, j’aurais plutôt fait des pieds et des mains pour résoudre le problème, et chercher à changer la personne qui me traitait mal. Maintenant, j’ai appris qu’il n’y a aucune excuse aux abus, et je les tolère beaucoup moins.
Ma réaction est donc radicalement différente. Tout abus ou méchanceté reçoit mon indifférence, et je cesse d’interagir. Finalement, à ma grande surprise, certaines personnes se sont complètement adaptées pour quand même rester en relation, là où d’autres ne se sont jamais excusées et ne sont jamais revenues.
=> Les réponses minimales sont imparables face aux manipulateurs. Si quelqu’un vous insulte et que vous ne répondez pas, ou que vous lui dites « C’est génial », il aura vite fait de se détourner de vous.
=> N’avoir qu’un seul canal de communication (et écrit). Toute personne qui vous rabaisse, vous agresse ou vous veut du mal de manière générale, ne mérite pas beaucoup de votre temps ou de votre attention.
N’hésitez donc pas à :
- bloquer la personne si nécessaire;
- mettre les notifications en sourdine si vous ne pouvez couper les ponts;
- répondre de moins en moins souvent aux gens qui vous font du mal ou qui vous font vous sentir mal;
- supprimer la personne de vos réseaux sociaux;
- ne communiquer que par email avec certaines personnes;
- archiver les messages ou emails pour ne plus les voir régulièrement et donc penser moins à une certaine personne.
Si tu veux que quelqu’un n’existe plus, cesse de le regarder. – Proverbe arabe
Pas de lien matériel avec les gens
Lorsque j’étais adolescente et jeune adulte, j’étais encore sous l’influence de certains membres de la famille (que je vais garder anonymes) qui ont cherché à m’écraser et à me faire du mal notamment par le biais de l’argent et des possessions. Il est facile pour un adulte malintentionné de faire pression sur un enfant, un adolescent ou un jeune adulte qui n’a aucunes ressources.
À ce niveau, le fait d’être quelqu’un de simple avec peu de besoins m’a permis de m’en sortir et de ne pas justement rester dans une dynamique malsaine avec ces personnes.
Le minimalisme m’a apporté une liberté qui m’a permis de continuer mon chemin sans devoir me laisser maltraiter et sans devoir aller mendier chez un quelconque membre de famille qui cherchait à me pousser plus bas que terre. Si j’avais eu de grands besoins matériels, j’aurais dû à plusieurs reprises presque supplier certaines personnes, car je me serais reposée sur leurs revenus et leurs possessions. Mais comme j’ai appris à vivre avec trois fois rien, donc j’ai pu plus facilement m’échapper de certaines situations.
Le détachement du matériel m’a aussi permis de me mettre en recul par rapport à certains membres de la famille qui se tracassaient trop pour un héritage et qui se sont battus bec et ongles pour savoir qui aura le dernier meuble ou qui aura la maison – alors que la personne vivait encore.
Comme vous le voyez, le minimalisme est davantage que simplement avoir peu de possessions. Le minimalisme peut carrément vous sauver la mise dans certaines situations, vous sauver mentalement dans d’autres, et vous permettre de vous défendre quand certains pensent pouvoir vous contrôler avec l’argent et les choses.
En fait, on pourrait même dire qu’être très minimaliste est quasiment l’équivalent d’être riche. Quelqu’un qui a beaucoup d’argent peut facilement se défendre, payer des avocats, déménager, et tracer sa route sans l’aide de personnes qui lui voudraient du mal. Quelqu’un qui n’a presque pas de possessions ni de besoins peut aussi facilement tracer sa route, déménager et se défaire de personnes cherchant à le contrôler ou à l’influencer.
Se débarrasser d’objets sentimentaux liés aux mauvaises personnes
Comme je l’ai expliqué dans mon article précédent sur la nostalgie, certains objets me rappelaient des personnes qui m’avaient fait du mal ou m’avaient carrément laissé tomber. Pendant des années, j’ai gardé toutes ces choses, me sentant mal à chaque fois que je tombais dessus.
Arrivée au début de l’âge adulte, en début de vingtaine, j’ai décidé que quelqu’un ne valait pas la peine que je sois triste pour lui ou elle si cette personne ne se donnait pas la peine de s’excuser ou simplement d’être là. C’est une des meilleures décisions que j’aie prises. Du fait de ne plus posséder les objets liés à ces personnes, j’ai complètement arrêté de penser à elles.
Peut-être devriez-vous faire pareil si vous gardez plein de babioles liées à de mauvaises personnes? En tout cas, moi, je ne l’ai jamais regretté.
Les choses que j’aurais aimé savoir quand j’étais jeune
Parfois, je me prends à réfléchir à ce que je dirais à mon moi plus jeune. Il y a tellement de choses qu’on apprend en vieillissant, et qu’on aimerait avoir su dans le passé.
Une des choses que j’aurais aimé intégrer à un plus jeune âge c’est de ne pas me laisser faire. Il n’y a aucune raison de tolérer de mauvais comportements vis-à-vis de vous.
Un autre point est celui de ne pas se laisser embarquer dans le monde fou des autres (ex. narcissiques, etc.). Les personnes qui sont très manipulatrices vous entraînent avec elles dans leur « folie » et vous font perdre un temps et une énergie précieuse. Si je retournais en arrière, je sais que je n’investirais pas le millième d’énergie dans ces personnes que je ne l’ai fait à l’époque.
S’affranchir des pensées des autres
Une des choses que le minimalisme m’a apportées, c’est de parvenir à m’en ficher de ce que les gens pensent.
Cela est venue graduellement. Il faut avouer que le minimalisme poussé teste votre solidité mentale, puisque la société ne se gêne pas pour vous faire des remarques, et les différentes influences (publicités, etc.) tentent constamment de vous ramener dans le troupeau.
À un certain moment, mon esprit a lâché. Les avantages du minimalisme étaient trop importants pour que je retourne en arrière. Il y a donc eu dans ma tête une adaptation qui m’a permis d’encaisser les remarques et les regards.
Désormais, les critiques et les conseils me passent au-dessus de la tête. Telle connaissance m’a critiquée parce que je n’ai pas encore acheté de maison, mais je n’ai pas envie de m’endetter. Dans le passé, cela m’aurait piquée au vif, maintenant plus. Une autre personne me dit que j’ai trop peu de choses. Même quand j’étais étudiante, on me taquinait en me disant que j’avais une « chambre de moine ». Tout cela ne me fait désormais plus rien.
Indirectement, le fait de me ficher de ce que les gens pensent m’a rendue moins attirante pour les manipulateurs, et moins sensible à leurs tactiques. En effet, ce sont des gens qui jouent souvent sur la culpabilité, sur le sentiment d’être inapproprié, etc. Ces techniques ne fonctionnent plus si bien avec moi.

Laisser un commentaire