Un psychopathe est un individu souffrant du trouble de la personnalité antisociale qui peut être défini en utilisant les critères du DSM-V. Avant de lire cette liste de conseils, il vaut peut-être mieux d’abord vous assurer que vous avez réellement affaire à un psychopathe.
1. Identifier le problème (et sa gravité) et analyser la manipulation émotionnelle
Comme pour toute situation problématique ou problème psychologique, il convient d’abord d’identifier précisément le problème mais aussi de mettre des mots sur les diverses manœuvres manipulatoires de votre partenaire.
Par exemple, il peut pratiquer :
– le dénigrement ;
– le mensonge par omission ou le mensonge partiel pour vous faire douter ;
– la culpabilisation ;
– les doubles contraintes – des situations perdant-perdant (ex. il vous demande de travailler davantage pour gagner plus de sous, et vous reproche ensuite de ne pas être assez disponible pour les enfants) ;
– l’isolement (être super sympa avec tout le monde sauf avec vous, vous monter contre votre famille et vice versa, etc.).
Identifier le problème, c’est également reconnaître le caractère irréparable et irréversible de ce type de personnalité – rien ni personne ne pourra changer un psychopathe, et vous devez absolument faire le deuil de la communication parfaite, ainsi que le deuil des premières semaines ou premiers mois idylliques que vous avez connus avec votre partenaire. Tout était faux, malgré les belles paroles et les promesses qu’il va changer.
Le fait d’identifier le problème formellement, et de mettre des mots sur ce que vous avez vécu, va également permettre de mettre les points sur les « i » : vous êtes la victime et non le bourreau, malgré ce qu’il vous a probablement seriné pendant des années.
2. Il n’y a pas de « pourquoi » ni de « pourquoi moi »
Les victimes de manipulateurs, qu’ils soient narcissiques, psychopathes ou autres, se demandent souvent ce qu’elles ont fait pour mériter cet horrible traitement qui leur a été réservé.
Pourquoi vous ?
Parce que vous étiez au mauvais moment, au mauvais endroit, et parfois, parce que le psychopathe a repéré en vous des failles qu’il convoite pour mieux asseoir son emprise. Ce n’est pas parce qu’il vous déteste en soi, ni parce que vous avez fait quelque chose de mal. Vous n’avez pas mal parlé, vous n’avez pas trop grossi, vous ne l’avez pas maltraité. Il faut comprendre que le problème ne vient absolument pas de vous mais plutôt de la construction de sa personnalité à lui. Or, le développement de la personnalité se joue dans l’enfance en grande partie, et dans l’adolescence dans une moindre mesure. C’est-à-dire à des moments où vous n’étiez même pas encore dans sa vie, dans la plupart des cas.
Dites-vous bien que son comportement problématique, il l’a avec plusieurs personnes et non pas uniquement avec vous. Les psychopathes ont souvent un agenda secret pour les gens avec qui ils interagissent. Votre partenaire psychopathe avait donc probablement déjà un plan pour vous avant même que la relation ne devienne sérieuse.
3. Tenir une liste écrite des comportements abusifs
Le propre d’une victime de manipulation est de finir par douter d’elle-même et de ses propres perceptions. Ces doutes peuvent s’installer en vous surtout dans les moments d’émotions intenses (panique, tristesse, peur, énervement). Établir une liste des faits commis est utile car vous pourrez la relire « à froid » et vous dire qu’effectivement, ce qu’il a fait sortait de l’ordinaire et n’était pas acceptable, peu importe l’impression qu’il ait pu vous donner sur le moment.
4. Reconstruire une vie sociale et discuter avec vos amis
Bien souvent, le psychopathe vous aura isolé de vos amis et de votre famille progressivement, ou bien il vous aura choisi car vous étiez déjà quelqu’un de très isolé à la base. Avant même la rupture officielle et l’éloignement, reprenez déjà en secret contact avec certaines personnes et assurez-vous d’être un minimum entourée quand vous partirez réellement.
Expliquez la situation à votre amis et votre famille, essayez de recréer des liens, et vous obtiendrez même probablement le soutien de quelques personnes quand ils apprendront que vous avez vécu de la violence psychologique.
5. Préparer un plan de sortie
La rupture avec un psychopathe est pratiquement le moment le plus délicat de la relation. Ce type de personnes n’a généralement pas l’habitude d’accepter le rejet ou le refus, et encore moins une rupture amoureuse. Ils peuvent devenir agressifs, menaçants, voire physiquement violents.
Il faut donc qu’au moment où vous annoncez la rupture au psychopathe, un maximum de liens soient déjà coupés. Par exemple, vous pouvez vous créer un autre compte bancaire que le compte commun et commencer à y faire verser votre salaire. Vous pouvez déjà avoir consulté un avocat pour faire régler le divorce. Vous pouvez avoir déjà signé le bail d’un nouvel appartement si vous souhaitez partir rapidement du logement commun (ce qui est préférable). Changez tous vos mots de passe. Sécurisez tout vos comptes. Mettez vos documents à l’abri, voire scannez-les et mettez-les sur un cloud ou sur une clé USB que vous cachez en sécurité chez un ami.
6. La façon de rompre : brutalement et sans explications
Les étapes précédentes vous auront normalement convaincue que cette personne n’avait rien de bon à vous apporter, voire qu’elle est complètement dangereuse pour vous.
Ne commencez surtout pas à expliquer votre choix de rupture au psychopathe : toute brèche sera exploitée contre vous. Ces individus sont connus pour mettre le pied dans toute porte entrouverte.
7. Couper le contact et mettre de la distance
Dès le moment de la rupture, si vous le pouvez, bloquez-le sur tous les réseaux sociaux. Si vous avez des enfants ensemble, communiquez dorénavant uniquement par email pour plusieurs raisons. Non seulement, cela vous fournira des preuves que vous pourrez ensuite utiliser près du tribunal de la famille (ou même du tribunal correctionnel si vous avez à porter plainte contre lui). Mais cela lui donnera également moins de canaux par lesquels vous harceler et vous faire stresser – rien de pire que de recevoir un message menaçant sur l’application de messagerie instantanée à 23h, au moment où vous allez vous coucher !
Préférez le silence radio et le zéro contact. Si vous avez des enfants, la communication devra se faire uniquement par écrit, et le moins possible verbalement – les échanges d’enfant peuvent se faire sans parler, ou bien via un tiers (ex. vous déposez vos enfants chez votre mère qui les lui remet). De cette manière, il a beaucoup moins de prise sur vous.
Si rien ne vous relie à lui, alors changez carrément de numéro.
Il faudra aussi probablement couper le contact avec certains amis communs et avec sa famille, ainsi qu’éviter certains endroits que vous fréquentiez tous les deux afin d’éviter de le rencontrer.
8. S’entourer de professionnels de tous types et se protéger juridiquement
Pour les cas extrêmes, il vous faudra faire intervenir des professionnels :
– La police (plainte pour harcèlement et/ou violence) ;
– Un ou des avocats pour vous conseiller et/ou vous défendre ;
– Un médecin pour vous épauler et vous faire un éventuel arrêt de travail, ou vous prescrire des médicaments si c’est nécessaire (voyez cela avec votre médecin de famille) ;
– Un psychologue pour un suivi (souvent nécessaire après avoir connu un psychopathe) ;
– Groupe de soutien/parole.
Il faut noter que les psychopathes ont par nature une tendance à ne pas respecter les règles et à tester les limites. Les plus extrêmes ne s’arrêtent qu’une fois qu’ils sont mis en prison. Si votre psychopathe ne se calme pas après plusieurs étapes de rappels à l’ordre (coupure de contact, avertissements, etc.) alors il se peut que la plainte s’impose.
9. Sécuriser votre environnement
Cela passe par des petites démarches qui peuvent vous tranquilliser : placer une caméra dans votre hall d’entrée, laisser la voiture au garage, prévenir votre patron que votre ex risque d’appeler ou de débarquer, changer de numéro de téléphone, bloquer l’ex sur les réseaux sociaux, etc.
10. S’occuper et enlever au psychopathe de son importance
Les psychopathes ont le chic pour vous faire devenir obsédé par eux, et avoir l’impression que tout tourne autour d’eux. Vous finissez par vous négliger vous-même, et n’avez plus aucun but dans la vie.
Si vous êtes vraiment décidé que vous ne voulez plus de cette personne dans votre vie, vous pouvez déjà jeter tout ce qui vous fait penser à elle : objets, messages (sauf si vous en avez besoin comme preuves dans un procès), lettres, vêtements, cadeaux, etc.
Ensuite, vous pouvez trouver des projets personnels ou vous fixer des objectifs nouveaux : suivre une formation, commencer un nouveau sport, apprendre une nouvelle langue, trouver un emploi, etc. Un de ces projets peut même être de témoigner et d’aider d’autres victimes !
11. Prendre soin de vous
La rupture avec un psychopathe est une période éprouvante dans la vie, et pour cette raison, il va falloir mettre un point d’honneur à dormir assez, à manger sainement et à faire du sport.
12. Améliorer votre image de vous-même et devenir moins dépendante
Durant cette période où vous travaillez à votre détachement, le but va être de progressivement devenir moins dépendante de ce personnage – une raison fréquente pour laquelle ce genre de relations asymétriques perdurent. Petit à petit, identifiez les fausses croyances que votre ex vous a mises en tête : tu es laide, tu es trop grosse, personne d’autre que moi ne pourra jamais t’aider, tu es bête, tu es sale, tu es folle, etc. Vous n’êtes pas obligé(e) d’obtenir son approbation pour être une personne bien !
Si vous souffrez de dépendance affective et/ou accumulez les relations abusives, il va falloir faire un petit travail sur vous-même, éventuellement avec l’aide d’un(e) psychologue, pour comprendre les causes du problème et devenir plus forte.
13. Le savoir, c’est le pouvoir
Il est essentiel, pour s’en sortir, de s’éduquer sur la problématique de la psychopathie, afin de mieux comprendre les mécanismes en jeu. Il est également très bon de lire les témoignages d’autres victimes : vous vous sentez moins seul, et vous pouvez constater qu’eux aussi ont subi environ les mêmes comportements.
Vous pouvez également vous informer sur les « traumatismes relationnels complexes », dont vous souffrez peut-être à l’issue de cette relation.
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Note importante: n’oubliez pas que ce blog constitue une aide et ne remplace en rien un suivi psychologique si vous êtes vraiment mal en point. Si vous pensez avoir besoin d’une aide psychologique urgente, je vous conseille de vous adresser aux urgences psychiatriques (ou si vous n’en avez pas à disposition, aux urgences) de l’hôpital le plus proche de chez vous.

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