Article mis à jour le 17 mai 2026.
Ce blog constitue une aide et ne remplace en rien un suivi psychologique si vous êtes vraiment mal en point. Si vous pensez avoir besoin d’une aide psychologique urgente, je vous conseille de vous adresser à votre médecin traitant, à votre psychologue ou aux urgences (psychiatriques) de l’hôpital le plus proche de chez vous.
Table des matières
Contre-manipulation
1) La fuite
Il vous généralement avoir une personnalité tout aussi pathologique que le manipulateur pour avoir la moindre chance de pouvoir rivaliser avec lui ou elle. La vérité, c’est que si le manipulateur vous a choisi comme victime, il l’a probablement fait car il a repéré en vous une personnalité différente de la sienne, susceptible d’accepter ses abus.
Le premier conseil consiste donc à prendre la fuite, tout bonnement. Il ne vous sert à rien de vous accrocher ni d’essayer de prouver que vous avez raison. Même s’il s’agit d’argent ou de possessions matérielles, laissez tomber – votre santé mentale et celle de vos enfants éventuels a bien plus d’importance que d’avoir le dernier mot. D’ailleurs, ce dernier mot, vous ne l’aurez probablement jamais, puisque le manipulateur est un expert à son petit jeu qu’il pratique probablement depuis des décennies. Vous, en comparaison, devriez vous forcer à adopter un comportement qui ne vous est pas naturel. La bataille est donc perdue d’avance.
2) Le silence radio
Même si cela n’est pas toujours possible, par exemple lorsque vous avez des enfants avec votre manipulateur, la meilleure défense, après la fuite, c’est la coupure nette de toute communication. Le manipulateur, a fortiori s’il est narcissique et/ou pervers, se nourrit réellement de toute dispute, de toute émotion que vous montreriez, de tout argument, de toute information sur laquelle il peut mettre la main.
Au début, votre silence et votre absence de réaction peuvent le rendre hors de lui, et ce genre de personnes n’abandonnent jamais vraiment. S’il sent que la porte est fermée à double tour et qu’il n’y a aucune brèche dans laquelle s’engouffrer, il n’aura plus sa « dose » et finira par se détourner de vous dès qu’il aura trouvé une nouvelle proie, plus facile celle-là.
Tenez bon pendant la tempête qui ne manquera d’arriver lorsque vous instaurerez ce silence radio. Elle finira par se calmer et par donner la place à un certain calme. Après le harcèlement, les insultes, la violence, viendra une certaine indifférence du manipulateur, qui vous sera salutaire.
3) Parler le moins possible
Si le silence radio ne vous est pas autorisé (à cause des enfants, par exemple), vous n’êtes pas obligé(e) de toujours répondre ! Cette règle est valable pour la communication digitale comme pour la communication en face-à-face. Cela peut sembler difficile au premier abord, car vous avez probablement des principes, et une tendance à ne pas ignorer autrui. Cependant, en y réfléchissant de plus près, cela semble logique.
Si vous vous sentez bloqué, que vous êtes dépassé par vos émotions et ne souhaitez pas le montrer, ou n’êtes pas sûr de pouvoir maîtriser votre colère, parfois, mieux vaut vous taire.
Le silence signifie aussi le silence digital. Ne pas répondre à certains messages est parfois la meilleure façon de réagir. Imaginons par exemple que votre manipulateur vous traite de tous les noms, vous bombarde de messages vous menaçant de venir défoncer votre porte ou vous adresse d’autres propos irrespectueux ou malveillants, rien ne vous oblige à y répondre.
À quoi bon avoir le dernier mot ? On s’en fiche de savoir qui a tort ou raison, du moment qu’on vous laisse tranquille. Les mots ne sont que cela : des mots. Vous pouvez tout aussi bien ne pas avoir le dernier mot, mais faire tout de même ce que vous voulez.
4) Une communication exclusivement écrite
Qui dit manipulation, dit comportement changeant en fonction des personnes et des situations. Le manipulateur n’est pas stupide : il sait qu’il a tout intérêt à ne pas laisser de traces écrites, et à ne pas agir devant témoins. Cependant, poussé dans ses derniers retranchements, il ou elle peut commettre des erreurs, et vous aider à garder des preuves de son comportement malintentionné.
On évitera de lui parler au téléphone et de trop discuter avec lui en face-à-face.
Imposer une communication écrite exclusive accule le manipulateur, qui ne pourra parfois plus se retenir, et finira par s’exprimer par écrit. Vous touchez alors le gros lot : les preuves tant espérées !
Par ailleurs, éviter la communication « en direct » vous donne le temps de réfléchir à votre réponse. Vous ne vous sentez pas obligée de répondre tout de suite, et vous pouvez prendre le temps de vous calmer d’abord afin de ne laisser transparaître aucune émotion.
5) Des limites claires : brûlez les ponts et fermez le pont-levis !
Vous n’êtes pas obligé(e) de tout accepter de la part du manipulateur. Cette époque-là est finie, et il est grand temps de mettre les limites que vous n’avez pas pu poser au tout début. Bien sûr, comme votre manipulateur vous a toujours connu(e) ouvert(e), il mettra d’autant plus longtemps à comprendre que la fête est finie.
Un exemple que je trouve important, c’est le refus de la messagerie instantanée. Même si votre manipulateur vous menace et vous reproche de ne pas être joignable en cas de nécessité (toujours dans l’hypothèse où vous auriez des enfants ensemble), il existe bien des moyens permettant une communication rapide et efficace, qui conviennent totalement. Par exemple, vous pouvez refuser de communiquer via WhatsApp ou Facebook, mais être disponible par SMS ou par courriel. De cette manière, pas d’excuse pour vous accuser de quoi que ce soit.
6) Aucune émotion visible
Soyez comme un rocher sur lequel coule l’eau de la rivière, un mur lisse sans aucune prise pour grimper. Impassible. Cela demande de la détermination et de l’entraînement, en particulier pour quelqu’un de sincère, d’émotif, de colérique, de franc, d’expressif.
Le but, au début (car vous n’arriverez pas à couper vos réactions internes du jour au lendemain), c’est de faire croire au manipulateur que vous ne ressentez rien. Cela passe par le choix des mots que vous allez dire, et par le contrôle de votre non-verbal.
Le manipulateur va être confus et commencer à tenter tout un tas de choses différentes en essayant tout de même de vous atteindre. Cependant, si rien ne marche, il va se retrouver dans le flou et se sentir perdu.
Le manipulateur cherche des prises pour escalader. Ne lui offrez pas ce plaisir. Soyez aussi lisse qu’un rocher sur lequel l’eau ruisselle. Faites-le déraper sur une étendue de glace ! Ne le laissez pas savoir ce que vous ressentez. Utilisez de courtes réponses indifférentes.
« Je vais te faire retirer les enfants ! »
C’est magnifique.
« Tu es une vraie débile mentale ! »
Je suis bien d’accord.
« Tout le monde dit que tu es fou. »
Ils ont bien raison.
Voici une longue liste de « phrases-bouclier » :
- Ah, bon !
- D’accord.
- Pas de souci.
- Okay.
- Bravo.
- C’est magnifique.
- C’est vraiment génial.
- C’est vrai.
- C’est exact.
- Je vois.
- Je comprends.
- Je te félicite.
- Je n’y avais pas pensé !
- Tu as bien raison.
- Sans aucun doute.
- Merci.
- Tant pis.
- Tout à fait.
- Pourquoi pas ?
- C’est bien possible.
- Cela me fait plaisir de l’apprendre.
- C’est bien connu.
- Tout le monde le sait.
- Pas de soucis.
- Ce n’est pas grave.
- Je l’espère bien.
- C’est gentil.
- L’avenir nous le dira.
- Qui vivra verra.
- Si tu savais.
- On dirait.
- On peut voir ça comme cela.
- Cela arrive.
- Ne t’inquiète pas pour moi.
7) Des accords écrits clairs
Toute zone grise est une aubaine pour un manipulateur. Tout ce qui provoque un doute, ou lui donne du jeu. Pour les choses importantes, il vaut toujours mieux forcer les accords écrits, ceux-ci devant contenir autant de détails que possible et envisager tous les cas de figure possibles afin de ne pas offrir de brèche dans laquelle s’engouffrer.
Un exemple classique est la garde des enfants. De préférence, il vaut mieux avoir un accord écrit et très détaillé sur l’arrangement, les jours, les heures, etc. Lorsqu’il y aura des tentatives de jouer sur les mots ou de changer l’accord, vous aurez toujours cet arrangement écrit pour contester son comportement.
8) Le disque rayé
Le franc a parfois du mal à tomber, ou bien le manipulateur fait semblant qu’il ne tombe pas. Une technique bien connue consiste alors à répéter de manière inlassable la même information, sans laisser la discussion dévier sur un autre sujet. D’ailleurs, le manipulateur l’utilise aussi, cette technique. Bien souvent, utiliser les mêmes techniques que lui servira à le déstabiliser et à l’affaiblir. Vous remarquerez que, face à une demande qui le dérange (par exemple : payer une pension alimentaire, vous rendre de l’argent qu’il vous doit, justifier une de ses dépenses, avouer un mensonge, etc.), il aura tendance à formuler une attaque personnelle. Le but est d’ignorer l’attaque personnelle ou la déviation de sujet, pour revenir au point principal, autant de fois qu’il le faudra.
Exemple :
- « J’aurais besoin que tu participes aux frais des enfants, et que tu me paies une pension alimentaire. »
- « Quelle idiote tu es, si tu n’étais pas si dépensière, tu t’en sortirais mieux financièrement. »
- « Étant donné que nous avons eu les enfants à deux, j’aurais besoin d’une participation de ta part à leurs frais. »
- « Tu es bien trop vénale. »
- « Peut-être, mais j’ai besoin d’une pension alimentaire pour m’aider à élever les enfants. »
- Etc.
9) Ne pas se justifier ni s’excuser en permanence
Comme nous le verrons dans d’autres articles, se justifier consiste à expliquer vos actes à quelqu’un à qui vous ne devez rien. Cela vous met automatiquement en position d’infériorité, et procure à l’interlocuteur une certaine autorité sur vous. Cela démontre également un certain sentiment de culpabilité ou un certain manque d’estime de soi.
Vous l’aurez compris : un manipulateur, en particulier s’il est psychopathe ou pervers et/ou narcissique, ne doit recevoir aucune aide de votre part puisqu’il essaie déjà de vous écraser. Les personnes qui ont cette fâcheuse tendance à s’excuser et à se justifier sont pour eux des proies vraiment idéales ! Faites-vous violence s’il le faut, mais contrôlez-vous afin de vous protéger vous-même.
10) Être irréprochable aux yeux de la loi
L’une des meilleures protections que vous pouvez avoir face à un manipulateur qui vous veut du mal, c’est de ne pas vous mettre en tort. Toute faute commise, ne respectant pas la loi ou pouvant vous apporter des problèmes, peut être utilisée contre vous par le manipulateur, qui s’en donnera à cœur joie d’abîmer votre image sociale et/ou carrément de vous occasionner des problèmes avec la justice. Le souci, c’est que s’il a des arguments pour le faire, il risque de parvenir à son but. Veillez donc à ne pas lui donner cette chance.
Par exemple, s’il existe une décision de justice concernant la garde des enfants, appliquez-la à la lettre. Ne donnez pas au manipulateur l’occasion de rassembler des preuves contre vous, car cela risque de jouer en votre défaveur.
11) Garder vos informations jalousement : laissez-le dans l’ignorance
Quand on a un ennemi, on le garde dans l’ignorance. Moins vous lui en dites, mieux c’est.
Cette limitation de l’information peut concerner tous les niveaux. Par exemple, il vaut mieux éviter, face à quelqu’un qui cherche à vous faire du mal, de lui confier vos plans et vos projets. Inutile de raconter à votre manipulateur que vous vous entraînez durement pour gagner une compétition, ou bien que vous essayez d’économiser pour acheter une maison – son réflexe naturel sera d’essayer de saboter tout ce que vous entreprendrez.
L’une des choses qu’il faut à tout prix éviter de divulguer au manipulateur, ce sont vos peurs ou vos points faibles, c’est-à-dire les choses qui vous blessent. Quand un manipulateur connaît ce genre d’informations personnelles sur quelqu’un, cela lui permet d’attaquer sa proie de manière ciblée en maximisant l’impact. S’il ne sait pas ce qui vous atteint, il cherchera par lui-même en testant vos réactions, mais le processus sera plus lent, et moins efficace.
Toute information concernant votre vie privée est à garder jalousement. Mieux vaut ne pas donner de noms à votre manipulateur (comme celui de membres de votre famille, ou d’amis), ou ne pas les aiguiller vers des contacts que vous auriez en commun et qu’il pourrait manipuler à votre encontre.
12) S’informer et connaître ses droits
Il arrive parfois que le manipulateur soit un personnage particulièrement procédurier, ou particulièrement porté sur la menace, qui tente de vous effrayer par tous les moyens possibles et imaginables.
C’est là tout l’intérêt d’avoir un avocat comme point de contact, ou de vous informer sur vos droits et devoir dans la région où vous vivez. Le fait de savoir de manière certaine que vous avez le droit de faire ceci, vous tranquillisera considérablement.
Il est aussi possible de regarder des documentaires ou de lire des livres sur le sujet sur lequel le manipulateur vous menace.
13) Le mensonge pour se protéger des menteurs
Les manipulateurs sont souvent des menteurs, ou bien greffent des éléments erronés sur un fond de vérité, pour semer le trouble. Votre naturel honnête vous poussera peut-être à vouloir toujours être droit(e) dans vos bottes. Néanmoins, qu’est-ce qui vous oblige à toujours dire la vérité à une personne qui ne cesse de vous mentir ? Le mensonge est parfaitement autorisé lorsqu’il s’agit d’auto-défense.
Le mensonge est parfois une bonne protection. Là où l’on oppose un refus catégorique de répondre, augmente la curiosité. Pour les sujets délicats ou les choses particulièrement dangereuses à révéler, il vaut mieux fournir tout de même une information qui ne soit pas correcte. Ici, nous parlons bien sûr de mentir au manipulateur, pas de devenir mythomane invétéré de manière générale ! Face à une personne malveillante et malhonnête, moins d’informations personnelles vous donnez, mieux c’est.
Pourquoi devriez-vous être honnête avec quelqu’un qui vous insulte, vous manque de respect et/ou vous ment lui-même ?
14) Simplement laisser tomber
Face à un manipulateur, paradoxalement, moins vous en faites, et plus cela vous aide. Je m’explique. Prenons un exemple concret. Le manipulateur essaiera souvent de retourner les autres contre vous. Vous allez alors vous retrouver avec des gens que vous connaissez en commun qui, tout à coup, sans que vous compreniez pourquoi, vont commencer à vous regarder de travers ou à vous attaquer. Laissez tomber. N’essayez même pas de leur prouver que vous avez raison et que c’est vous la victime. Contre quelqu’un qui dit du mal de vous, rien de tel que de ne pas dire du mal de lui ou elle. De la même manière, les connaissances manipulées qui vous tournent le dos, évitez de courir après elles. Si c’est un ex-conjoint qui lave le cerveau de vos enfants, montrez l’exemple avec des actes, sans rentrer dans son jeu, et sans vous mettre à vous justifier ni à critiquer votre ex. Quand les enfants vous posent des questions ou vous font des reproches, répondez simplement avec des faits.
15) Comme avec les enfants : une bonne punition
Le manipulateur reste un être humain, et il est sensible au conditionnement. Action, réaction. C’est en partie de cette manière que l’on apprend les bons ou les mauvais comportements. L’enfant qui dessine sur les murs se fait mettre au coin. Le manipulateur qui vous blesse se fait ignorer, ou reçoit une autre conséquence désagréable de son comportement. Un peu de créativité et le tour est joué.
16) Une relation polie et superficielle
Plus vous resterez distant(e) du manipulateur, plus vous parviendrez à rester poli et à garder votre calme, et c’est parfait pour vous protéger. Le but du manipulateur est de vous faire ressentir des émotions fortes et de provoquer des réactions, qu’il pourra respectivement utiliser contre vous. S’il arrive à vous faire perdre votre sang froid en public, il a gagné. S’il vous pousse à l’insulter, il s’en donnera à cœur joie de le faire remarquer à qui veut l’entendre, pour vous décrédibiliser. Rester-en loin.
Ne plus avoir peur
Quand on est confronté(e) à un pervers narcissique, on est nombreux à rentrer dans un cercle vicieux de peur qui nous pourrit la vie, où l’on a peur constamment. Le manipulateur narcissique parvient à nous maintenir dans un état d’alerte où l’on craint constamment son action toute comme son inaction, ses paroles comme son silence. Le pervers narcissique vous semble tout-puissant, sans limites, il paraît contrôler tout le monde et toujours parvenir à ses fins.
Les pervers narcissiques contrôlent les autres en provoquant soit des émotions très positives (séduction), soit en des émotions très négatives (honte, culpabilité, peur voire panique, tristesse). Si vous vous faites prendre au jeu, cela embrouille votre esprit et vous êtes pris comme dans des sables mouvants. Impossible de vous en tirer !
Décider que « c’est terminé »
Dans tous mes posts, je commence toujours les astuces par la même chose : reprendre espoir. Quelqu’un qui va mal psychologiquement et qui ne parvient pas à aller mieux, c’est bien souvent quand la personne concernée pense qu’il n’y a aucune issue, aucune possibilité d’amélioration. Et pourtant, même avec des êtres aussi malveillants que les pervers narcissiques, il y a des solutions ! Il existe plein de façons de vous protéger du PN. Cependant, il faudra un peu de courage, de la réflexion et du passage à l’action. Rester paralysé ne vous aidera en rien.
Par ailleurs, une fois que vous prenez conscience que la situation peut s’améliorer, il va falloir décider que peu importe ce qu’il arrive, vous allez aller mieux et trouver un moyen d’avoir la paix et d’être heureux. Cette ferme décision, c’est en avoir ras-le-bol et dire que maintenant c’est fini.
Développer un mental de militaire
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le pervers narcissique ne va pas arrêter spontanément de vous faire du mal. Pour avoir la paix, vous allez devoir la gagner, et mener une guerre inlassable contre un ennemi qui ne se fatigue pas facilement et qui ne veut pas lâcher l’affaire. Cet ennemi, il est prêt à aller beaucoup trop loin pour continuer à vous pourrir la vie.
Personnellement, je pense que gagner la bataille face à un pervers narcissique et récupérer votre vie, cela passe par un changement de mentalité. En temps de guerre, on cherche avant tout à sauver sa peau, et le reste devient accessoire.
Il faut vous préparer mentalement à subir des pertes collatérales. Celles-ci sont inévitables et elles font partie du processus. Pour vous libérer du pervers narcissique, surtout s’il va beaucoup trop loin (menaces de mort, agressivité physique réelle, abus sexuels), il va falloir également souffrir. Il va avoir des épisodes de rage, utiliser l’intimidation de plus en plus fort au fur et à mesure que vous lui mettez de limites, et parfois mettre ses menaces à exécution.
Le changement de mentalité dont je parle, c’est d’accepter le prix de la liberté. Il va falloir développer votre courage et en arriver à ne même plus avoir peur des conséquences.
La victime a parfois à subir de gros règlements de compte de la part du pervers narcissique, avec des conséquences diverses, auxquelles vous devez vous préparer et dont vous devez décider de ne pas avoir peur:
- un impact sur votre santé psychologique et celle de vos enfants;
- des problèmes de santé physique;
- une exclusion de votre propre famille ou de vos groupe d’amis;
- la perte d’un emploi;
- des problèmes de couple avec votre nouveau partenaire, voire parfois une rupture (certains partenaires ne vont pas supporter la pression exercée sur eux par le PN);
- de grosses pertes financières;
- la perte de la garde des enfants;
- l’incarcération parfois.
Une fois que vous aurez développé cette mentalité dont je parle, vous irez à la guerre comme à la guerre. Vous serez prêt(e) à accepter le prix à payer, car vous n’en pouvez plus et que cela doit s’arrêter, tout simplement.
Comprendre les mécanismes du harcèlement narcissique
Pour ce faire, il faut vous documenter le plus possible sur les pervers narcissiques en écoutant des témoignages, en lisant des livres, en regardant des documentaires, etc. Cela vous permettra de mieux appréhender ce trouble de la personnalité. Finalement, les pervers narcissiques sont quand même prévisibles. Leur constante, c’est qu’ils cherchent à nuire. En réalité, n’ayez plus aucune attente de la part du pervers narcissique, et ne croyez surtout pas qu’en étant plus gentil avec lui, il va s’adoucir. Attendez-vous à ce que, quand vous demandiez A, il vous donne plutôt Z.
Une autre constante, c’est leur façon d’exercer des menaces pour appliquer sur vous une pression psychologique. Comme le souligne si bien Stan Carrey, le but premier quand on profère des menaces, c’est de faire peur à quelqu’un ou d’obtenir quelque chose en contrepartie. Quelqu’un qui veut vraiment faire quelque chose, peut le faire sans devoir le dire un million de fois auparavant. Si la personne veut mettre le feu à votre maison, elle peut simplement le faire sans vous prévenir. Cela signifie que le pervers narcissique, en proférant des menaces, cherche avant tout à vous faire peur ou à vous contrôler.
Limiter la communication au strict minimum
Si vous n’avez pas d’enfants ensemble, il vous sera possible, directement ou après un certain temps (divorce, changement de boulot, etc.), de couper les ponts avec le PN.
Par contre, si vous avez des enfants et qu’il n’y a pas d’interdiction de contact avec le parent PN, vous serez obligé de communiquer avec le PN pour les échanges de garde, les aspects pratiques, etc. Vous pouvez:
- vous arranger pour que ces échanges se passent le moins possible en face à face. Par exemple, que le parent PN reprenne les enfants à l’école lorsque sa garde commence, et les dépose à l’école le jour où la vôtre commence;
- ne pas dire un seul mot si vous êtes amenés à vous croiser face à face;
- forcer la communication par écrit. Soit il sera prudent et n’écrira rien de compromettant, soit il ne pourra pas se retenir (étant impulsif, et car il veut tellement vous faire du mal).
Tout échange est une brèche, comme une porte entrouverte dans laquelle le manipulateur peut rapidement mettre le pied. Une fois que c’est fait, vous avez toutes les peines du monde à refermer la porte. Le plus simple est donc de ne pas l’ouvrir, cette porte!
En n’échangeant pas avec le pervers narcissique, vous allez:
- économiser votre énergie;
- annuler les chances qu’il retourne vos propos contre vous (et vous n’allez donc plus non plus constamment vous demander ce qu’il va faire avec vos messages ou mots);
- rendre impossible la diffamation (puisque vous ne lui parlez pas, ne parlez pas de lui, etc.);
- diminuer votre stress (soit il continue à écrire des choses compromettantes et cela vous donne des preuves à utiliser contre lui, soit il arrête complètement de vous écrire et vous ne recevez donc plus de messages qui vous font flipper).
Penser à votre objectif (être en paix) plutôt qu’aux choses qui vous font peur
Selon Fabien Arnoux, si vous avez peur maintenant, c’est parce que vous vous focalisez sur ce que vous ne voulez pas vivre dans la relation : qu’il manipule un membre de votre entourage, qu’il vous agresse physiquement, etc. Cela semble judicieux, d’autant plus que le pervers narcissique, tout au long de la relation, et même après la rupture, se sera ingénié à implanter de nouvelles peurs dans votre esprit.
Un peu comme pour tout dans la vie, vous obtenez de meilleurs résultats si vous pensez aux objectifs positifs que vous essayez d’atteindre, plutôt qu’aux échecs et catastrophes que vous voulez éviter. Pour le dire de manière un peu plus imagée, vous vous envolerez plus haut en regardant vers le ciel, qu’en fixant le sol sur lequel vous avez peur de vous écraser.
Dans le cadre d’une relation (consentie ou forcée, via le biais des enfants par exemple) avec un pervers narcissique, cet objectif positif sur lequel vous avez les yeux peut être à peu près n’importe quoi : réduire la communication au minimum, ne plus recevoir de menaces, etc.
Des actions pour contrecarrer les peurs
Faites la liste de tout ce qui vous fait peur, et imaginez une action qui peut vous permettre de contrecarrer cela. Ce conseil est également donné par Stan Carrey, qui souligne à juste titre qu’avoir peur ou angoisser n’améliore en rien la situation et ne va pas diminuer la nuisance du pervers narcissique. La priorité, c’est votre sécurité et tranquillité d’esprit, et celles de vos enfants. Le but est donc de vous creuser les méninges pour trouver des stratagèmes visant à vous protéger.
Quelques exemples
- Vous avez peur qu’il vide notre compte commun et vous laisse sans le sou. => Créer un compte personnel auquel il n’a pas accès.
- J’ai peur qu’il puisse faire croire aux gens que c’est moi qui essaie de monter les gens contre lui. => Ne rien dire de mal sur lui à personne. Ne pas parler de lui.
- J’ai peur des réactions de ses amis et connaissances, qu’il manipule et qui me montrent du dédain ou de l’agressivité à chaque fois que je les croise. => Mettre de la distance physique (ex. déménagement) ou sociale (ex. changer de cercle d’amis, ne plus fréquenter les mêmes endroits, couper les ponts avec certaines personnes qui se laissent manipuler).
- J’ai peur qu’il me suive ou qu’il me harcèle. => S’il le fait, accumuler des preuves, imprimer des emails, créer un dossier avec toutes les informations disponibles sur lui.
- J’ai peur qu’il aille chercher les enfants à n’importe quel moment sans me prévenir (en cas de séparation). => Demander un arrangement écrit via le tribunal.
- J’ai peur de le croiser dans certains endroits car on n’habite pas loin l’un de l’autre. => Déménager. Changer certaines activités ou lieux de fréquentation.
- J’ai la peur au ventre à chaque fois que j’ouvre ma boîte électronique, de peur de trouver un message menaçant de sa part. => Avoir une boîte email destinée uniquement à lui. Avoir un arrangement écrit de la part du tribunal pour ne pas devoir communiquer avec le PN en-dehors des moments de visite.
- J’ai peur qu’il fasse croire à tous mes proches que je suis fou ou folle. => Se contrôler. Rester calme. Communiquer le moins possible avec le PN, ou à propos du PN.
Identifier les actions problématiques du PN
Dans une situation où vous paniquez et où vous pouvez perdre vos moyens face à la manipulation et aux comportements menaçants du pervers narcissique, ce qui peut aider, c’est de pratiquer une analyse objective des événements. Au besoin, vous pouvez noter par écrit toutes les choses que le pervers narcissique fait pour vous nuire. Ensuite, vous pouvez faire fonctionner vos méninges pour trouver comment empêcher que cela ne se reproduise.
Agir malgré sa peur : l’inaction est dangereuse pour vous
Les actions les plus importantes doivent parfois se faire dans l’inconfort. Si vous attendez de ne plus avoir peur pour poser des actions concrètes, alors vous n’agirez jamais. Comme dans tous les cas de harcèlement, moins on parle et moins on agit, plus l’agresseur prend de l’assurance et de la puissance. Cela est très certainement vrai dans les cas où vous ne pouvez pas simplement couper les ponts avec le pervers narcissique.
Quand vous êtes obligé de maintenir un lien avec le pervers narcissique, vous écraser aggrave les choses. Il faut que les menaces sérieuses et les harcèlements soient suivis de « punitions », et il faut marquer le coup. C’est un peu comme l’éducation d’un chien méchant. Une action de sa part doit mener à une réaction. Il vous menace de mort ? Portez plainte ou déposez une main courante.
La peur des réactions du pervers narcissique vous garde souvent dans un état de paralysie psychique. Il vous malmène tellement dans tous les sens, et les coups proviennent tellement de toutes les directions, qu’à la fin vous ne savez même plus dans quelle direction vous devez courir pour vous mettre à l’abri. C’est comme si vous étiez face à trois portes de sortie, et que vous n’osiez en prendre aucune, car le pervers narcissique pourrait se trouver derrière chacune d’entre elles. L’inaction qui découle de cette peur et de cette paralysie mentale fait en réalité pire que mieux, car elle affermit encore l’emprise que le pervers narcissique a sur vous.
Créer des filets de secours
Devant une personne problématique voire dangereuse, quand la situation devient trop inquiétante, il vaut mieux vous créer des filets de secours:
- informer vos proches de qui est cette personne et de ce qu’il/elle risque de faire;
- garder des preuves (vidéos, enregistrements, messages écrits, publications sur les réseaux sociaux);
- envoyer des emails circonstanciés à certaines personnes;
- envoyer une lettre ou un email relatant les faits directement au manipulateur (PN, psychopathe) – cela peut le refroidir de voir que vous notez les faits, même s’il/elle les niera probablement. Même ce genre d’emails peuvent compter si les choses tournent vraiment mal.
Porter plainte ou au moins une main courante
Lorsque vous avez des preuves de menaces graves de la part du pervers narcissique, il faut absolument aller porter plainte. Le pervers narcissique ne respecte rien ni personne, et il peut aller de plus en plus loin si vous ne réagissez pas. Toute inaction le rend plus fort. Quand il existe un risque que les actions du pervers narcissique portent atteinte à votre intégrité physique, alors il vaut mieux le signaler. Au pire, vous aurez porté plainte pour rien. Au mieux, il sera condamné ou vous obtiendrez une interdiction de vous approcher, c’est toujours cela de pris.
S’en débarrasser
Après une séparation d’avec un pervers narcissique, il n’est pas rare de subir du harcèlement (physique, écrit ou téléphonique) de la part de cet individu qui, manifestement, semble ne pas saisir le message.
Si votre ex-partenaire est un(e) pervers narcissique et que vous avez des enfants ensemble, vous pouvez être sûr(e) qu’il ou elle va continuer à vous tourmenter à travers les enfants. Avec ce genre d’ex, il n’y aura pas de réelle coparentalité, c’est-à-dire qu’à aucun moment, vous ne regarderez dans la même direction pour le bien-être des enfants, puisque le PN a pour unique but de vous détruire, et qu’il instrumentalisera les enfants pour le faire, si nécessaire.
Comment donc devenir tellement repoussant pour le PN qu’il va finir par prendre la poudre d’escampette tout seul, se tailler, se faire la malle, partir la queue entre les jambes, disparaître de la circulation, s’évanouir, s’évaporer,…? Je pourrais continuer la liste encore longtemps, tellement cela ressemble à un rêve, qu’il s’en aille enfin de lui-même.
Remarque : comme dans tous mes articles, je mets le PN au masculin et la victime au féminin, mais il va de soi que le PN peut appartenir aux deux sexes. Il vous suffit juste d’inverser les genres au cours de votre lecture!
De manière assez logique, il va falloir se transformer en une espèce de produit tue-mouches (la mouche étant le PN). Tout ce qu’il n’aime pas, il faudra le faire (en ne vous compromettant pas, bien sûr). Il va vous falloir être radical(e), pour qu’il comprenne qu’il a perdu la bataille, et qu’il vous laisse définitivement tranquille.
1. Couper tous les avantages liés à nous
Une des tactiques pour qu’un PN s’en aille loin de vous est de faire en sortir de devenir inutile pour lui.
Quand on parle d’avantages, cela peut être à peu près n’importe quoi:
– ne plus offrir de « nourriture narcissique » – c’est-à-dire ne plus l’admirer, ne plus le complimenter, etc.;
– ne plus offrir de services – par exemple, gérer ses tâches administratives, s’occuper de ses enfants, lui faire à manger, etc.;
– ne plus offrir d’argent ou de bénéfices matériels;
– ne plus lui donner d’attention (même quand vous êtes séparés, ceci représente une forme de bénéfice pour le PN);
– ne plus lui donner de moyen d’assouvir ses pulsions sadiques (cela lui donne de la joie quand il parvient à vous faire vous sentir mal).
Bref, essayez vraiment de réfléchir à tout ce que votre PN peut tirer de la relation, ou du lien minimal qui persiste après la rupture en raison d’enfants que vous avez en commun.
2. Plus aucun échange
Si vous avez un ex PN qui vous harcèle, et encore pire si celui-ci a un moyen de levier comme les enfants que vous avez eus ensemble, il va vous falloir vous protéger un maximum. Comme le souligne à juste titre Stan Carrey (voir lien vers la vidéo ci-dessous), un très bon analyste des pervers narcissique, tout échange avec un PN est toxique et manipulatoire. Avant de contacter le PN ou de répondre à ses messages, demandez-vous donc bien si cela en vaut vraiment la peine, si ce contact que vous vous apprêtez à prendre est vraiment indispensable. En effet, le PN ne va jamais s’arrêter d’essayer de vous influencer. Échanger le moins possible avec lui (que ce soit oralement ou par écrit) est donc une façon de limiter l’impact du PN sur vous. Il en va de votre tranquillité et de votre santé mentale.
Par exemple, si vous n’avez pas d’enfants ensemble, le plus évident est de pratiquer le silence radio et de ne jamais le rompre, bien sûr. Par contre, si vous êtes obligée d’avoir des contacts avec le PN pour parler des enfants, ne répondez que quand vous y êtes vraiment obligée. Le fait d’avoir une décision du tribunal concernant les jours de garde peut vous aider à limiter cette communication. En principe, il n’y aura pas de raison de vous contacter constamment si les jours sont fixés à l’avance. Quand l’entente n’est pas du tout là, comme c’est probablement le cas avec votre ex PN vu son comportement, il suffit de s’en tenir aux jours écrits sur le papier.
3. Être sûr(e) de soi et parvenir à ne plus avoir peur
Au-delà de l’indifférence, il va aussi falloir montrer que vous n’êtes pas déstabilisé(e) par ses attaques. S’il cherche à vous dévaloriser ou à vous faire changer des choses pour lui plaire, répondez simplement que vous, vous vous trouvez bien comme cela, ou bien que vous êtes content(e) de vos choix, etc.
Il va falloir apprendre à être solide et à ne pas flancher à la moindre tentative du PN de vous faire vous sentir mal. Cela demande un certain travail sur soi-même. Une fois que vous saurez maintenir votre valeur devant le PN, vous aurez moins peur de lui, et vous cesserez de douter par rapport au fait que c’est peut-être vous, le problème.
Les PN n’aiment pas les gens qu’ils ne parviennent pas à manipuler ou à contrôler. S’il ou elle n’a plus rien à tirer de vous, il aura plus tendance à s’en aller.
4. Consolider votre réseau social
Ne restez pas seul(e) face au PN : entourez-vous et tâchez d’avoir quelques relations amicales ou familiales solides pour vous aider à garder le cap.
Qui dit réseau social, dit aussi s’entourer de professionnels (ex. consulter des avocats et en connaître donc quelques-uns que vous pouvez appeler si nécessaire) ou avoir recours à des associations (ex. pour vous soutenir si la justice se met du côté du PN ou que vous n’êtes crue par personne). Vous pouvez aussi aller régulièrement chez un(e) psychologue.
Non seulement, le réseau vous aidera à préserver votre calme et votre santé mentale, mais le PN verra aussi que vous n’êtes plus aussi isolée et il aura moins tendance à vous attaquer sur tous les fronts.
5. L’indifférence et le détachement : ne pas l’écouter et ne pas réagir
Le pervers narcissique déteste l’indifférence. Ce qu’il veut, c’est provoquer des émotions fortes (et de préférence négatives). Si vous ne réagissez pas, vous évitez de lui donner des indices sur la façon dont vous vous sentez. Cela va le plonger dans la confusion, mais aussi le priver d’une grande source de plaisir, car c’est votre souffrance qui lui fait du bien. De plus, vous ne l’informez pas sur ce qui peut vous blesser, il aura donc moins tendance à recommencer.
À la longue, il pourrait que le PN se fatigue car il n’obtient rien de vous – pas de satisfaction sadique, pas de validation narcissique, pas d’occasion de se lancer dans des joutes verbales, aucune possibilité de pratique le jeu du chat et de la souris,… Parfois, le pervers narcissique va se détourner de vous car vous n’écoutez pas ce qu’il dit.
Que ce soit par écrit ou en face à face, faites mine qu’il ne vous intéresse pas, avec des réponses courtes et neutres, dénuées de teinte émotionnelle. Vous pourriez ne pas répondre, lui dire qu’il a raison, etc. (Davantage d’astuces sur cela dans mon article sur la contre-manipulation.) Faites comme si plus rien ne vous faisait rien, dans son comportement. Il continue les comportements néfastes quand il obtient une réponse de votre part.
6. Les batailles judiciaires
Quand le PN va trop loin, surtout lorsqu’il enfreint la loi, n’hésitez pas à porter plainte contre lui. Par exemple, en cas de harcèlement, d’agressions physiques et/ou sexuelles, de graves menaces, etc.
Par contre, attendez-vous en retour à des épisodes de rage narcissique, qui peuvent être très éprouvants pour tous les deux. Parfois, le PN ne va pas comprendre si rapidement, et il peut même avoir des réactions qui vous font peur, ou bien vous pouvez craindre qu’il ne fasse des choses graves dans votre dos.
Éventuellement, vous pouvez vous arranger pour ne communiquer que par avocats interposés, ou bien que votre avocat à vous contacte le PN directement, afin que vous n’ayez pas à subir ses attaques.
7. Une adresse email uniquement pour les courriels du PN
De nombreuses victimes de PN reçoivent des salves de messages angoissants de la part de celui-ci, même quand ils sont déjà séparés de lui. Bien entendu, si vous n’avez pas d’enfants ensemble, il est facile de bloquer les emails et de ne même pas les lire. Malheureusement, si vous êtes parents d’enfants en commun, vous serez obligé de lire les messages du PN, et d’y répondre.
8. S’arranger pour ne pas le voir lors des échanges d’enfants
Même si vous avez des enfants ensemble, vous avez la possibilité de ne jamais voir le parent PN. Soyez ingénieux! Certains vont effectuer les « échanges » (non, on ne parle pas d’otages de guerre!) via les grands-parents. Sinon, vous pouvez vous arranger pour que l’un les dépose à l’école, et que l’autre les récupère depuis l’école lors du changement de garde. S’il vient les chercher chez vous, vous pouvez laisser vos enfants se rendre seuls à la porte d’entrée (s’ils sont assez grands pour le faire, bien sûr) et donc ne même pas avoir un contact visuel avec votre ex-PN.
9. Lui dire que vous avez besoin de lui ou qu’il doit rester
C’est plus fort que lui, le pervers narcissique recherche votre souffrance. Vous aurez peut-être déjà remarqué qu’il a tendance à faire spécifiquement l’inverse de ce que vous demandez, ou bien qu’il a tendance à accenter les comportements qui vous font du mal quand vous lui demandez d’arrêter.
Vous avez compris le truc, il faut apprendre à lui demander l’inverse de ce que vous voulez. Par exemple, si vous avez envie qu’il vous quitte, dites-lui qu’il vous est indispensable et que vous seriez ravagée s’il le faisait. Si vous voulez qu’il laisse vos enfants tranquilles (car le parent PN sera très, très souvent maltraitant de diverses manières), réclamez qu’il les prenne davantage. Continuez à jouer le jeu : s’il commence à s’éloigner ou à ne pas prendre les enfants, réagissez et redemandez.
10. Rester ferme et ne pas baisser votre garde
En cas de conflits, ou si vous allez en justice, par exemple, le pervers narcissique va essayer de vous faire changer d’avis. Il va peut-être redevenir sympathique voire gentil, ou bien verser dans de grosses colères avec des menaces qui vous font peur. L’important ici est de lui montrer que les limites restent les mêmes et celles-ci doivent être clairement définies.
Ce qui aide le pervers narcissique, ce sont les zones grises, mais vous ne devez pas accepter qu’il joue avec les règles. Par exemple, si vous avez un accord de garde écrit, il va chercher à vous amadouer pour vous faire accepter des visites en-dehors des moments prévus. À la longue, il finira par ne plus rien respecter et vous vous retrouverez à nouveau dans une situation comme quand il n’y avait pas d’accord, sauf que cette fois-ci, il vous dira que c’est vous qui avez accepté de ne pas respecter l’accord. N’acceptez donc pas ce genre d’attitude. Si vous le faites, vous n’aurez plus aucun recours.
Le pervers narcissique doit comprendre que vous ne plaisantez pas avec la loi. Dans sa vidéo (voir en fin d’article), Fabien Arnoux conseille de devenir une menace pour le pervers narcissique afin qu’il cherche à être le moins possible en contact avec vous.
11. Connaître vos droits
Pour votre tranquillité, et surtout pour vous donner la possibilité de rester ferme, l’avocat et la connaissance de vos droits seront vos meilleurs amis. Si le PN vous menace de choses et d’autres, parlez-en à des spécialistes de la loi, pour garder les pieds sur Terre et ne pas vous laisser emporter dans un tourbillon de peur, d’anxiété, etc. qui peut vous faire faire des erreurs face au PN.
De cette manière, vous saurez exactement ce que vous avez le droit de faire et ce que le PN n’a pas le droit de faire. Comme cela, vous pouvez plus facilement le recadrer et ceci avec fermeté, puisque vous connaissez la loi et n’avez donc pas à craindre quoi que ce soit.
Par exemple:
Votre ex PN menace de porter plainte si vous allez en excursion dans un pays limitrophe avec les enfants, il va vous accuser de kidnapping parce que vous avez été deux heures au zoo, et vous allez perdre la garde! Heureusement, vous aviez vérifié auparavant que vous en aviez bien le droit avec votre avocat, et ses menaces ne vous font donc ni chaud ni froid. Vous vous contentez de répondre que vous n’avez enfreint aucune loi.
12. Accumuler les preuves
Si vous avez suivi les autres articles et vidéos, vous avez probablement déjà commencé à communiquer par écrit avec le PN. Cela vous permet de conserver des preuves. N’ayant aucun autre moyen de vous atteindre, il va parfois « péter des plombs » et mettre par écrit des choses compromettantes. Gardez absolument tous ces messages écrits.
Cela vous aidera à prouver que l’autre a une personnalité malveillante, si un jour vous devez porter plainte pour harcèlement ou pour d’autres méfaits.
L’impunité

« Il/elle gagne à tous les coups, il/elle est trop forte et il/elle arrive toujours à manipuler tout le monde. »
« Je souffre et lui/elle s’en sort bien. »
« Personne ne me croit quand je parle des abus. »
Nombreuses sont les victimes de pervers narcissique à être persuadées que celui-ci ne va jamais être puni, et qu’il va toujours réussir à tromper tout le monde. En tout cas, c’est que votre manipulateur aimerait vous faire croire. Pourtant, vous allez voir que ce n’est pas forcément vrai.
REMARQUE
Le pervers narcissique est mis au masculin et la victime au féminin, pour des raisons de simplicité de rédaction, mais cela s’applique tout aussi bien aux pervers narcissiques de sexe féminin, il vous suffit d’inverser les genres!
Les traumatismes de l’enfance
Le seul point sur lequel on peut peut-être avoir de la peine pour le pervers narcissique, c’est qu’il n’est évidemment pas devenu comme cela sans raison (sauf exceptions). Bien souvent, il a d’abord souffert d’abus dans son enfance, avant de prendre le chemin de la perversion narcissique. Il n’a pas toujours été cette personne insensible et cruelle. Un jour, comme le souligne Steven Clément, il a été petit et ressenti des émotions.
Bien souvent, les pervers narcissiques que je peux identifier moi-même en tant que médecin, ont eu une enfance complètement horrible avec des abus scandaleux. Sur ce point, on ne peut pas parler de « punition » du pervers narcissique à proprement parler, car cela s’est produit avant de devenir PN. Cependant, cela est une source de souffrance encore à l’heure actuelle, car on n’oublie jamais vraiment les sévices subis dans l’enfance.
J’ai un jour vu un pervers narcissique s’effondrer car sa partenaire voulait le quitter. Cet homme était d’un sadisme très élevé, d’une grande méchanceté, et faisait continuellement le mal. Pourtant, un jour, j’ai vu cette personne pleurer à chaudes larmes en se rappelant ce que son père lui avait fait subir. « Mon père me disait toujours que j’étais un fainéant et un bon à rien, que je n’arriverais jamais à rien dans la vie. Et c’est vrai, je n’ai rien réussi dans ma vie, à part fonder une famille, et si elle part, cela voudra dire que mon père avait raison. » C’était triste à voir, et en même temps, il avait blessé tellement de monde et fait des choses si horribles qu’on ne pouvait plus vraiment avoir de compassion pour lui. En réalité, la famille qu’il avait fondée n’avait tenu quelques années que parce que la partenaire en question avait accepté l’inacceptable.
L’obligation de vivre dans un mensonge permanent
La première punition du pervers narcissique, c’est qu’il ne peut jamais baisser sa garde. Il ne peut pas être totalement lui-même à chaque instant, car il doit maintenir la supercherie, et car son vrai lui-même, c’est quelqu’un d’horrible qui serait rejeté directement par l’entièreté de la société. Mentir est quelque chose de fatigant. Au fond de lui, le PN sait qu’il n’a pas le nécessaire pour être aimé et réellement apprécié. Il doit donc constamment jouer un rôle, mentir, tromper, manipuler. Cela signifie que le PN vit dans un état où il ne peut jamais se permettre d’être détendu, il doit rester toujours en alerte.
Imaginez que vous évoluiez dans un monde où vous vous trouvez vous-même génial(e) mais que vous sachiez quand même que si vous montrez votre vrai visage, vous serez la personne la plus détestée de tous les temps. Cela n’est pas forcément agréable, n’est-ce pas? C’est là toute la contradiction du pervers narcissique. Il a son faux soi, sa fausse image magnifique qu’il a de lui-même, mais dès qu’il est spontané et authentique, il se prend des murs et des claques dans la figure. Donc il apprend vite qu’il doit « se tenir à carreau » et masquer le subterfuge le mieux possible.
Être constamment à la recherche de validation narcissique
Tout seul, le PN va très mal. Il se met à paniquer car il a absolument besoin d’autres personnes pour confirmer la vision grandiose qu’il a de lui-même. Cela représente une espèce d’épée de Damoclès au-dessus de la tête du PN, et il sait qu’il a besoin de cela. Il met donc beaucoup d’énergie dans la recherche perpétuelle de nouvelles proies. D’ailleurs, il éprouve la nécessité de faire cela, car les proies précédentes finissent inlassablement par se fatiguer de ses abus (qu’il n’identifie pas comme tels), et il court constamment le risque de se retrouver sans « carburant narcissique ». Cet état constitue une des grandes fragilités du PN.
Des frustrations et une colère incroyables
Trouvez-vous cela agréable d’être frustré et très en colère? Il y a fort à parier que non. Personne n’aime se sentir comme cela, pas même le PN. Ce sont des émotions négatives. Tout le monde préfère se sentir serein et heureux dans sa vie.
Malheureusement pour le PN, sa vision factice de lui-même et du monde fait qu’il est constamment rappelé à l’ordre tout simplement par la réalité, et que cela provoque constamment de l’énervement, de l’incompréhension, de la rébellion, etc. Le PN a une image grandiose de lui-même : il est le plus beau, le plus fort, le plus intelligent; il fait tout correctement, et tout le monde l’adore. Or, dans la réalité, ses comportements le font régulièrement buter contre un mur.
Certaines situations vont lui rappeler qu’il existe des lois, ce qu’il déteste car il se croit au-dessus d’elles. Donc s’il se prend un procès dans la figure, cela le met hors de lui. D’autres situations vont lui rappeler qu’il n’est pas aussi intelligent qu’il le croit, comme l’échec d’un examen ou du permis de conduire, ou encore le fait de ne pas trouver de travail après une formation. Dans d’autres cas, les membres du sexe opposé ne vont peut-être pas vouloir de lui comme partenaire et cela va le mettre face au fait que non, il n’est pas le plus beau et le plus attirant de la planète. Il se berce d’illusions en se disant qu’il a super bien réussi sa vie – néanmoins, il peut galérer financièrement, ne pas avoir de voiture, être coincé dans un job qu’il n’aime pas, etc. Toutes ces situations sont des reality checks, comme on dit. Forcément, quand on vit dans ce monde, il y a forcément un feedback sur ce que l’on est vraiment. Ces feedbacks, le pervers narcissique ne les supporte pas du tout. Conséquence : il a tout le temps les nerfs.
Un état mental instable : un risque d’effondrement
C’est peut-être difficile à dire quand vous le voyez à l’extérieur, comme cela, mais le pervers narcissique est quelqu’un de vraiment malsain mentalement. Il n’est pas normal, il est instable mentalement (même s’il vous dit toujours que c’est vous qui l’êtes). De plus, il est foncièrement malheureux. Il peut avoir des moments de franche décompensation psychologique, comme après une rude confrontation avec la réalité. Cela s’appelle l’effondrement narcissique. Pour peu qu’il soit rattrapé par la justice, ou mis face à des preuves irréfutables de ses mauvais comportements, il peut rapidement péter un plomb : crises de colère, comportements agressifs en public, dépression, alcoolisme, addictions à des drogues, voire suicide dans certains cas.
Par ailleurs, il est dépendant à son approvisionnement narcissique externe. Lorsqu’il ne peut pas l’obtenir, il peut paniquer, et être vraiment très mal psychologiquement, au point de risquer de basculer dans la vraie folie. Lorsqu’il va mal, il va chercher à tout prix à vous le cacher. Il ne va jamais vous laisser le voir dans ses moments de faiblesse. Il ne va jamais pleurer ni paniquer devant vous.
Une multitude de victimes… qui deviennent une multitude d’ennemis
Un pervers narcissique (ou un psychopathe) ne peut pas changer sa personnalité. Il est comme cela, et c’est sa façon de fonctionner dans le monde. Cela signifie qu’il est une personne abusive, peu importe l’interlocuteur. Il ne faut pas vous imaginer que le pervers narcissique, comme par magie, va limiter ses méfaits à vous uniquement.
Pensez-vous que quelqu’un au comportement aussi problématique et malhonnête ne va, dans sa vie, être comme cela qu’avec une seule victime? La réponse est non. Dans sa vie, un pervers narcissique fera plusieurs victimes sévères, mais une multitude de victimes plus légères.
Le PN loge tout le monde à la même enseigne, et tout le monde a droit à ses mauvais traitements : arnaques, trahisons, tromperies, instrumentalisation, mensonges, etc. Ce genre de comportement fonctionne à court terme, mais pas sur le long terme. Le PN se met donc beaucoup de monde à dos.
Le temps fait souvent resurgir la vérité. Comme le disait quelqu’un, je ne sais plus où j’ai entendu cela : « Le mensonge prend l’ascenseur, et la vérité prend l’escalier. » La vérité finit quand même par arriver.
La recherche constante de nouvelles victimes : un éternel recommencement
La plupart des victimes finissent par partir, certaines plus rapidement que d’autres. Cela est logique, au fond. Si vous êtes avec quelqu’un qui vous rabaisse, vous humilie, vous ment, vous ignore, provoque constamment des disputes, etc., aurez-vous envie de rester longtemps avec lui?
Si vous ne me croyez pas, il faut regarder la liste des relations de votre PN : a-t-il eu de nombreuses relations amoureuses qui ne durent pas? Remarquez-vous qu’il n’a aucun ami?
Dans ma vie, j’ai connu profondément trois pervers narcissiques (certains dans la famille et certains en relation amoureuse). Les similarités étaient frappantes. Tous les trois n’avaient réellement aucun ami. Pour avoir vécu ou fréquenté personnellement ces personnes, j’étais toujours surprise de voir à quel point ils avaient l’air populaires en public, et à quel point ils étaient seuls une fois rentrés chez eux.
De nombreuses pertes
Toujours gagnant, le pervers narcissique? Ce n’est pas si sûr. En général, ce sont des individus qui essuient de nombreuses pertes dans la vie, mais qui sont incapables de se remettre en question et de changer. Ils continuent donc d’enchaîner les ruptures et les pertes, sans aucun espoir que cela puisse un jour s’arrêter. Par exemple, ils peuvent subir des divorces, ils peuvent perdre leur famille, ou se retrouver sans le style de vie qu’ils avaient pu obtenir quand ils étaient en couple avec leur ex.
L’incapacité à maintenir des relations authentiques et profondes
Les seules relations qu’un pervers narcissique est capable de maintenir sur le long terme sont des relations superficielles avec des gens qui ne vivent pas avec lui et avec lesquels il peut maintenir longtemps une fausse façade. Cela semble naturel. Lorsqu’une personne se rapproche fort d’un pervers narcissique, que ce soient ses enfants, sa (nouvelle) partenaire amoureuse, ou d’un ami, elle ne manque pas de subir les mauvais actes du PN.
Bien sûr, la tactique du PN est de vous isoler en vous faisant croire que tout le monde l’aime bien et qu’il a plein d’amis. En réalité, les PN ont beaucoup de mal à maintenir des relations amoureuses, familiales ou amicales sur le long terme, et cela n’est pas sans raison. Le seul cas de figure où cela « tient », c’est quand le PN trouve un partenaire très apathique qui acceptera toujours tout et là, vous pouvez deviner que celui-ci ou celle-ci restera avec le PN jusqu’à la fin.
Quelqu’un qui ne construit rien
Le pervers narcissique est quelqu’un qui voit les choses à court terme, et principalement pour servir ses intérêts (obtenir du ravitaillement narcissique ou des faveurs de la part d’autrui) ou pour faire du mal à autrui (sadisme, vengeance de ses ex, etc.). Il a beaucoup de mal à se projeter dans l’avenir.
Il y a une tendance à vivre en parasite, et certains PN ne construisent pas grand chose dans leur vie. Ils sont plutôt occupés à obtenir des choses des autres – le prestige du compagnon, de l’argent de la part d’autrui, etc. Mais quand il s’agit de construire son propre futur, le PN n’y pense pas toujours forcément. Il ne peut s’empêcher d’être attiré par la destruction des autres, ce qui détourne son attention et sa concentration.
Le temps est l’ennemi du PN : un isolement progressif
Au bout d’un temps, les gens finissent par connaître le PN car ils parlent entre eux. L’évolution naturelle des choses, c’est que de plus en plus de gens vont éviter le PN. Ils ne vont pas forcément couper entièrement les ponts, comme par exemple quand ce sont des collègues, et qu’ils n’ont pas le choix de rester en contact avec lui, mais ils vont par exemple rester très superficiels avec le PN pour s’en protéger.
Non seulement le masque finit par tomber, et à force de mauvais comportements, le PN finit par être connu pour être un menteur et une personne néfaste. Mais on a aussi une évolution des gens avec l’âge. La plupart des gens, en vieillissant, deviennent moins manipulables. Un pervers narcissique qui peut cibler des partenaires dans la vingtaine (qui n’ont pas encore eu beaucoup de relations, qui ne sont pas avertis) ce n’est pas la même chose qu’un PN qui a cinquante ans et qui donc, doit cibler des partenaires un peu plus âgés.Cela fait que le PN a de plus en plus de mal à séduire et à manipuler des partenaires de son âge, et qu’il doit se rabattre sur des gens de plus en plus jeunes. Ceux-ci sont aussi de moins en moins attirés par le PN, vu l’écart d’âge grandissant.
La personne qu’il ne fallait pas embêter
Eh oui, le PN va souvent trop loin, et il peut tomber sur la mauvaise personne, celle qu’il ne fallait pas ennuyer. Parfois, il va se prendre une plainte. Même s’il n’est pas condamné, c’est tout de même une forme de punition pour lui, car il y a l’anxiété du jugement. Au fond, il sait bien qu’il est coupable, il sait donc qu’il risque effectivement de finir en prison. Parfois, cela arrive vraiment : il suffit de voir ces personnalités manifestement narcissiques qui finissent quand même par se faire condamner.
Cette personne à ne pas embêter, cela peut aussi être un(e) psychopathe, quelqu’un qui va être violent physiquement, quelqu’un qui a des connexions haut placées, quelqu’un qui est plus pervers et/ou manipulateur que le PN lui-même, etc.
La chose qu’il ne fallait pas faire
Comme le souligne bien Antoine Peytavin (voir liens en fin d’article), le pervers narcissique va souvent ne pas être puni pendant un certain nombre d’années, et donc finir par se croire tout-puissant. C’est comme cela qu’il va parfois « faire le pas en trop », et révéler lui-même sa nature aux gens, ou bien finir par se faire condamner.
Des enfants qui lui tournent souvent le dos
Dans mon cabinet, j’ai plusieurs familles qui comportement un parent pervers narcissique. C’est à peu près toujours la même histoire. Quand les enfants sont petits, la manipulation fonctionne, et le parent victime est tourmenté en permanence. Bref, c’est un enfer sur Terre pour le parent victime.
Soit le couple parental reste ensemble jusqu’à la majorité des enfants, et ceux-ci sont extrêmement traumatisés d’avoir grandi en côtoyant au quotidien un pervers narcissique. Sur des familles comptant quatre ou cinq enfants, dans ma pratique, il n’y a généralement peut-être qu’un enfant sur les cinq, voire pas d’enfant du tout, qui accepte de rester en contact avec le parent narcissique.
Soit le parent victime part avec les enfants, et la même tourmente continue. Ce sont des batailles juridiques pour la garde des enfants. Des violences verbales, physiques ou sexuelles sur les enfants pour atteindre le parent qui est parti. Du harcèlement par appels téléphoniques, SMS, emails menaçants et angoissants.
Dans les deux cas, vivant encore avec le PN ou s’étant séparé, le parent victime est tourmenté par le PN. Les enfants ne sont pas bêtes. Ils voient bien toute la souffrance que le parent PN a occasionné au parent victime (ainsi qu’à eux-mêmes, puisqu’ils font également les frais des attaques du PN), et finissent par lui en vouloir pour cela.
Mettez-vous à la place de l’enfant, aussi. Imaginez que vous ayez un père qui ne joue jamais avec vous, qui vous insulte ou vous rabaisse, voire qui vous frappe ou vous abuse sexuellement, et qui, continuellement, dit du mal de l’autre parent. Par contraste, vous voyez que le parent victime, lui, s’occupe de vous, vous traite avec empathie et gentillesse, ne vous insulte pas, et qu’en plus il en ramasse plein la tronche à cause du parent PN. Comment réagiriez-vous? Effectivement, la personnalité d’un PN n’est pas vraiment l’idéal pour retenir l’amour des enfants.
Dans mon expérience de médecin généraliste, ce que je vois le plus souvent, ce sont des enfants qui à l’adolescence ou, au plus tard, en début d’âge adulte, se retournent contre le parent PN et se mettent à lui vouer une haine incroyable. Certains enfants qui ont été victimes de PN finissent par se venger de lui en lui faisant subir tout ce qu’il leur a fait subir. Les garçons victimes deviennent des hommes qui ensuite défendent leur mère, peuvent aller jusqu’à frapper leur père PN, à lui crier dessus, à l’insulter. Les filles aussi tiennent généralement avec le parent victime.
D’ailleurs, même l’enfant de PN qui, par malheur, devient lui aussi PN, finit par se détourner de son parent PN. On aurait tendance à se dire qu’il pourrait peut-être l’aimer, puisqu’il est devenu comme le parent manipulateur. Pourtant, ce que je constate, c’est que l’enfant devenu PN n’a généralement aucune loyauté ni aucun temps pour le parent PN.
La perte de sa jeunesse et de son attrait physique, et une amertume qui s’accentue
Plus le PN vieillit, plus il devient frustré et dangereux. Non seulement, il a pu affiner ses techniques de manipulation avec le temps, mais il a de plus en plus de difficulté à trouver son approvisionnement narcissique. De cette manière, il va devenir de plus en plus aigri, et masquer ses comportements parfois de moins en moins. Pensez au cas classique du vieillard tyrannique en maison de repos, s’acharnant sur le personnel car il n’a plus personne d’autre à victimiser.
Vieillir seul
J’en ai eu de multiples exemples dans ma pratique mais aussi dans mon entourage. Les pervers narcissiques que j’ai connus se retrouvent généralement, dans leur vieillesse, démunis au moment où ils ont le plus besoin des autres.
Même ceux avec qui les enfants n’ont pas « vraiment » coupé les ponts, reçoivent généralement très peu de visites. C’est comme cela que vous en avez qui finissent complètement pauvres, détestés de tous (même de leur propre famille) et sans aucune aide.
Cela donne des situations un peu « catastrophiques » qui, si on les observe de l’extérieur, peuvent mener à blâmer les enfants. On récolte ce que l’on sème, en quelque sorte.
Quand personne ne vous croit

Les mensonges et la comédie
Le pervers narcissique investit tout son temps et tout son énergie dans l’entretien d’une bonne image sociale. Probablement bien plus que vous, qui avez aussi d’autres buts, et qui faites d’autres choses dans la vie. À l’extérieur, le PN accorde une énorme importance à polir son image. Pour parvenir à ses fins, il doit régulièrement raconter de gros mensonges ou agir de manière complètement fausse.
À l’extérieur, il est tout l’inverse!
Il faut bien comprendre que le PN est parfois diamétralement l’inverse à l’extérieur. Si à la maison, il démontre peu d’empathie et ne vous écoute jamais, à l’extérieur, il est le meilleur ami, celui qui écoute, celui qui conseille, celui qui est triste pour les autres quand il leur arrive quelque chose. Il peut être radin ou paresseux avec vous, mais extrêmement généreux ou courageux avec les autres.
Imaginez que vous ayez un collègue qui vous dépanne régulièrement quand vous avez un problème d’argent, et que sa compagne vienne vous dire que cet homme est un radin. Allez-vous la croire? De l’extérieur, c’est plutôt la compagne qui semble vouloir dire à tort du mal de cet homme si généreux!
C’est par ce mécanisme que la victime semble être l’agresseur.
Les autres n’ont pas accès à toutes les informations
Contrairement à vous, qui vivez probablement (ou avez vécu) avec le PN, il se trouve que vous constatez des choses que les autres ne peuvent pas constater. Il est facile de faire croire à quelqu’un qu’on est sympathique si on ne parle que quelques minutes par jour avec cette personne. Par contre, vous, vous le voyez dans son intimité, le PN. Vous voyez des choses que d’autres ne verront jamais, ils ne peuvent donc pas tirer les mêmes conclusions que vous.
La décrédibilisation
Une autre chose que vous allez devoir comprendre, c’est que même à des moments où vous vous « entendiez bien » avec le PN, durant cette même période, il était déjà en train de vous décrédibiliser aux yeux de son entourage (ou même du vôtre).
Il y a peut-être eu une courte phase, au début de la relation, où le PN vous a porté(e) aux nues devant sa famille, ses collègues et ses amis. Cependant, cela a rapidement été remplacé par des critiques et des accusations en tout genre. En effet, dans votre dos, il a déjà raconté pis que pendre sur vous et depuis bien longtemps. Il a pu leur dire que vous étiez fou ou folle, ou maltraitant(e). Ou bien que vous lui faisiez vivre l’enfer, se faisant passer pour la victime dès le début de la relation.
Les réactions des gens quand vous confiez les abus
En général, quand vous vous séparez d’un PN, les gens vont avoir des réactions assez typiques:
- « Je ne veux pas parler de vos histoires. »
- « Tu ne devrais pas dire du mal de lui comme cela. »
- « Il est un bon partenaire/un bon parent. »
- « Tu as sûrement dû lui faire quelque chose pour qu’il réagisse comme cela. »
Noter les choses qu’ils font
Le PN va constamment chercher à vous faire douter de vos propres perceptions, et le fait que personne ne vous croie dans votre entourage, il est important de garder par écrit toutes les choses dingues que le PN vous fait, en temps réel, avec des détails, pour vous rappeler que ce n’est pas vous qui êtes folle.
Ces notes, ce n’est pas pour montrer aux autres et convaincre les gens que le PN est un PN. Non, ce sont des écrits personnels qui servent simplement à vous rappeler à vous-même, jusqu’où le PN est prêt à aller et vous aider à ne pas flancher.
Garder des preuves
Pour vous protéger mentalement, socialement et éventuellement légalement, il vaut mieux garder toutes les preuves que vous avez (SMS, emails, photos,…). Vous pouvez même essayer de les enregistrer à des moments où ils montrent leur vrai visage.
Gardez ces preuves bien précieusement, au cas où vous en auriez un jour besoin, comme en cas de procès.
Évitez d’essayer de convaincre tout le monde
Vous allez simplement perdre votre temps et votre énergie. Les gens finissent généralement par se rendre compte que quelque chose cloche, mais si cela prend du temps. Au contraire, le fait de rester à distance du PN et de chercher d’abord à vous protéger, de refuser le contact avec lui ou elle, va amener les autres à se questionner.
Finalement, la meilleure façon de vous défendre de la campagne de diffamation du PN est de votre côté, de ne pas parler de lui. Plus vous insisterez et plus vous persisterez à raconter de choses négatives au sujet du PN, plus c’est vous qui aurez l’air d’être la personne malveillante et manipulatrice.
Renforcez les relations avec des gens qui vous croient
Laissez tomber les gens qui se laissent manipuler et qui se transforment en arme contre vous. Ils peuvent vous faire beaucoup de mal, croyant que vous êtes la personne à abattre. Cela est déjà suffisamment pénible de subir au quotidien les attaques du PN, débarrassez-vous des attaques de toutes les personnes dont vous n’avez pas réellement besoin dans votre vie!
Quand il vous fait passer pour fou
Faire douter autrui de sa santé mentale est, à l’instar de la culpabilisation, une super technique de manipulation. Même si la victime est sûre d’elle, à force de lui répéter qu’elle a un problème, elle finira par y croire. Surtout si ces « accusations » commencent à un moment où l’attachement a déjà eu le temps de s’installer.
C’est exactement ce que font les manipulateurs (dont les pervers narcissiques) pour asseoir leur emprise sur leur victime. D’un côté, ils vont vous persuader vous de votre folie, et vous faire ainsi douter de vos perceptions pour vous éviter de trop vous rebeller. De l’autre côté, ils vont également répandre cette rumeur chez vos proches pour s’assurer que, même si vous vous rebelliez, vous n’auriez aucun soutien puisque personne ne vous prendrait au sérieux.
Au moment où vous encore en pleine période de love bombing, et que vous pensez avoir enfin trouvé le partenaire parfait qui vous appréciera enfin à votre vraie valeur, celui-ci est déjà en train de poser les fondations de sa futures emprise. Il boit vos paroles et vous observe, testant progressivement vos limites. Il est peut-être en train de vous choyer et de vous inonder de compliments. Cependant, dans votre dos, il a déjà raconté des mensonges à vos amis ou à votre famille, ou bien laissé entendre à vos collègues que vous étiez un peu « bizarre », ou « sujette aux hormones ».
C’est pour cela que le combat contre un pervers narcissique est pratiquement perdu d’avance. Il maîtrise parfaitement l’art de la guerre, et tous les coups sont permis. Quand vous vous ouvriez à lui et commenciez à lui faire confiance, il vous avait déjà trahi(e) depuis longtemps!
Certes, cela fait toujours mal de se rendre compte que l’on a été dupé, et qu’on y a cru alors que l’autre se moquait royalement de nous. Cependant, ce n’est pas une tare de croire encore en l’amour et d’être capable d’authenticité et de confiance. Au fur et à mesure que l’abus narcissique progresse, vous vous sentirez probablement de plus en plus agacé, énervé, voire révolté de la façon dont vous êtes traité.
Ce partenaire n’arrête pas de vous seriner que vous n’êtes pas normal(e), alors que c’est lui qui a un fameux grain! Par moments, vous finissez même réellement par y croire, que c’est vous qui êtes fou/folle.
1. Noter les événements et les paroles échangées
Si vous êtes face à un vrai pervers narcissique, ou à toute autre personnalité extrêmement manipulatrice (ex. un psychopathe), vous devez vous outiller pour ne pas sombrer. Si vous souffrez de votre relation et avez des doutes, mais surtout si votre partenaire vous harcèle en remettant sans arrêt en cause votre santé mentale, il est fortement conseillé d’accumuler des preuves vers lesquelles vous pouvez vous tourner par la suite. Cela vous permettra de vous rassurer et aussi de vous convaincre que non, vous n’avez pas rêvé.
Gardez tous les emails, les SMS, les photos, les échanges vocaux enregistrés, les historiques téléphoniques ainsi que les contacts de personnes qui ont pu observer des choses anormales de la part du pervers narcissique. Un jour, ces éléments pourraient vous servir, notamment devant un tribunal ou face à un ou l’autre proche qui souhaite des explications.
2. Et si vous êtes fou/folle, et alors?
Après tout, être fou est permis par la loi, du moment que vous ne faites de mal à personne! Personnellement, j’ai toujours trouvé que l’humour et l’auto-dérision étaient de superbes armes pour gérer les troubles psychologiques ainsi que les circonstances difficiles de la vie.
Face au pervers narcissique, le fait d’avoir une certaine souplesse mentale et d’être capable de rire de ses affirmations loufoques, sera une protection certaine pour… votre santé mentale!
Et même si vous étiez fou ou folle, en quoi cela le regarderait-il? Apprenez à vous ficher totalement du qu’en dira-t-on. Le pervers narcissique contrôle par la peur. Notamment la peur de ce que les gens vont penser de vous. La peur des regards désapprobateurs de vos proches qui auront cru ses mensonges. La peur qu’il parvienne à monter vos amis contre vous.
Si vous parvenez à vous mettre dans un état mental où vous ne vous tracassez plus des conséquences de ses mensonges, et surtout où vous savez que vous n’êtes pas fou/folle, le pervers narcissique aura automatiquement, et immédiatement, beaucoup moins d’emprise sur vous.
3. Les répliques pré-déterminées
Ce qui fonctionne toujours très bien face à un pervers narcissique c’est:
– l’indifférence (ne montrer aucune émotion; même si vous paniquez à l’intérieur, tentez de répondre de manière calme et ferme);
– le disque rayé (répéter toujours la même chose);
– apprendre à l’avance des répliques toutes faites qui permettent d’appliquer les deux premiers points.
Par exemple, si le pervers narcissique revient pour une énième fois à la charge avec ses accusations de folie du genre :
« Tu es folle. »
« Tu dérailles encore. »
« Tes réactions ne sont vraiment pas normales. »
« Tu dis vraiment toujours n’importe quoi. »
« Regarde-toi, on dirait une vraie dingue. »
Vous pourriez lui répondre quelque chose comme :
« C’est bon, on a compris! »
« Oh, change de disque! »
« Ah bon? Je n’étais pas au courant. »
« Magnifique. »
« Je suis bien d’accord. »
« Comme tu as raison. »
« Tiens, je ne savais pas que tu étais psychiatre! »
« Ce n’est pas grave, ta bonne santé mentale compense largement ma folie. »
« Quelle analyse incroyable. »
« Ton sens clinique m’épate. »
« Dis donc, quel scoop! »
« Tu viens juste de t’en rendre compte? »
« Plus on est de fous, plus on rit. »
Bien souvent, il va vous menacer de raconter des choses à votre entourage. Il vous dira des phrases du genre :
« Je vais dire à tes amis que tu as dit/fait ça, et que tu es totalement frappée. »
« Je vais leur montrer notre conversation pour qu’ils comprennent à quel point tu es dingue. »
« Si tu ne fais pas ce que je veux, je leur parlerai de tel ou tel détail de ton passé. »
Dans ce genre de cas, vous pouvez répondre quelque chose du style :
« Super! »
« Ne perds surtout pas de temps. »
« Ils seront ravis de l’apprendre. »
« Oh, tout le monde sait déjà que je suis dingue. Mais tu peux le leur rappeler, si tu veux. »
« Cool, cela te fera des choses à raconter. »
« Peut-être peux-tu contacter le journal du coin pour publier cette information? »
« Oh, ce n’est pas nouveau. »
Je vous invite à imaginer un peu la scène et à en rire intérieurement. Vous serez probablement amusé(e) par la réaction désarçonnée du pervers narcissique quand vous lui répondrez ces phrases de votre ton le plus blasé. Il ne comprendra pas ce soudain revirement de situation. Surtout si l’on compare votre nouvelle indifférence à votre ancienne réaction: des pleurs, de l’incompréhension, de la colère, des justifications sans fin, etc.
4. La loi du moindre effort : rester calme et positif
Quand j’étais enfant, j’avais vu un dessin animé, Candy, je crois, où une jeune fille était emprisonnée dans des lianes sauvages. Une autre protagoniste lui disait alors : « Plus tu te débattras, plus les liens se resserreront. » Ou quelque chose du genre (pardonnez ma vieille mémoire).
Avec le pervers narcissique, c’est la même chose. Plus vous rentrez dans son jeu, plus vous vous défendez et cherchez à vous justifier, plus vous investissez d’énergie dans la relation et les échanges, plus le piège se referme sur vous.
Cela peut sembler vous mais dans la relation au pervers narcissique, moins vous en ferez, mieux ce sera.
Évidemment, personne n’aime l’injustice. La réaction humaine typique, quand on est accusé à tort ou que l’on colporte de fausses rumeurs à notre sujet, c’est de vouloir rectifier le tir. On peut non seulement être tenté de se justifier auprès du pervers narcissique (manoeuvre totalement inutile), mais aussi de courir après les proches pour leur expliquer que le pervers narcissique les manipule ou leur ment.
Même quand cela prend du temps, la vérité finit toujours par éclater. Les gens qui vous tournent le dos aujourd’hui se rendront souvent compte de leur erreur plus tard. Peu importe vos efforts, certaines personnes se laisseront manipuler par le pervers narcissique. Cependant, certains resteront à vos côtés peu importe ce qui leur est raconté.
Au contraire, le fait de rester calme et posé face à diverses attaques montrera aux autres que vous n’avez rien à vous reprocher. Ne parlez pas constamment derrière son dos, n’essayez pas de convaincre les gens que c’est lui qui a de mauvaises intentions. Restez serein et les choses se passeront mieux que si vous commencez à « péter un plomb » et à vous énerver. Même si vous avez raison de vous emporter, le PN aura dépeint aux gens une image négative de vous, et toute émotion extrême sera interprétée dans ce sens par les autres. Restez donc indifférent aux critiques et rumeurs, même si cela est difficile.
5. Avoir un but plus grand et des projets
Un jour, vous vous rendrez compte que votre pervers narcissique, qui a pu prendre tant de place, de temps et d’importance dans votre vie, et tant vous terroriser, est devenu insignifiant.
Vous pouvez lui reprendre de son pouvoir dès maintenant en vous focalisant sur un but plus grand. Par exemple, éduquer vos enfants de telle manière à les rendre heureux. Atteindre des objectifs de fitness. Réussir un projet professionnel.
Un peu comme dans la dépendance affective, vous perdez énormément de temps à penser à et à parler du pervers narcissique. Le but ici est de, malgré tout, continuer à progresser dans la vie. Même si vous aurez eu les abus narcissique en parallèle, le fait d’avoir continué à poursuivre vos buts atténuera l’impression d’avoir « gâché des années » pour le pervers narcissique.
6. Développer des relations indépendantes du pervers narcissique
Vous le savez déjà, le pervers narcissique vous a isolé pour mieux régner, et a progressivement retourné votre entourage contre vous. Pour être moins sensible au fait qu’il vous décrédibilise constamment et vous fait passer pour un fou ou une folle, il vaut mieux vous désinvestir progressivement de certaines relations en commun qui sont pour le pervers narcissique autant de leviers d’action. Cela est surtout vrai s’il ne s’agit que de connaissances dont vous n’avez, au fond, que faire.
Il est possible de vous reconstruire un réseau de personnes que le pervers narcissique ne connaît pas. En même temps, éviter soigneusement de lui permettre de rentrer en contact avec eux. Cachez le nom de vos nouveaux amis, de votre nouveau partenaire, ne révélez pas d’informations permettant de détecter vos nouvelles routines et vos nouveaux lieux de fréquentation. Mentez, si nécessaire! (Cela n’est pas recommandable en général, mais vous n’aurez parfois d’autre chose pour vous débarrasser d’un pervers narcissique tenace.)
Ce nouveau réseau vous permettra d’avoir un soutien non-influencé par le harceleur, et de ne pas constamment subir le courroux de proches manipulés (regards bizarres, remarques, exclusion, agressivité, etc.).
7. Couper la communication
Le pervers narcissique peut aller très loin. S’il persiste à remettre votre santé mentale en question malgré que vous avez appliqué toutes les astuces indiquées ci-dessus, couper les ponts sera parfois la seule solution pour vous protéger et ne pas devenir dingue pour de vrai. Cette coupure de contact s’applique également aux proches qui se font ses bras droits et vous agressent à sa place lorsqu’il n’est pas là pour le faire.
8. Avoir recours à des aides professionnelles
Dans certaines situations, lorsque les choses vont trop loin, il vous sera nécessaire de vous bâtir un réseau professionnel : avocat(s), psychologue, etc. Cela car le pervers narcissique ira parfois loin au point de réellement chercher à détruire votre vie.
Je peux parler par exemple de certains parents pervers narcissiques qui décrédibilisent le parent non-PN et cherchent à lui faire retirer la garde en racontant tout et n’importe quoi à l’entourage. Dans ce genre de cas, avoir recours à un avocat (pour connaître vos droits, vous défendre et vous donner de l’aplomb dans les échanges) voire à des services d’accompagnement à domicile qui fassent office de témoin devant de fausses accusations.
Les professionnels auxquels vous pouvez avoir recours varieront en fonction de la situation dans laquelle vous avez rencontré le pervers narcissique. S’il s’agit de votre patron ou d’un collègue plus haut placé que vous, il peut être utile d’être inscrit auprès d’un syndicat qui donne, contre une modique somme annuelle, des conseils toute l’année et peut servir d’intermédiaire.
S’il s’agit de votre propriétaire, alors vous pouvez vous adresser à un syndicat de locataires, qui propose un service de conseil par des juristes.
9. Vous répéter des affirmations positives
Il est important de vous persuader que ce n’est pas vous qui avez un problème, mais le pervers narcissique. N’hésitez pas à vous répéter des phrases positives qui vous renforcent dans votre position.
Par exemple :
« Ce n’est pas moi qui suis folle, c’est simplement une technique de manipulation qu’il/elle utilise pour me contrôler et me faire perdre mes moyens. »
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