Lecture : Quelques leçons tirées du livre « Let Go » (2026) de Daisuke Yosumi

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Daisuke Yosumi, qui a travaillé chez Sony Music et Warner Music, a abandonné sa carrière en 2010 pour vivre en Nouvelle-Zélande de manière autonome et minimaliste.

Voici quelques leçons tirées de son livre récemment traduit en anglais, Let Go. L’ouvrage n’est pas très long, il est assez simple à lire, mais le message est sincère et profond. Je vous le conseille vraiment si vous êtes intéressé par le minimalisme ou que vous souhaitez changer une vie qui vous dépasse.

Leçon n°1 : Les avantages au détachement

Vous détacher du superflu, de ce qui vous pèse, ou de ce qui vous blesse, a de nombreux avantages. Pour Daisuke Yosumi, ce dont on se sépare ou se détache a autant d’importance que ce que l’on garde. C’est surtout avec ce dont on se sépare que l’on devient plus libres.

Ces choix successifs vont façonner votre vie. Cela se comprend facilement : imaginez éliminer tout ce qui rend votre vie trop difficile – une relation abusive, un emploi qui vous pourrit la vie, trop de possessions, de mauvais aliments, etc. On est souvent plus focalisé sur ce que l’on veut développer ou acquérir, et moins sur ce dont on devrait se débarrasser.

Pourtant, comme le dit l’auteur, il faut bien faire de la place pour amener des choses meilleures dans votre vie. Si vous ne supprimez pas votre relation abusive, vous ne pouvez pas en vivre une meilleure.

Quand vous vous détachez du superflu, certains bénéfices en ressortent :

  • moins de stress et d’épuisement;
  • plus de bonheur et de liberté;
  • une préparation aux catastrophes – on ne peut rien vous prendre ou vous faire perdre (ex. catastrophe naturelle, etc.) puisque vous possédez déjà si peu;
  • moins de maladie et un meilleur sommeil (dans le cas où vous cessez de manger en excès);
  • la capacité à dégager l’essentiel – moins vous avez de possessions, plus vous vous rapprochez de ce qui est important, comme grâce à un entonnoir, par élimination.

Pour vous parler de mon évolution personnelle, l’orientation vers l’essentiel s’est faite comme cela. Mon but dans la vie n’était pas ces centaines de pelotes de fil, tous ces livres, tous ces jouets pour enfants cassés ou de mauvaise qualité qui jonchaient le sol, toute cette pollution digitale qui me rendait dingue (notifications, réseaux sociaux, emails, publicité, etc.).

Après avoir jeté les déchets, donné les doublons et les objets inutilisés, il ne m’est plus resté qu’à me regarder moi-même. Tout ce temps libre et tout cet argent, je savais désormais où les mettre : dans mes deux ou trois grands buts. Désormais, mes journées sont remplies des activités que j’aime.

Leçon n°2 : Rester simple – le coût de vie minimal

Une fois passée l’adolescence, nous sommes nombreux à nous retrouver coincés dans un job, malgré que nous ayons presque tous envie de vivre libres.

Daisuke Yosume explique que le minimalisme et le détachement l’ont aidé à défendre sa liberté. Avec l’âge, il a diminué son coût de vie, et en est arrivé à ne plus rien avoir à perdre.

La peur de tout perdre

Enfant et adolescente, j’ai toujours eu la hantise de tout perdre. Pourquoi cette crainte ? Tout simplement parce que j’avais été entourée, dès le plus jeune âge, par des gens ayant vécu cette situation.

Telle connaissance habitait il y a quelques mois dans une grande et jolie maison, et se retrouvait tout à coup à vivre chez sa mère avec ses deux enfants. Un autre avait un super bon boulot, portait des costumes et des montres de luxe, et maintenant il vivait dans un petit appartement miteux au fond d’un village.

Un homme que j’ai connu étant petite avait fait fortune grâce à son entreprise et avait placé la barre matérialiste très haut – il possédait plusieurs voitures de luxe, trois énormes maisons, deux piscines, des chevaux, etc. Le jour où son entreprise a presque fait faillite, sa surconsommation lui a joué des tours. Pour garder ses possessions, il a vécu dans une villa luxueuse sans chauffage ni eau chaude.

Il me dit : « Il est beaucoup plus facile de rester pauvre que de redevenir pauvre après avoir été riche. » Cet homme avait beaucoup souffert d’avoir dû cesser de mener la grande vie, alors qu’à aucun moment il n’a manqué de l’essentiel et du nécessaire. Tout est question de perception. Si cet homme n’avait consommé que le nécessaire, cette brutale perte de chiffre d’affaire ne lui aurait fait ni chaud ni froid.

À l’époque, je compatissais avec la souffrance de ces gens, car je ne faisais pas le lien entre leurs choix et leur sort.

On ne peut perdre ce que l’on ne possède pas

Une fois adulte, j’ai compris certaines choses que les « grands » ne m’avaient pas expliqué, à l’époque.

Pour en citer quelques-unes :

=> On ne peut perdre ce que l’on ne possède pas.

=> Ces gens avaient énormément perdu, car ils avaient énormément possédé (vivre au-dessus de ses moyens) et surtout énormément emprunté (surendettement). Dans ma naïveté d’enfant, je me disais : « Les pauvres! » comme s’ils n’y pouvaient rien. Cependant, si je fuis à présent les dettes et la surconsommation comme la peste, ils auraient tous très bien pu en faire autant.

=> Si vous n’avez aucunes dettes, vous n’aurez jamais d’huissier à votre porte pour en recouvrer la somme due.

Personnellement, même si je perdais tout ce que j’ai maintenant (c’est-à-dire trois fois rien), je retomberais simplement au niveau du minimalisme extrême que j’ai pratiqué étant étudiante, quand toutes mes possessions tenaient dans une ou deux valises. Cela ne m’effraie pas, car j’ai exploré cette zone de non-possession extrême, et je sais très bien qu’on peut être profondément heureux en n’ayant presque rien (du moment que les besoins de base comme le logement, la nourriture, les vêtements et la chaleur sont couverts, bien sûr).

Vivre avec le minimum nécessaire

D’une certaine manière, vivre avec le minimum nécessaire est la façon la plus naturelle de vivre, puisque cela permet de ne pas abuser des ressources naturelles disponibles sur cette planète. Toute personne se contentant uniquement de ce dont elle a réellement besoin en est infiniment récompensée :

  • des besoins faibles, ce qui signifie une plus grande satisfaction;
  • une grande résistance aux imprévus;
  • moins de problèmes;
  • une plus grande liberté;
  • la tranquillité d’esprit;
  • moins besoin de revenus élevés – tomber malade, avoir un accident, perdre son boulot, ont moins d’impact car vous avez pu économiser et car vous savez vivre avec peu de ressources;
  • l’assurance de pouvoir s’en sortir en cas de coup dur;
  • n’avoir rien à perdre;
  • une grande stabilité – votre environnement aura beau est instable et incontrôlable, le mode de vie est quelque chose que vous pouvez contrôler, et le minimalisme peut vous aider à obtenir des résultats (ex. indépendance financière) malgré tout.

Le bonheur de n’avoir rien à perdre

Quand Daisuke Yosumi explique être arrivé à un stade où il n’a plus rien à perdre, cela évoque beaucoup de choses pour moi.

Vivre avec uniquement le nécessaire signifie que vous n’avez pas grand chose à perdre, et que vous pourriez facilement rebondir si vous perdiez tout.

Personnellement, même si un incendie ravageait mon logement, tout ce que je possède serait facilement remplaçable en peu de temps et à peu de frais, à part les objets sentimentaux qui tiennent dans une caisse. Par exemple, je me ficherais pas mal de perdre :

  • mon savon de Marseille et quelques effets (bicarbonate, dentifrice, brosse-à-dent, fond de teint, eye-liner, gant de toilette…);
  • mes cristaux de soude et mon vinaigre;
  • mes quelques vêtements (j’en possède vraiment très peu). D’ailleurs, à ce propos, Daisuke Yosumi explique qu’il est important de trouver le style qui vous convient et qui vous fera vous sentir à l’aise et sûr de vous, ce qui se ressentira en société.
  • mes deux paires de chaussures;
  • mes quelques meubles (certains sont de seconde-main, la plupart sont en bois non-traité et les modèles les moins chers du magasin);
  • quelques paquets de nourriture non-périssable.

Pour être honnête avec vous, même les quelques appareils que je possède (ex. liseuse et ordinateur portable), je les ai déjà utilisé des années et des années de manière intensive, et ils ne m’ont vraiment pas coûté si cher. Tout est digitalisé et stocké en ligne, donc leur perte ne me bouleverserait pas plus que cela.

Par le passé, j’ai pu être attachée davantage au matériel. Quand on rentrait chez moi, on pouvait lire ma vie à livre ouvert. Maintenant, je me sens partout à la maison et je n’ai plus peur que l’on rentre chez moi ou que l’on détruise mes affaires : il n’y a rien à trouver ni à voler, car j’ai principalement des activités non-matérielles.

Leçon n°3 : Se détacher pour faire de la place et trouver son ikigai

Selon Daisuke Yosumi, il faut d’abord se détacher des choses qui nous pèsent ou qui ne comptent pas pour permettre à quelque chose de meilleur de croiser votre chemin, sans craindre une chute temporaire de revenu ou de position.

Après avoir fait de la place, Daisuke a découvert son ikigai (raison de vivre) : écrire des livres et gérer sa communauté en ligne. Après avoir supprimé plusieurs autres activités professionnelles, deux de ses livres qu’il avait mis des années à écrire sont devenus des best-sellers.

Daisuke explique que pour pouvoir vous concentrer sur ce qui compte, il faut vous permettre de trouver du temps pour le travail que vous voulez accomplir – quitte à prendre congé de votre job pour cela. La délégation de certaines tâches peut aider en ce sens. Faites faire par d’autre des choses qu’ils peuvent faire mieux que vous, et concentrez-vous sur le travail que seul vous pouvez accomplir.

L’auteur donne encore le conseil de mettre toute son énergie dans ce que l’on fait bien, plutôt que de passer sa vie à essayer de corriger ses faiblesses. Petite note personnelle: j’ai perdu deux ans à m’obstiner à faire des vidéos YouTube alors que je déteste me filmer. Après deux ans, j’ai décidé de me concentrer sur l’écrit et sur les podcasts, ce qui me convient beaucoup mieux.

Écouter votre instinct

Quiconque essaie de plaire à tout le monde ne peut développer un produit génial. Il faut donc oublier ce que pensent les autres et écouter ce que vous dit votre instinct. Si vous avez la sensation que votre projet va fonctionner, lancez-vous à fond dans cette idée.

Leçon n°4 : Les besoins et les priorités changent constamment

Comme des nomades, nous pourrions concevoir la vie comme étant en perpétuel changement. Ce dont nous avons besoin (comme objets) et nos priorités varient donc continuellement. Daisuke conseille donc de simplement se débarrasser de ce que l’on n’utilise pas régulièrement maintenant.

Leçon n°5 : Avant d’acheter – les petites dépenses volent votre liberté

Comme d’autres auteurs, Daisuke remarque que les petites dépenses répétitives et inconscientes font parfois plus de mal que les grandes dépenses planifiées. Par exemple : les boissons en bouteille, etc.

« Pourrais-je parler de cet achat à quelqu’un avec passion? »

C’est la question que Daisuke recommande de se poser avant tout achat. Selon lui, si la réponse est non, même si l’achat ne coûte qu’un euro, il ne faut pas l’acheter.

« Cet achat serait-il un investissement, une dépense ou de l’argent perdu? »

Une deuxième question que l’auteur suggère de se poser avant d’acheter quoi que ce soit. Il est vrai que quand on achète des bouteilles de soda, on ne peut pas parler d’investissement, mais plutôt d’argent perdu.

Leçon n°6 : Une chose à la fois

Dans Let Go, Daisuke Yosumi donne l’exemple d’un collègue qui abattait une grande quantité de travail de manière efficace, donnant l’impression d’être multitâche. En réalité, il effectuait une seule tâche à la fois, mais en se concentrant totalement, ce qui lui permettait d’en enchaîner rapidement un grand nombre.

Plusieurs auteurs vantent les mérites de la « monotâche ». Citons Leo Babauta dans son livre The Power of Less, et Stephen R. Covey dans son livre The 7 Habits of Highly Effective People. Le principe est de se concentrer sur une chose à la fois. Pendant le repas, contentez-vous de manger. Pendant les trajets vers le travail, contentez-vous de conduire. Pendant le travail, contentez-vous de réaliser une tâche après l’autre.

En appliquant ces principes après avoir lu le livre de Leo Babauta, conduire est redevenu quelque chose d’agréable, manger est devenu une activité à part entière en prenant le temps de bien mâcher les aliments, et même le travail est devenu plus supportable.

Récemment, j’ai commencé à poursuivre un seul but à la fois. J’ai choisi comme premier but expérimental le fait de devenir en forme physiquement. Pour le moment, en un mois et demi, j’ai déjà perdu 6 cm de tour de poitrine et 7 cm de tour de taille.

=> Lire aussi l’article : But personnel n°1 : Fitness Log.

Dans la même optique, vous pourriez raccourcir votre to-do list, et y conserver les éléments directement reliés à vos buts. Notez plutôt vos rêves à réaliser plutôt que vos obligations.

=> Lire aussi l’article : Ne perdez plus votre temps! Devenez productif et efficace grâce à ces 10 astuces imparables.

Pour aller plus loin

Pour éviter les répétitions, les sources et références bibliographiques sont regroupées dans trois articles constamment mis à jour :

=> Aller à l’article : Les meilleures ressources sur l’éducation financière et la réussite.

=> Aller à l’article : Les meilleures ressources par problématique (trouble psychologique ou situation).

=> Aller à l’article : Les meilleures ressources sur le minimalisme.

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