Vivre sans machine à laver en tant que minimaliste? Mon avis sur le lavage à la main, le lavoir et la mini-machine à laver

Published by

on

Lors d’un déménagement, fin 2025, j’ai été confrontée à d’énormes frais de déménagement (400-500€) pour déplacer uniquement deux machines : le frigo (maxi format) et la machine à laver. Étant minimaliste et simple, je ne possède, pour le reste, que des objets et meubles suffisamment légers pour pouvoir les déplacer seule dans ma voiture.

Pour le frigo, je n’en avais plus besoin, car il y en avait un gros dans le logement vers lequel je déménageais. Par contre, pour la machine à laver, bien qu’elle fonctionne encore, elle était hyper lourde et encombrante. J’ai donc choisi de simplement donner ces deux appareils, et de tester une option « plus légère ».

L’idée m’est passée par la tête de ne plus du tout posséder de machine à laver. Après tout, je ne faisais plus qu’une machine tous les trois jours, et elle n’était pas souvent réellement remplie. C’était assez tentant de me dire que je serais libre comme l’air, à chaque déménagement.

Le lavoir

La première chose que j’ai testée, c’est bien sûr le lavoir. J’avais déjà dû y recourir l’année passée, pendant quelques mois, quand ma machine à laver nécessitait une réparation.

Avantages

  • On fait sa lessive de toute la semaine en un seul coup. Vous arrivez, investissez environ deux heures, et retournez à la maison avec tout votre linge propre, et les draps et essuies déjà secs.
  • Vous pouvez utilisez un séchoir électrique sans en avoir à la maison.
  • Utiliser moins d’eau et d’électricité à la maison.
  • Quand il fait beau, c’est agréable d’attendre dans le parc en face ou de lire un bouquin dans la voiture, par exemple.
  • Si tout se passe bien, qu’assez de machines sont libres et que vous avez pu vous garer facilement, vous pouvez aller même faire vos courses pendant que tout votre linge de la semaine se fait laver, ce qui représente un certain gain de temps. Mais le lavoir peut aussi vous faire perdre énormément de temps si les étoiles ne sont pas bien alignées ce jour-là.

Inconvénients

  • Il y a parfois des saletés des autres sur votre linge. J’ai parfois eu mon linge plein de longs poils d’animaux car la personne avant moi avait nettoyé son linge hyper sale, malgré que ce soit interdit. Il arrive qu’une personne mette trop de lessive dans le compartiment pour la poudre, en haut de la machine, et que votre linge sente un mélange bizarre de votre lessive + la lessive hyper chimique de la personne avant. Parfois, les canalisations ont été bouchées et votre linge sent mauvais.
  • Le coût est énorme : 4,5€ pour laver 7 kg, 9€ pour 14 kg. Cela me revenait à environ 100€ par mois, ce qui représente peut-être le coût de l’utilisation d’une machine à laver personnelle pendant une année entière.
  • Il n’y a pas de lavoir à porter de pied près de chez moi, et les sacs sont trop lourds pour y aller en bus. Il faut donc prendre la voiture, et tous les lavoirs que je connais ont un sérieux problème de parking, à moins d’y aller la semaine pendant les heures de bureau (mais je travaille) ou le dimanche à 8h du matin.
  • Si toutes les machines sont prises, vous devez parfois attendre une heure (un cycle complet) que l’une d’entre elles se libère. Une fois, j’ai dû faire ma lessive au compte-gouttes car il me fallait plusieurs machines, je pense que j’ai pris trois ou quatre heures au lavoir ce jour-là, et je me souviens m’être sentie très stressée car les autres vous dévisagent, évidemment, quand vous monopolisez plusieurs machines.
  • Vous ne pouvez pas faire tourner la machine pendant la nuit ou pendant que vous travaillez.

Finalement, j’ai quand même décidé de ne plus aller au lavoir. Le principal motif était que cela me revenait beaucoup trop cher par rapport à l’usage d’une machine à laver à la maison.

Un peu d’histoire sur le lavage des vêtements

Une des choses que j’aime le plus dans le fait de tenir ce blog, c’est que j’en apprends énormément en recherchant des informations fiables. On s’imagine souvent comment était la vie autrefois.

Pour le coup, j’ai trouvé un article intéressant1 où j’ai appris plusieurs choses que je ne savais absolument pas :

  • Début du 12ème siècle : on faisait les grosses lessives une fois par an, après Pâques. (Moi, je m’imaginais plutôt que les gens possédaient très peu de linge et le lavaient très souvent.)
  • Début du 19ème siècle : on faisait des grandes lessives deux fois par an (printemps et automne). Un autre article2 souligne que l’activité était extrêmement lourde, raison pour laquelle on accumulait le linge sale pendant des mois dans un endroit sec. Les familles qui avaient de l’argent avaient de grandes quantités de linge à laver (des dizaines de draps, des dizaines de torchons, des dizaines de mouchoirs, des dizaines de chemises). Il y avait aussi de petites lessives hebdomadaires (pour les vêtements surtout) – on lavait chez soi, on rinçait au lavoir. On fait des allers-retours du lavoir à la maison, avec une brouette. Les familles avec plus d’argent payaient des lavandières qui se rendaient au lavoir chaque jour. On faisait sécher le linge dehors, dans un grenier aéré, ou près du feu.
  • En 1850-1860, on voit l’apparition des premières lessiveuses. On peut faire bouillir l’eau directement dans la cuve, et agiter le linge mécaniquement. On essore le linge avec des rouleaux (mangles). Ce sont surtout les familles aisées qui ont accès aux premières machines.
  • 1850 : les ménages aisés commencent à avoir de l’eau courante.
  • 1861 : Solvay (un Belge!) produit le carbonate de sodium et permet la production à grande échelle de soude.
  • Début du 20ème siècle : les femmes vont au lavoir chaque semaine. Jusqu’au début du 20ème siècle, on utilise la saponaire ou de la cendre de bois pour laver le linge. On stockait les cendres que l’on produisait en brûlant le bois pour se chauffer. On utilisait ensuite les cendres lessivées (charrée) pour nettoyer le sol. Ce n’est qu’au début du 20ème siècle qu’apparaissent : le savon, les cristaux de soude, les premières poudres à laver.
  • 1918 : apparition des lessiveuses à champignon.
  • 1930 : machines à laver électriques disponibles aux États-Unis d’Amérique.
  • 1952 : apparition des détergents de synthèse.
  • Fin des années 1970 : 70% des ménages belges ont un lave-linge automatique.

Contrairement à ce que j’aurais pensé, les gens étaient moins « minimalistes » que maintenant. Pour pouvoir changer de linge de lit chaque mois, et ne faire les grandes lessives que deux fois par an, les ménages disposaient d’un grand trousseau de linge. Énorme par rapport à maintenant, probablement. La machine à laver automatique nous a donc libéré de la lourde corvée de la lessive à la main, mais aussi de l’obligation de posséder énormément de linge de maison.

Il faut aussi noter qu’ils étaient moins « minimalistes » mais beaucoup plus écologiques : utilisation moindre d’eau (puisque cela se faisait deux fois par an), réutilisation de cendres (issues du bois pour se chauffer), réutilisation de l’eau de lessive usagée pour laver le sol, linge dont on prenait bien plus soin car il était plus précieux vu sa disponibilité moindre et son coût.

Je reviendrai régulièrement sur ce paradoxe minimalisme matériel – écologie dans d’autres articles.

Le lavage à la main

Même en ayant moins de linge que la moyenne, c’est une vraie torture. Si vous avez toutes vos journées libres, et accès à un extérieur de type jardin avec des cordes à linge couvertes, dans un pays où il ne fait pas froid la moitié de l’année, c’est possible. Cela ne m’étonne pas que les trois jours de grandes lessives d’autrefois soient respectivement nommés Purgatoire, Enfer et Paradis.3

Sinon, pour moi, le lavage à la main n’a eu presque que des inconvénients :

  • perte de temps;
  • gaspillage d’eau – il faut bien plus d’eau pour laver bien moins de linge, en comparaison avec une machine à laver moderne;
  • pollution égale de l’eau, voire pire – le lavage à la main est super rude et libère tout autant, voire plus de saletés dans l’eau (teinture, microfibres, etc.);
  • cela abîme vos vêtements à une vitesse record;
  • douleurs au niveau des mains – malaxer du linge mouillé est très pénible, et le tordre ensuite est encore pire. Je vous déconseille vraiment de faire cela au quotidien, sauf si vous n’avez vraiment pas le choix;
  • mauvaises odeurs – c’est difficile de bien nettoyer et rincer en n’utilisant pas des mètres cubes d’eau. Ensuite, l’essorage à la main, même en utilisant toutes vos forces, n’est pas du tout aussi efficace que celui d’une machine à laver classique, et le séchage prend des plombes. En récompense de tous ces efforts, vous avez même des odeurs qui se développent sur les vêtements.

Franchement, je suis super simple et minimaliste, je peux aussi faire énormément d’efforts pour la bonne cause, mais ici, ce n’était pas spécialement une bonne cause, cela ne faisait pas non plus tellement de bien à l’environnement, et j’avais bien trop mal aux mains. Bref, je n’ai vraiment pas supporté ce mois que j’ai passé à laver à la main.

Quelquefois, quand on minimise, on se dit : « Oh, il suffit de faire comme ceci ou comme cela. » Ayant désormais très peu de linge, je me disais que ce serait bon comme cela. Mais cela fait parfois du bien de transposer la théorie à la pratique pour se rendre compte de quoi l’on a vraiment besoin. On pourrait, théoriquement, laver le linge comme il y a 300 ans, mais cela nous empêcherait de faire plein d’autres choses (principalement aux femmes d’ailleurs), car nous serions trop occupé(e)s à laver notre linge pendant des heures!

On va dire que j’ai testé la vie comme au 19ème siècle sans le savoir, je suis contente que cette époque soit révolue!

La mini-machine à laver

Il s’agit d’une petite machine à laver sans mécanisme pour faire chauffer l’eau. Grosso modo, elle agite votre linge, n’a qu’un seul programme, un cycle dure 15 minutes, et elle peut essorer votre linge avec une puissance modérée.

En gros, il faut mettre le linge dans la machine (4,5kg environ), mettre la lessive, et faire couler de l’eau tiède/chaude (avec le pommeau de douche, par exemple) jusqu’au niveau indiqué. Vous lancez la machine, revenez relancer le programme si vous voulez qu’elle lave plus longtemps, et répétez le processus jusqu’à ce que vous jugiez le linge assez bien lavé. Vous vidangez ensuite l’eau de lavage dans la baignoire ou la douche, par exemple, et attendez que tout se soit écoulé. Ensuite, il faut remplir la machine à nouveau avec de l’eau propre pour effectuer le rinçage et lancer le même cycle de 15 minutes. Il faut vidanger à nouveau. Quand toute l’eau s’est écoulée, il faut sortir tous les vêtements humides de la machine, placer le petit tambour d’essorage et le fixer dans la machine, puis lancer l’essorage, 2 kg par 2kg. Dans mon expérience, ce sont 2 kg de linge mouillé, pas 2 kg quand ils sont secs.

Avantages

  • Consommation faible d’électricité. Cependant, si vous voulez « désinfecter » votre linge et le laver à haute température, vous devez chauffer l’eau quand même (moi, je le fais avec de l’eau chauffée au gaz), ce qui consomme quasiment la même chose au final.
  • Portabilité : on peut l’utiliser partout en déplacement, on peut déménager facilement sans se trimballer une machine de 80 kg.
  • Fait relativement peu de bruit.

Inconvénients

  • Utilisation d’eau accrue selon moi. J’ai quantifié que j’utilisais 48L d’eau (24L pour le lavage, changer l’eau et remettre 24L pour le rinçage) par machine de 4,5kg (bien que je mette régulièrement plus de linge que cela). Or, une vraie machine à laver peut laver 7kg avec seulement 40 ou 50L d’eau en fonction du modèle.
  • Une grande perte de temps: il faut relancer la machine toutes les 15 minutes.
  • Un essorage relativement insuffisant, et ne convenant pas pour les grandes pièces (draps, couvertures). Même en essorant peu de linge en respectant la limite de poids dans le tambour, le linge goutte encore souvent et donc on ne peut pas directement le mettre sur le séchoir, car cela met de l’eau partout sur le sol.
  • Chauffer du plastique n’est pas idéal, et la machine relargue souvent des odeurs chimiques bizarres, qui ne sont pas trop rassurantes.

Conclusion

Même si, de prime abord, avoir une aussi grosse machine chez soi n’est pas « écologique » ni « minimaliste », j’ai déterminé qu’elle était nécessaire pour moi. Les petites recherches effectuées ont confirmé mon impression que le lavage manuel du linge est un labeur très pénible, raison pour laquelle les gens, il y a quelques siècles, lavaient leur linge bien moins souvent avec, je suppose, une bien moindre hygiène. (On changeait les draps une fois par mois, alors que la norme actuelle est plutôt une fois par semaine.)

Pour moi, c’est un peu cela, le minimalisme. Faire des essais et erreurs, et constamment réduire ses possessions et sa consommation au minimum nécessaire.

Abonnez-vous pour ne rien rater!

Sources

  1. Esprit de pays, Lessives d’autrefois et techniques de lavage, https://espritdepays.com/patrimoines-en-perigord/patrimoine-bati-du-perigord/les-lavoirs-du-perigord/lessives-dautrefois-techniques-de-lavage ↩︎
  2. RTBF, Derrière le hublot : découvrez la petite histoire de la lessive, 14 janvier 2021, https://www.rtbf.be/article/derriere-le-hublot-decouvrez-la-petite-histoire-de-la-lessive-10671337 ↩︎
  3. Idem 1. ↩︎

Laisser un commentaire