Salut à tous! Pour le moment, je suis en train de terminer mon deuxième livre, qui aura pour thème le minimalisme (je vous tiens au courant, bien sûr!). Ce bouquin, je l’ai écrit en paralèle de mon « deuxième parcours de minimalisation ». (Je vous renvoie vers l’article Comment le désencombrement a transformé ma vie – pourquoi le minimalisme.)
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Mon parcours personnel (petit rappel)
Cela fait quelques mois maintenant que ma vie a drastiquement changé. Je le dis à chaque fois, j’avais déjà été minimaliste extrême pendant mes études, et cette phase avait duré quelques années. À l’époque, le contexte était différent – j’étais étudiante en médecine sans soutien parental, je galérais dans tous les sens du terme (oui, tous). À l’époque, le minimalisme extrême m’a énormément aidée. Je lui attribue d’ailleurs en partie ma réussite. Si je n’avais pas simplifié ma vie à ce point, je n’aurais jamais réussi à devenir médecin, étant donné tous les problèmes que j’avais à l’époque.
Cette fois-ci, j’ai refait le même chemin, bien que pas extrême vu que j’ai des enfants. Ce qui a changé, entretemps, c’est que j’ai connu quelques années de consommation. Je ne dirais pas consommation déraisonnée car je suis toujours resté une personne assez simple malgré tout. Je n’ai jamais eu cinquante paires de chaussures, je n’ai jamais utilisé des dizaines de produits ménagers, je n’ai jamais accumulé les meubles – au contraire, ça, j’en ai toujours eu très peu. Ca se limitait au lit, à la table, aux chaises, à une télévision, enfin bref, assez simple comme mode de vie.
Quand je dis que j’ai connu la consommation, c’est me permettre pendant quelques mois ou années des choses que je ne pouvais pas me permettre pendant mes dures études. Louer un logement bien trop grand, avoir deux voitures alors qu’on n’en avait besoin que d’une (deux voitures d’occasion pas chères et achetées cash, je précise quand même), acheter des tonnes de nourriture et en jeter tout autant, manger à l’extérieur, commander des repas. Bref, jeter son argent par les fenêtres en se disant qu’on a réussi dans la vie, et être content que les voisins vous saluent chaleureusement parce qu’eux aussi vivent dans une grande baraque bien trop grande pour eux en dépensant tout leur salaire chaque mois pour l’image.
Là où j’ai surtout consommé, c’est pour les enfants : la poussette super chère, plein de petits vêtements trop mignons qui vidaient mon portefeuille, des jouets par dizaines ou centaines plutôt, et l’appareil pour faire des panades, et les livres. Il n’y en avait jamais assez.
La surconsommation rend las et malheureux
Cependant, tout ce bric-à-brac, on s’en lasse à la vitesse de l’éclair. Je pense que j’ai eu un déclic vraiment au cours de l’été 2024. Après avoir turbiné pendant quelques années (mes enfants devaient alors avoir environ cinq ou six ans – je ne donne pas l’âge exact pour des raisons évidentes), quelle ne fut pas ma surprise de voir que personne, dans le ménage, n’était satisfait de tout ce matos de luxe. Littéralement, j’achetais du fil à tricoter (vous moquez pas de moi) en plus, ça allait juste grossir mes stocks, et la joie s’effaçait après quelques heures. Je leur achetais des nouveaux jouets, et une heure après, ils m’en demandaient d’autres!
Bref, il fallait que ça change, je cherchais visiblement dans la mauvaise direction. Tous ces efforts, et personne n’était content.
L’agitation qui cesse tout à coup
Aujourd’hui, je vous écris un article qui se trouve à l’autre bout du chemin. Vous savez, pendant un an et quelques mois, j’étais constamment en train d’amener des caisses et des caisses de choses au magasin de seconde-main, pour leur donner des objets que je n’utilisais plus. J’ai également fait pas mal de trajets vers la décharge, pour les objets cassés que j’avais accumulés. Principalement, j’ai donné des choses en bon état et encore parfaitement utilisable. Ma « minimalisation » a donc selon moi assez peu pollué et même permis à des gens d’acquérir de beaux objets pour trois fois rien.
Nous sommes début février 2026 et je viens de me rendre compte que je ne vais pratiquement plus à la décharge (ce qui est également lié à ma démarche zéro déchet, j’y viens plus loin dans cet article). Je suis allée déposer trois petits objets au magasin de seconde-main (un short trop petit, un petit jouet inutile et une ceinture de jiu-jitsu qu’on avait en trop), mais pour le reste, je n’ai plus rien dont je voudrais me débarrasser. J’avais pris l’habitude de mettre les objets à donner dans le coffre de la voiture. Celui-ci est désormais vide. Ma maison est presque vide, même si elle contient encore les objets nécessaires pour nous.
L’autre jour, je me suis retrouvée quelques heures chez moi à ne « rien avoir à faire ». J’ai regardé autour de moi et je n’ai rien trouvé à ranger. Pas de dizaines de bouquins à reclasser, pas de tonnes de petits jouets éparpillés partout. Pas de grosse montagne de linge sale qui s’est accumulé. Puis je me suis dit, je vais simplement profiter de la vie. Je suis partie marcher pendant quelques heures, puis j’ai fait du sport. Il y avait du soleil, j’étais de bonne humeur, j’ai dépassé plein de magasins sans avoir envie de rien acheter.
Éliminer le superflu et ne prendre que ce dont vous avez réellement besoin dans ce monde vous récompense infiniment : vous pouvez vivre tranquillement, sans stress, en appréciant les choses simples. Cela contraste fortement avec l’énervement, le stress et la frustration perpétuels que l’on ressent quand on vit de salaire en salaire, « galérant financièrement » bien que dépensant son argent stupidement pour le statut social.
Le risque de perdre ses repères : l’importance de simplifier progressivement
Cependant, je vais quand même vous dire quelque chose. Une fois que vous aurez tout désencombré, si vous ne savez pas dans quel but vous le fait, vous pourriez avoir un moment de déprime. C’est-à-dire que, si vous n’avez pas, à la base et progressivement, rempli votre temps et votre vie avec des choses non-matérielles (comme des activités, des interactions sociales, etc.), vous pourriez vous sentir profondément perturbé et perdre vos marques.
En réalité, si vous n’aviez rien prévu pour remplacer l’agitation frénétique autour des objets, vous pourriez carrément ressentir un ennui profond.
Si vous êtes instable mentalement, le mieux est vraiment d’y aller progressivement dans votre démarche de simplification. Si vous êtes trop rapide, vous pourriez décompenser car vous allez, comme je l’ai écrit plus haut, perdre vos marques. Si vous enrichissez votre vie progressivement en choses autres que du matériel, alors le minimalisme devrait surtout vous aider à aller mieux mentalement.
Trouver ses vraies priorités
Se retrouver face au vide, c’est n’avoir plus aucune distraction. Plus d’excuses! Vous finissez par vous poser les bonnes questions. Si tout ce que j’ai supprimé jusque-là n’était pas important pour moi, alors qu’est-ce qui est important pour moi?
Vous pourriez découvrir que :
- le sport est essentiel pour vous;
- vous voulez devenir végétarien;
- vous voulez faire des dons à des associations qui se battent pour des causes importantes;
- vous voulez contribuer en faisant du bénévolat;
- etc.
Ce ne sont que des exemples. Il y a plein de choses tellement mieux que de simplement consommer.
Les activités plutôt que les objets
Il n’y a pas besoin de posséder des livres pour lire. Il n’y a pas besoin de posséder du matériel de fitness spécialisé pour faire du fitness. Il n’y a pas besoin de posséder des tonnes de cahiers, de stylos-billes, de sortes de papier, d’appareils, pour écrire.
Je ne possède qu’un seul livre papier (je ne vous dirai pas lequel) car il est important pour moi, mais tout le reste se trouve en format électronique sur ma liseuse. Savez-vous que, depuis que je n’ai plus de livres, je lis dix fois plus?
J’ai donné tous mes poids, élastiques de gym, tapis, et matériels en tout genre, mais cela ne m’empêche pas d’être plus active qu’avant!
L’arrêt du shopping
Hier, justement, j’ai marché beaucoup. J’adore marcher, ça me vide la tête. Je suis allée au centre-ville, j’ai observé. Je suis passée devant tout plein de magasins que je visitais auparavant, dans lesquels je ne vais plus maintenant.
Dans le passé, mes samedis étaient toujours hyper remplis. Il fallait aller au magasin de bricolage, puis au magasin de vêtements, puis au magasin de produits ménagers, puis au magasin de produits de beauté, etc. C’est fou, il y avait toujours quelque chose qu’il « fallait » acheter.
Maintenant, je me suis vraiment détachée des marques. Je suis donc devenue indépendante des magasins. Je me souviens que j’allais très souvent dans les magasins pas chers (sans citer de noms) pour y acheter des petits jouets, du matériel de bricolage, des vêtements, etc. Maintenant, j’ai arrêté ces pratiques qui ne faisaient que polluer et me faire me sentir mal.
Une plus grande propreté
Quand on a un intérieur épuré, il devient beaucoup plus facile de le garder propre : le sol est souvent libre, il n’y a rien à déblayer avant de passer l’aspirateur, on a plus de temps libre, on a un ou deux produits polyvalents qui conviennent pour toute la maison, le nettoyage devient facile et donc amusant (on le fait donc plus souvent).
En plus de cela, quand tout est parti, vous remarquez la moindre crasse facilement, vous voyez enfin que vos fenêtres ont besoin d’être nettoyées, vous avez envie de laver vos rideaux. Vous voudrez avoir des draps toujours frais.
Dans le passé, le ménage était un cauchemar pour moi, et que je n’avais pas du tout envie de le faire. Je le faisais quand même, et il prenait six heures sur mon samedi, dans la sueur et dans les larmes. Vous vous rendez compte? J’étais complètement esclave de mes choses. Le peu de temps libre que j’avais, je devais en consacrer une bonne partie à nettoyer.
En plus de cela, le pire, c’est que malgré tous mes efforts, la maison était tout le temps en désordre et même un peu sale. Je n’ai jamais eu une maison aussi propre, mais surtout aussi constamment propre, que maintenant. Le meilleur? Cela se fait quasiment sans effort! Même la lessive se fait facilement, j’ai peu de linge, aucune pile énorme de vêtements sales qui traînent en permanence.
Maintenant que j’y repense, c’était vraiment illogique de posséder tellement de choses que je n’arrivais même pas à tout entretenir toute seule. Je pensais parfois engager une femme de ménage, mais je ne supporte pas l’idée que quelqu’un ait à nettoyer ma crasse.
Désormais, la question ne se pose même plus. Une femme de ménage ne sera jamais nécessaire chez moi, car je ne possède que ce que je peux gérer. Je n’accumule pas davantage que ce dont j’ai besoin.
Du temps pour les enfants et les proches
La conséquence directe de ne plus passer tout le samedi à nettoyer une immense baraque hyperencombrée, c’est que j’ai tout à coup eu le temps de regarder les enfants grandir. C’est vrai, dans le passé, je voyais ces heures de ménage et de rangement également comme une façon de m’occuper d’eux, mais cela n’était pas vraiment le cas.
Les enfants veulent que vous les regardiez et que vous jouiez avec eux. Bref, les enfants veulent principalement du temps et de l’attention, et PAS des choses! Les enfants se mettent à réclamer des tonnes de choses souvent car ils sont frustrés de ne pas vous (parents ou adultes qui ont leur charge) avoir pour eux et car on leur apprend que l’amour c’est offrir des choses plutôt que passer du temps ensemble.
Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, comme ma maison est complètement dégagée, j’ai nettoyé en peut-être dix minutes, et ensuite je me suis assise à côté de mes enfants, et je leur ai fait faire des exercices scolaires pendant deux heures. Assise à côté d’eux, en regardant ce qu’ils faisaient réellement, en les félicitant. Pas en étant en train de ranger le bazar d’une main, et cuisiner de l’autre main, avec un demi-oeil qui fait attention à eux.
La simplicité digitale
Ne plus avoir trop d’objets, c’est merveilleux. Faire le vide digital l’est encore plus. Vous savez, tous ces dossiers et fichiers que vous avez sur un disque dur ou sur un cloud, ou cette boite email hyperpleine que vous ouvrez chaque jour avec désespoir? Ils restent tout dans l’arrière-plan de votre esprit, et vous encombrent. Ils vous fatiguent et parfois même, ils vous rendent déprimé.
Comme j’adore désencombrer, après les objets, je me suis attaquée au virtuel. À chaque fois que je reçois une notification au boulot, j’en supprime cinq ou dix anciennes. Au fur et à mesure, tout est devenu simple, même dans mon ordinateur et même au boulot.
Une passion ou plusieurs passions exploitées à fond
Depuis que j’ai désencombré ma maison à fond, je n’ai plus d’objets surnuméraires. Quand je me lève le matin, tout est pour ainsi dire rangé et propre. Il suffit de boire de l’eau, de manger un petit quelque chose, de me préparer ainsi que de préparer les enfants, et la journée peut commencer.
Cette journée n’étant plus remplie par les voyages à la décharges, la gestion des déchets, le rangement des babioles, les tracas financiers, la frustration de mal gérer ma vie, etc., je peux directement me concentrer sur ma passion. Dans mon cas, c’est la rédaction de mes livres et de ce blog.
Là où, avant, je peinais royalement à écrire une page par jour. Maintenant, dès que je ne suis pas au travail, en train de faire du sport ou d’entretenir la maison, ou de m’occuper des enfants, je suis tout de suite en train d’écrire, et ça augmente énormément mon niveau de bonheur.
Je ne pense pas que le fait de poursuivre des buts matériels rende les gens plus heureux. Je pense que c’est le fait de dégager du temps pour les activités autotéliques (c’est-à-dire celles qui nous plongent dans un état de profonde et plaisante concentration) qui nous passionnent, qui nous rend heureux. (J’ai tiré cette notion du chercheur hongrois Mihaly Csikszentmihalyi dans son livre Flow, the secret of happiness.)
Revenir systématiquement vers ses objectifs
Récemment, j’ai eu quelques jours de vacances. Je n’ai pas souvent de vacances où je n’ai « rien à faire ». D’habitude, elles étaient chargées d’activités et autres. Cette fois-ci, vu la fatigue, j’ai décidé de rester chez moi « à ne rien faire », pour voir ce que cela allait donné.
Premier constat: nettoyer se fait en un rien de temps.
Deuxième constat: il n’y a rien à ranger, car il n’y a quasiment rien tout court.
Troisième constat: dès le réveil, la concentration est automatiquement portée sur mes buts dans la vie. Soit je prends soin des enfants, soit je prends soin de moi, soit je fais de l’exercice, soit j’écris, soit je fais une autre activité productive/éducative/importante.
Profiter de la nature et du monde
Cela m’aurait étonnée de pouvoir vous dire cela un jour, mais j’ai appris à apprécier les quatre saisons de l’année. Dans le passé, je détestais l’automne, et l’hiver encore plus. Je passais six mois dans l’année à littéralement attendre que le temps passe. Maintenant, je vois la beauté de chaque type de météo.
D’une certaine manière, quand on ne possède presque plus rien, on finit par se sentir à la maison partout. Par exemple, je vais avec mon ordinateur au parc quand il fait beau pour travailler sur mes textes, et c’est juste une sensation géniale. Ou bien je marche pendant des heures et je m’émerveille du soleil, des oiseaux, des senteurs, du fait d’être en bonne santé. Je sais, ça fait un peu « allumée » de dire ça, mais c’est vrai.
Par ailleurs, votre nouvelle liberté et légèreté pourrait vous pousser à découvrir de nouveaux endroits (même pas très loin) et à voyager davantage. Personnellement, j’ai été prise d’envie de visiter de nouveaux bois, de nouveaux musées, des aquariums, etc. C’est tellement plus enrichissant que d’accumuler des « trucs ».
Mieux suivre ses finances et dépenser de manière intentionnelle
Tout naturellement, en arrêtant de consommer à tort et à travers, on a envie de « trier ses dépenses ». Je ne sais pas comment ça se fait, mais en faisant mes budgets ces derniers mois, j’ai repéré des dépenses que je voulais diminuer, et d’autres que je voulais augmenter.
Par exemple, j’ai commencé à diminuer progressivement les achats dans des magasins pas chers et de hard discount. Vous savez, ces magasins où vous pouvez acheter une lampe torche à deux euro, ou un kilo de poulet surgelé à cinq euro. Plus je m’instruis, plus je me rends compte que ces prix invraisemblables sont obtenus non seulement en arnaquant les producteurs, les travailleurs et les animaux, mais aussi en détruisant complètement l’environnement (= notre habitat) et donc également notre santé (pollution des mers et des sols).
Dépenser de l’argent, c’est voter avec ses pieds. Quand vous donnez un euro à un commerçant, vous lui envoyez le signal de continuer à produire ce que vous venez d’acheter. Quand vous achetez des carcasses de poulets maltraités, vous donnez l’ordre au marché d’en produire encore plus.
Par ailleurs, j’ai commencé à réfléchir à faire des dons à des associations. C’est une façon d’améliorer le monde en offrant un peu d’argent à des groupes qui sont plus puissants et plus efficaces que vous par rapport à certaines causes qui peuvent vous tenir à coeur.
Faire circuler les biens et l’argent avec bienveillance
Un des seuls magasins, à part les magasins de nourriture, où je me rends encore, c’est la boutique de seconde-main. Cela me permet, en un seul voyage, de donner ce que je n’utilise plus, et d’acheter quelques objets (des vêtements, des livres d’enfant, des jouets) dont j’aurais besoin. Cela est juste génial. Dès que j’ai un vêtement qui ne me plaît plus, ou que mes enfants ne peuvent plus mettre, je le nettoie, et je le ramène avec moi, en rachetant au même magasin d’autres vêtements.
Cela me fait plaisir de contribuer comme cela à une économie circulaire, sachant que j’évite ainsi une grande pollution, et cela me permet aussi de dépenser beaucoup moins.
Dormir
Oui, avec le minimalisme, on remet les pendules à l’heure. La santé est notre première richesse, et dormir suffisamment permet d’en prendre soin!
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