Surmonter la peur d’être trompé (ou refaire confiance après avoir été trompé)

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Trouver la cause de votre peur d’être trompé

Encore et toujours, pour résoudre un problème psychologique, il faut d’abord le nommer puis en chercher la cause.

La peur d’être trompé peut s’inscrire dans un cadre plus général ou vous ne faites confiance à personne, même pour d’autres choses. Cela peut venir d’expériences traumatisantes, comme de la maltraitance infantile, terreau fertile pour ce genre de problèmes de confiance.

Parfois, il s’agit d’une peur spécifique d’être trompé. S’il s’agit d’une crainte précise, cela peut être lié au fait d’avoir été trompé par le passé ou en tout cas abusé dans une relation amoureuse. Ou bien vous avez peut-être observé des cas de tromperie. Peut-être avez-vous vu votre mère être trompée par votre père, ou un ami. Vous avez même peut-être vu plusieurs cas d’adultère, au point où vous vous dites que

Il peut aussi s’agir d’un cruel manque d’estime de soi, qui fait que vous vous dites que vous n’en valez pas la peine et que donc, personne ne pourrait vous rester fidèle. Ou bien cette basse estime de soi provoque chez vous une forme de phobie de l’abandon.

La tromperie en dit davantage sur celui qui trompe

L’adultère en dit surtout sur celui qui est infidèle, pas tellement sur celui qui est trompé. Même si cela devait arriver, dites-vous bien que cette déloyauté est uniquement le problème de l’autre, et pas le vôtre.

La personne qui fait du mal à l’autre est responsable de ce qu’elle fait. Bien sûr, vous pouvez toujours, si cela arrive, demander pourquoi cela est arrivé. Vous voyez alors si vous trouvez l’excuse légitime, et si vous avez des choses à corriger chez vous. Par exemple, si votre femme vous a trompé car vous ne faisiez plus l’amour depuis un an, c’est un point à travailler.

La tromperie, si elle n’a pas d’origine profonde et « compréhensible », en dit davantage sur celui qui trompe. Cela ne doit pas remettre en cause toute votre vie ou toute votre personnalité. Quelqu’un peut vous adorer et vous trouver extrêmement important(e), au point de ne jamais rien vouloir faire pour vous perdre.

Ce n’est pas parce qu’un homme vous trompe que cela signifie que vous n’êtes pas assez belle ou charmante. Ce n’est pas parce qu’une femme vous trompe que cela veut dire que vous n’êtes pas assez gentil ou que vous êtes un mauvais amant. Les gens trompent pour des myriades de raisons, et cela n’est pas forcément lié à vous.

Il y a des gens qui trompent systématiquement tous leurs partenaires. Parfois, ils répètent un schéma observé dans l’enfance – le mauvais exemple du père ou de la mère qui trompait constamment l’autre parent.

Transformer la faiblesse en force : orienter l’énergie vers votre amélioration

Êtes-vous mort après avoir appris la tromperie de votre précédent partenaire ? Visiblement, non, à moins que vous ne me lisiez depuis le ciel. Peut-être même étiez-vous content(e) de vous rendre compte que vous étiez avec une personne qui n’est pas loyale.

La trahison n’est pas mortelle. Par ailleurs, la peur d’être trompé vous donne une certaine énergie que vous pouvez détourner vers des buts plus nobles. Cela s’appelle la sublimation – je vous en parle plus en détail dans cet article. Par exemple, à chaque fois que vous aurez des « crises » de cette peur, faites-vous beau ou belle. Faites une bonne séance de sport.

Si vos moments de crise sont constitués d’une forte anxiété, je vous conseille de lire mon article sur l’anxiété anticipatoire (c’est-à-dire l’anxiété liée au fait d’imaginer le pire dans le futur).

Réfléchissez à tout ce que vous pouvez améliorer chez vous. Faites en sorte de vous sentir séduisant(e). Cela paraît bête à dire mais, même si vous aimez votre partenaire, le fait de sentir que vous attirez les membres du sexe opposé peut vous rassurer d’une certaine manière. En effet, cela augmente votre estime de soi. Vous sentez que vous plaisez, vous avez donc moins peur que l’on vous trompe. Par ailleurs, vous vous rendez compte qu’il ou elle regretterait amèrement son erreur, s’il la commettait.

Travailler sur une éventuelle dépendance affective et renforcer son estime de soi

Si vous craignez toujours que vos partenaires vous trompent, c’est que vous avez probablement une faille au niveau de l’estime de soi ou une grande peur de l’abandon (comme cela peut être le cas dans la dépendance affective). Cela veut dire que vous ne vous trouvez pas assez bien pour que quelqu’un vous respecte et vous reste fidèle.

Vous pouvez être convaincu(e) de ne pas en valoir la peine, et qu’on ne puisse pas vous aimer pour ce que vous êtes. Si c’est votre cas, vous allez constamment vous plier en quatre pour mériter l’amour de votre partenaire, et craindre qu’il ne vous préfère quelqu’un d’autre. En effet, vous voyez peut-être toute autre personne comme plus belle, plus intelligente, plus sexy, plus intéressante,… que vous. En raison de cela, vous vous sentez constamment en danger, et pensez que votre partenaire est constamment tenté par les autres (puisque vous ne croyez pas vraiment à son amour sincère).

Un autre point à noter est qu’une peur de l’abandon prononcée, liée souvent à de la dépendance affective, fait en sorte que vous n’envisagez pas de pouvoir partir en cas de tromperie, car vous vous retrouveriez alors seul. De ce fait, la peur de la tromperie devient encore plus forte. En effet, elle devient alors quelque chose que vous devez éviter à tout prix, puisque sa survenue provoquerait votre effondrement, puisque vous ne parviendriez pas à partir !

Les dépendants affectifs, eux, ont tendance à tout miser sur leur relation sentimentale et à faire le vide autour d’eux. Pour cela, entretenez un minimum de réseau social – famille, amis, collègues, etc. Faites des activités sans votre partenaire, seul(e) ou avec d’autres personnes.

Si vous parvenez à atténuer votre dépendance affective et à améliorer votre estime de soi, vous aurez moins peur car vous saurez que vous avez des qualités et des choses à apporter dans une relation, et que votre partenaire n’a pas envie de vous perdre.

Pour approfondir ces sujets, je vous renvoie vers mes deux autres articles :

Vous raisonner avec des éléments objectifs

Il faut essayer de savoir si votre peur d’être trompé est quelque chose de constant, même quand aucun élément objectif n’y fait songer (distance, mensonges, messages suspects, etc.). Si vous avez toujours eu cette peur au fond de vous, alors peut-être qu’elle n’est pas liée à votre partenaire actuel mais qu’elle est plutôt ancrée dans votre personnalité.

Bien sûr, si vous trouvez que votre partenaire vous ment constamment, et discute avec des femmes, voire rencontre des femmes, et que vous avez des éléments objectifs, vous êtes tout à fait en droit d’être en colère et de vouloir partir. De la même manière, si votre partenaire vous a déjà trompé, il est parfaitement légitime d’avoir peur que cela n’arrive à nouveau, et il faut régler cela avec lui ou elle.

Les red flags de la tromperie

Tout cela étant dit, cet article ne vous dit pas non plus de fermer les yeux sur les signes objectifs de réelle tromperie. Ainsi, on ne vous dit pas de faire semblant que vous n’avez pas remarqué qu’il discutait avec des femmes et leur envoyait des mots d’amour. Ni de détourner le regard quand vous voyez qu’il drague ouvertement non loin de vous.

Par exemple, votre méfiance est peut-être justifiée si votre partenaire cache tout, met des codes sur tous ses appareils (téléphone, ordinateur, tablette) et vous empêche d’y avoir accès même pour quelques secondes.

Par ailleurs, si votre partenaire vous a déjà trompée mais ne semble pas s’en vouloir ni en avoir honte, votre méfiance n’est pas si étonnante et il y a des raisons de s’inquiéter réellement.

La communication est primordiale

Si la peur irrationnelle d’être trompé est en vous, il va absolument falloir améliorer la communication avec votre partenaire, ou en tout cas discuter du problème de manière sincère et franche. Le mieux est d’exposer le problème tel qu’il est. Il faut éviter de formuler constamment des reproches « imaginaires » à votre partenaire. Si ceux-ci sont infondés, ce dernier va se sentir attaqué, finir par être agacé, et pourrait même finir par vous tromper réellement !

De préférence, amenez le sujet sur le ton du « je » plutôt qu’en disant « tu ». J’ai des peurs irrationnelles liées à mon passé. J’ai peur que tu me trompes. J’ai besoin de sécurité.

Le but est de communiquer assez bien pour vous rassurer, sans étouffer l’autre. Si votre partenaire tient à vous, et à condition que vous ameniez le sujet de manière calme et respectueuse, tout devrait bien se passer.

Il y a certains points dont vous pouvez discuter ensemble, et certains accords auxquels vous pouvez parvenir suite à une démarche mutuelle. Par exemple, vous pouvez vous demander mutuellement quelle est votre définition de la fidélité. J’ai déjà vu des cas où le mari trouvait que discuter en ligne avec des femmes n’était pas de la tromperie, alors que c’était pour l’épouse inacceptable et déjà un adultère.

Vous pouvez également vous mettre d’accord sur certaines règles de transparence ou certaines habitudes qui peuvent aider. Le but, c’est que ces stratagèmes se décident à deux, de telle manière que la communication soit efficace. C’est-à-dire que vous serez rassuré(e) sans que votre partenaire ne se sente attaqué(e). Par exemple, votre partenaire peut décider de vous donner le code de son téléphone, ou vous montrer ses amis sur un réseau social. Vous pouvez également convenir que chacun doit dit où il est. Ou bien qu’on ne doit pas rester plus que tel nombre d’heures sans répondre.

Non aux enquêtes et aux devinettes

Vous pensez peut-être que votre partenaire ne va pas le remarquer. Pourtant, quand vous tendez des pièges, et posez la même question de trois manières différentes, cela saute aux yeux pour l’autre. Les enquêtes sont à éviter (encore une fois : en l’absence de signes objectifs de réelle tromperie !). Elles peuvent provoquer davantage de problèmes, et ne résolvent rien.

La peur de la tromperie n’empêche pas cette dernière de survenir. Le contrôle maladif de l’autre, non plus.

Chacun reste libre : votre partenaire choisit de rester et d’être fidèle

Être en relation avec quelqu’un est un choix. Dans cette relation, vous ne pourrez jamais contrôler totalement l’autre. La peur, le contrôle, les enquêtes et les reproches n’empêcheront pas la tromperie de survenir si votre partenaire s’y adonne.

Une relation n’est pas une prison. Vous n’allez pas toujours être en présence de votre partenaire. À un moment, il va falloir accepter qu’une relation comporte des risques.

Si votre partenaire reste libre, vous aussi. Vous pouvez en discuter avec lui et fixer des limites que vous ne souhaitez pas dépasser. Si votre partenaire va trop loin, et fait des choses que vous n’acceptez pas comme parler de manière intime à des membres du sexe opposé, ou encore avoir des relations charnelles avec des membres du sexe opposé, vous avez également le droit de partir.

N’oubliez pas si votre partenaire est toujours avec vous à ce jour, c’est qu’il choisit de rester. Cela signifie qu’il trouve quelque chose dans votre relation. Demandez-lui ce qui le fait rester ou ce qui le pousse à vous rester loyal. Cela pourra peut-être vous rassurer.

Le plus difficile est de lâcher prise et d’accepter qu’on ne peut jamais contrôler la personne qui partage notre vie. Quand bien même vous deviendriez extrêmement contrôlant et vous transformeriez en détective, vous ne pourriez pas empêcher la tromperie si elle devait arriver.

Faire de votre mieux dans la relation

Souvenez-vous : votre partenaire n’est pas enchaîné avec des boulets aux chevilles. S’il doit un jour vous tromper, il le fera, avec ou sans votre accord. Que vous ayez posé mille questions auparavant n’y changera rien.

La seule chose que vous pouvez faire par rapport à votre partenaire, est d’être un bon partenaire vous-même. Cela signifie de donner du temps et de l’attention à l’autre. Cela signifie aussi de respecter ses limites, de le laisser avoir son « jardin secret » et des activités avec d’autres personnes que vous. Vous pouvez essayer d’avoir des moments de qualité en couple.

De la même manière, aucune relation n’est réellement possible sans un choix conscient d’offrir de la confiance. C’est-à-dire que vous ne pouvez pas savoir à l’avance si votre partenaire est fiable à 100%. Vous pouvez vous dire que vous allez faire confiance par défaut, et voir ce qu’il se passe. Après, si des choses se passent qui détruisent cette confiance, il faudra voir le moment venu.

Les accusations perpétuelles peuvent vraiment détruire un couple. Elles rendent la relation moins agréable, et les conversations souvent tendues et peu spontanées.

La visualisation positive

Je vous en ai déjà parlé dans mon article sur l’anxiété anticipatoire, quand je vous donnais des astuces pour imaginer le « meilleur scénario possible » au lieu d’imaginer le « pire scénario possible » à chaque fois. Dans le cas précis de la crainte d’être trompé, il est possible de visualiser une relation sereine, où chacun fait confiance à l’autre, et où l’on a la certitude que son partenaire ne fait rien derrière son dos.

Personne n’aime être accusé à tort

Gardez bien à l’esprit qu’il est essentiel de parvenir à contrôler votre peur d’être trompé. Sur le long terme, les accusations à tort sont préjudiciables pour votre couple. Mettez-vous à la place de votre partenaire, s’il n’a rien fait.

Voici quelques émotions qu’il peut peut-être ressentir :

  • La colère et l’injustice : s’il n’a rien fait et que vous l’accusez continuellement d’être infidèle, votre partenaire va trouver cela insupportable car il sait qu’il est innocent ;
  • L’épuisement émotionnel : à force de se justifier, de devoir fournir des preuves, de tout devoir expliquer, le partenaire accusé à tort va finir par se sentir fatigué de la situation et aura peut-être moins envie de faire des efforts pour vous rassurer ;
  • Un éloignement par rapport à vous : si chaque échange tourne autour de ce sujet, alors qu’il n’y a pas de raison réelle à cela, votre partenaire pourrait avoir des sentiments qui diminuent à votre égard et surtout avoir moins envie de venir vers vous ;
  • De la souffrance : en accusant votre partenaire à tort de vous tromper, vous lui faites mal. En effet, vous lui montrez que vous avez une mauvaise image de lui (un menteur, un manipulateur, un homme ou une femme qui n’est pas loyal).
  • Un manque de reconnaissance et de la déception : peut-être votre partenaire fait-il beaucoup d’efforts pour faire fonctionner la relation. Quand vous l’accusez de vous tromper, c’est comme si vous lui disiez que malgré tout ce qu’il ou elle fait, vous n’êtes quand même pas content(e) !
  • Si le problème perdure, il se pourrait que votre partenaire développe un réel ressentiment à votre égard.

La confiance est un choix

On pourrait terminer cet article en rappelant brièvement que faire confiance est un choix. Vous pouvez décider de rester « en sécurité » et de ne jamais faire confiance à personne, même à quelqu’un qui n’a jamais montré de signes de trahison. Vous pouvez aussi choisir de faire confiance même au pire des partenaires.

Une chose est sûre, on ne connaît jamais quelqu’un à 100%. Il y a toujours une part d’incertitude. C’est pour cela que la confiance reste un choix. Vous n’aurez jamais accès à toutes les informations – ses pensées, ses actes quand vous n’êtes pas là, etc. Pour le bien de votre relation, si votre partenaire ne présente pas de signes objectifs d’infidélité, il faut peut-être lui donner une chance et décider de lui faire confiance. En cas de suspicion basée sur des faits objectifs, il faudra en reparler ou revoir le « contrat ».

Pour aller plus loin

  • Si vous avez aimé cet article, vous aimerez certainement celui-ci : Comment savoir si votre relation est toxique ou malsaine ? 13 signes qui doivent vous alerter.
  • Note importante: l’autrice de ce blog n’est pas experte en psychologie et ses articles ne remplacent pas une aide spécialisée si vous êtes mal en point. En cas de mal-être psychologique intense, il est conseillé d’en parler à votre médecin ou à votre psychologue.
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