Vous avez peur du contact avec les autres : 16 astuces pour atténuer votre caractère évitant

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1 Pourquoi a-t-on peur du contact avec les autres?

On peut développer un comportement évitant et une peur d’être en contact avec les autres pour plein de raisons. Bien souvent, il s’agit d’une façon de se protéger, qui est secondaire à un événement plus ou moins marquant que l’on a vécu.

  • maltraitance dans l’enfance => on se méfie de tout le monde;
  • abandon par un parent => ne pas s’attacher pour ne pas revivre cette douleur horrible;
  • harcèlement scolaire => on se méfie des congénères;
  • abus sexuels => on se méfie des membres du sexe opposé ou du même sexe (en fonction de qui vous a abusé);
  • trahison amoureuse (tromperie) ou rupture douloureuse => avoir du mal à se laisser aller et à faire confiance à nouveau;
  • phobie sociale => peur du regard des autres, peur d’être humilié, peur d’avoir l’air stupide en public;
  • trouble du spectre autistique;
  • décès d’un proche;
  • syndrome de l’imposteur => on manque d’estime de soi et on est persuadé d’être nul, on fait donc tout pour ne pas être approché par les autres, de peur qu’ils ne nous voient « comme nous sommes » (c’est-à-dire, dans notre tête, « nul »);
  • trouble de la personnalité paranoïaque => craindre le contact avec les autres car on est persuadé qu’ils nous veulent du mal;
  • peur de l’abandon => pas de relations proches = pas de risque de perte = pas de risque d’abandon;
  • dépression => ce n’est pas une peur à proprement parler, mais on peut réellement fuir le contact humain;
  • syndrome de stress post-traumatique => le vécu d’expériences horribles (avoir frôlé la mort, connu la torture, vu des gens se faire tuer, etc.) grave de profonds traumatismes dans la mémoire, dont les émotions peuvent être réactivées par certains mots, certains sons, certains types de personnes, etc. => on peut alors se murer dans le repli ou craindre d’être impliqué dans la vie sociale, de peur que ces épisodes de « réactivation » ne se répètent, car ils sont très pénibles;
  • un passé d’abus narcissique => avec cette personne, toute expression d’émotion ou toute information personnelle que vous livriez pouvait être utilisée contre vous, vous êtes donc devenue une « poker face » et avez pris le pli de vous retrancher dans votre forteresse.

Bien entendu, cette liste est loin d’être exhaustive, mais elle vous donne une idée du nombre incroyable de causes possibles à la peur du contact avec les autres.

2 Réaliser que c’est un problème fréquent

Comme bien souvent, quand on souffre d’un problème psychologique ou d’ordre social, on a tendance à penser qu’on est une des rares personnes qui en font l’objet. Pourtant, comme nous l’avons vu avec la liste de causes possibles au point n°1, il s’agit d’un problème très fréquent.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas travailler dessus, mais se rendre compte que plein de gens souffrent du même souci peut vous mettre sur la voie de la guérison.

3 Observer l’impact de cette peur sur votre vie : un suivi psychologique éventuel

Jusqu’où va votre peur du contact avec les autres? Si cette peur vous empêche d’avoir un emploi stable, d’avoir un couple stable ou des amis, ou de fonder une famille, cela peut être une indication pour un travail plus intense sur le problème. Par exemple, un suivi psychologique, voire une psychothérapie.

La thérapie cognitivocomportementale (TCC) est une possibilité. La thérapie interpersonnelle basée sur la théorie de l’attachement en est une autre.

4 L’exposition progressive

La technique de l’exposition progressive est simple mais très efficace. D’abord, vous évaluez la sévérité de votre peur du contact, et vous adaptez les exercices à celle-ci. À chaque étape, vous êtes censé(e) sortir un tout petit peu plus de votre zone de confort.

Pour les plus récalcitrants, il faudra d’abord une exposition imaginaire. Vous asseoir ou vous allonger au calme

Exercices:

  • regarder quelqu’un;
  • faire un sourire à quelqu’un;
  • poser une question à un(e) commerçant(e);
  • rejoindre un groupe/cours : langue, danse, sport, lecture, etc.;
  • ne pas vous enfuir directement d’une réunion quand elle se termine et rester quelques minutes de plus pour discuter un peu avec les gens qui s’y trouvent (collègues ou même personnes que vous ne connaissez pas);
  • partager une information personnelle même insignifiante;
  • accepter l’aide de quelqu’un;
  • accepter un compliment;
  • faire un compliment à quelqu’un;
  • dire à quelqu’un que vous êtes content(e) de le voir (si cela est vrai, bien sûr).

5 Vous observer vous-même

Quand le stress survient-il?

Remarquez-vous que vous commencez à avoir peur quand quelqu’un est amical avec vous?

Commencez-vous plutôt à avoir peur quand vous tombez amoureux d’une personne?

Quels sont vos schémas de répétition? Observer vos relations passées peut vous aider à comprendre comme les choses « tournent mal » dans vos relations.

De quoi avez-vous peur exactement ? Cela peut être :

  • un jugement;
  • du mépris;
  • du racisme;
  • une moquerie;
  • un rejet;
  • de l’indifférence (ne pas interagir vous permet alors de ne pas y être confronté);
  • du dégoût (avez-vous une malformation physique? un gros surpoids et peur des réactions négatives des gens);
  • des avances sexuelles (passé d’abus sexuel et peur de plaire, par exemple);
  • des questions (vous êtes parano ou bien vous avez été aux prises avec quelqu’un de particulièrement malveillant qui a cherché à vous saboter grâce à vos informations personnelles, vous évitez alors les situations où on va vous questionner);
  • des invitations que vous ne pouvez pas suivre;
  • un cadeau ou un service que vous ne pouvez rendre (ex. vous êtes très pauvre au point de ne pas pouvoir payer un café à quelqu’un).

La liste pourrait bien être infinie, cherchez un peu ce que vous craignez tout particulièrement.

6 Accepter le risque et l’inconfort

Si vous savez que vous avez cette peur du contact avec autrui, vous savez également que cela ne vous viendra pas naturellement ni sans un certain inconfort. Le mieux est donc d’adopter une approche un peu plus philosophe où vous savez que de l’inconfort va survenir, mais que vous l’acceptez malgré tout.

Autrement dit, cela revient à ressentir la peur mais agir tout de même. À ce propos, je vous recommande un livre que j’ai beaucoup aimé dans le temps (je l’avais acheté pour presque rien à un magasin de seconde main mais il m’avait beaucoup aidée): Feel the Fear and Do It Anyway de Susan Jeffers.

Par ailleurs, pour accepter le risque, il faut aussi voir les points positifs. « Qui ne risque rien, n’a rien. » Il est certain qu’en vous coupant des autres, vous ne souffrirez pas de rupture ni de déception. Par contre, vous souffrirez quand même d’autre chose: solitude, baisse de l’estime de soi, vous priver de bonnes relations. Si vous vous attachez, vous risquez de souffrir. Si vous vous coupez de tout le monde, vous souffrez à coup sûr (sauf exception).

En changeant sa façon de voir les choses, on peut finir par voir la nécessité de la prise de risque. Le risque est en effet une condition sine qua non du succès. Il en va de même sur le succès dans les relations interpersonnelles.

7 La visualisation positive

Comme pour l’anxiété anticipatoire, où l’on a tendance à imaginer que le pire va se produire, on peut chercher à imaginer le meilleur scénario possible plutôt que d’imaginer le worst case scenario.

Quand vous savez que vous allez avoir une interaction, imaginez une interaction qui se passe bien. Les gens ne vont pas toujours forcément dire du mal de vous, ou avoir une mauvaise impression.

8 Améliorer votre estime de soi

Pour être capable d’anticiper positivement les interactions, il faut vous assurer d’avoir déjà une estime de soi assez solide.

=> Je vous invite pour cela à lire mon autre article 15 astuces et exercices pour améliorer l’estime de soi.

9 S’instruire sur le problème

Je vous donne souvent le même conseil, car c’est une pratique qui m’a personnellement beaucoup aidée quand j’avais des difficultés. Le fait de lire beaucoup sur une problématique, mais également d’écouter des témoignages ou des documentaires, vous permet de mieux comprendre les mécanismes en jeu, de vous sentir moins isolé(e) ou anomal(e), mais aussi de vous « outiller » pour mieux faire face.

Les ressources culturelles ont cela de magique qu’elles vous donnent des idées pour vous en sortir : un exercice « mental », une autre façon de voir les choses, un soutien social (même si vous ne connaissez pas réellement ces personnes, leur intervention peut malgré tout constituer un réel soutien), etc.

10 Diminuer le niveau général de stress

Éviter les stimulants

Pratiquer des exercices de relaxation

Faire du sport régulièrement

Exercices de respiration

11 Se mettre des limites

Vous mettre des limites – ne pas vous autoriser à ruminer une interaction (c’est-à-dire se refaire la scène mentalement encore et encore) pendant des heures ou des jours, mais vous donner un maximum de, par exemple, dix minutes ou une demi-heure.

12 Accepter l’imperfection des relations

Les relations ne sont jamais parfaites. Les autres ne sont pas parfaits, et vous n’avez pas à l’être non plus. Une fois que vous avez réalisé cela, vous vous rendez compte que vous vous mettez souvent sous pression.

On ne connaît jamais à 100% une personne. On peut toujours être déçu, être trompé (manipulation, hypocrisie), être mal compris, tomber sur quelqu’un d’instable qui ne nous apporte aucune sécurité dans la relation, etc. Il peut y avoir des conflits ou des disputes. Il peut parfois y avoir des paroles qui blessent sans en avoir l’intention. L’autre ne se comportera pas toujours exactement comme on s’y attend ou comme on le souhaite.

13 La peur du contact qui provient d’un deuil

Un deuil qui n’a pas été « vécu » pleinement peut laisser des traces plus profondes, devenir pathologique et provoquer un repli sur soi sur le long terme. Cela est facile à dire, peut-être moins à faire, mais peut-être pouvez-vous vous autoriser de parler de la personne décédée. Si cette personne vous manque ou que vous auriez voulu pouvoir lui dire certaines choses, vous pourriez lui écrire une lettre.

Completer

14 Faire des fautes exprès

Si votre peur provient d’une espèce de phobie sociale, vous craignez probablement le ridicule ou le fait de faire une « boulette » en public.

Le but est donc de vous exposer volontairement et de manière contrôlée à ces fameuses boulettes que vous craignez tant. Par exemple, si vous avez peur qu’on pense du mal de votre apparence, vous pouvez sortir exprès sans maquillage, ou mal coiffé, ou avec une tenue qui jure un peu. Vous verrez qu’il ne se passera rien. Répétez l’opération une fois, deux fois, dix fois, et cela provoquera une certaine désensibilisation à la gêne, entraînant une baisse de la peur.

Il y a plein de façons de faire. Par exemple, aller dans un magasin en prévoyant de ne pas avoir de quoi payer à la caisse, et ressortir bredouille. Ce genre d’exercices.

15 Gérer le syndrome de l’imposteur

Certaines personnes ayant une estime de soi particulièrement faible sont mal à l’aise avec les manifestations d’amour et d’affection, ainsi qu’avec les compliments ou autres gratifications (ex. cadeaux). Cela peut provenir du fait qu’une fois l’affection des gens exprimée, le sujet commence à craindre de décevoir cette personne qui semble tant l’aimer.

En effet, quand on est persuadé de ne rien valoir, ou en tout cas d’être beaucoup moins bien que la façon dont les gens nous voient, on va se mettre à avoir peur de ne plus être à la hauteur, on se sent sous pression pour surtout continuer à être aussi bien.

Dans ce cas, il faut garder certaines pensées à l’esprit :

  • nul n’est tenu à l’impossible;
  • vous n’êtes pas parfait et personne ne l’est;
  • perdre l’affection d’une personne n’est pas la fin du monde;
  • votre image de vous-même ne colle probablement pas avec votre réelle valeur.

16 Le non-jugement et la clémence vis-à-vis des autres

Un livre que je vous recommande également est intitulé Les sept lois spirituelles du succès de Deepak Chopra. Dans ce livre, l’auteur explique l’importance du non-jugement, c’est-à-dire ne pas coller des étiquettes et des valeurs sur les gens.

En adoptant cette pratique, bien que je n’y arrive pas toujours, j’ai pu remarquer que le fait de ne juger ni les gens, ni les situations, diminuait la pression que je ressentais vis-à-vis de moi-même. Probablement cela sera-t-il le cas également pour vous. Si vous avez un mode de pensée tolérant, et que vous chercher à comprendre les autres, vous pouvez imaginer qu’autrui sera aussi tolérant et clément à votre encontre.

Bien sûr, ce n’est pas parce que vous adopterez le non-jugement que tout le monde arrêtera de vous juger. Cela change simplement votre façon de penser et diminue les exigences extrêmes que vous pouvez avoir vis-à-vis de vous-même. Si vous voyez quelqu’un qui vous semble froid ou peu sympathique, vous pouvez essayer de vous dire que vous avez peut-être affaire à quelqu’un qui a vécu beaucoup de choses négatives.

Avec le temps, étendez ce non-jugement à vous-même. Cela demande de la pratique car le fait de juger et d’évaluer les choses et les personnes est un réflexe chez l’être humain (je pense). Par contre, si vous adoptez le réflexe de stopper vos jugements à votre égard dès qu’ils surviennent, vous aurez beaucoup moins peur des réactions de la société.

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