Bien des personnes, si pas une majorité, se laissent embarquer dans la folie des réseaux sociaux alors que cela n’était pas leur but au départ. Par exemple, on voit des tas et des tas d’auteurs qui finissent par passer des heures sur Instagram ou sur Facebook dans l’espoir de se faire remarquer. Souvent, l’auteur en question va perdre des heures par semaine voire par jour à poster du contenu parfois complètement inutile, plutôt que de passer son temps à peaufiner ses textes pour les rendre excellents.
Pourtant, il existe des succès discrets – des personnes qui vendent beaucoup sans se faire remarquer. Ce n’est pas parce que vous récoltez des milliers de likes, de commentaires ou d’abonnés, que vous aurez forcément de bons revenus.
Pour être honnête avec vous, j’ai une aversion des réseaux sociaux qui me suit depuis que j’ai quinze ans. Il y a une dynamique chez eux que je ne supporte pas spécialement. Cette compétition et cette comparaison permanente, le fait de rendre les gens excessivement jaloux les uns des autres, la façon dont les algorithmes poussent les utilisateurs à poster même les plus petits détails de leur vie privée dans l’espoir d’un like ou d’un abonné…
Quand je me suis lancée dans l’aventure du business en ligne, j’ai pu constater à quel point les réseaux sociaux constituaient pour moi un frein. Je pense qu’ils peuvent peut-être faire partie intégrante d’un business si vous aimez attirer l’attention, montrer votre tête, vous filmer, interagir toute la journée via des likes et des commentaires réciproques,… Cependant, si vous utilisez les réseaux sociaux à contre-coeur parce que vous pensez cela indispensable au développement de tout business, cela se ressent forcément auprès du public et surtout cela devient une source de distraction et de stress pour vous.
Créer des doublons
Une des stratégies liées aux réseaux sociaux est de créer un contenu et de le distiller à petites doses sur plein de réseaux sociaux différents. Personnellement, cette approche ne me convient pas du tout. Si j’écris un article, j’ai envie qu’il soit bon, et ensuite de passer au suivant. Je n’ai pas envie de passer mon temps à filmer des reels ou des shorts avec quelques phrases de ce texte pour attirer davantage de monde sur mon blog.
Peut-être cette approche fonctionne-t-elle, mais pour moi, cela s’apparente à de la pollution digitale. Plutôt que de publier moins souvent mais de bonne qualité, en ayant effectué un réel travail intellectuel ou une réelle recherche, on va multiplier les stimuli pour autrui. De nos jours, personne n’a besoin de subir encore plus de publicité ou de recevoir encore plus de notifications.
Dans un de ses articles1, une autrice de blog explique qu’elle ne supporte plus de faire perdre du temps aux autres avec un « remplissage qui ne leur apporte rien ».
Qu’en pensez-vous? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour exprimer votre avis.
L’impact des réseaux sociaux
Quand on n’aime pas réellement les utiliser, les réseaux sociaux peuvent avoir un certain nombre d’impacts sur nous, qui ne sont pas toujours forcément positifs.
Quelques exemples :
- la santé mentale peut décliner (stress, anxiété de performance, se sentir obligé de se montrer, baisse de l’estime de soi);
- un découragement « à tort » – ce n’est pas parce qu’on n’obtient pas de likes ou de commentaires sur les réseaux sociaux les plus connus que notre travail d’a pas de valeur. Au contraire, je remarque souvent des contenus moyens voire médiocres récolter des milliers ou des millions de likes, alors qu’une petite vidéo perdue avec une grande valeur ajoutée ne sera pas remarquée directement.
- une perte de temps qui vous empêche de travailler sur votre but profond;
- une source de distraction qui vous interrompt constamment quand vous êtes en train de créer votre contenu (notifications intempestives, emails qui sont à la limite du spam pour vous annoncer que vous devriez ajouter Monsieur Lambda Quevousneconnaissezpas comme ami ou suivre sa page, messages qui sont bien souvent encore des publicités détournées);
- parfois même une espèce de désespoir d’avoir investi tellement de temps dans une chaîne alors que ça ne vous rapporte aucune vente;
- si vous vous investissez trop dans les réseaux sociaux, cela rend provoque une dépendance aux algorithmes, et vous pouvez perdre beaucoup de chiffre d’affaire si ceux-ci changent;
- une impression de devoir faire l’hypocrite qui est assez désagréable. Je me souviens encore quand j’essayais de percer dans mon business de crochet sur Instagram. Toutes les crocheteuses s’étaient mises à se filmer en train de danser avec leurs pelotes et leurs créations – je n’étais pas du tout capable de faire cela;
- les réseaux sociaux encouragent l’ego et la vanité plus qu’ils ne vous poussent à approfondir et améliorer vos contenus et services. Si vous vous y perdez pendant quelques années et vous réveillez un jour, vous vous rendez compte d’un certain gâchis : vous auriez mieux faire d’augmenter votre valeur ajoutée que de poster des photos et des reels chaque jour;
- les réseaux sociaux récompensent les posts provoquant une forte réaction plutôt que ceux qui sont de qualité2.
Enfin, vous avez compris, je n’aime pas les réseaux sociaux, je pourrais vous dresser une liste d’inconvénients encore bien plus longue même s’il y a évidemment des avantages.
Les alternatives aux réseaux sociaux pour se faire connaître
Il n’est jamais obligatoire de souffrir sur les réseaux sociaux si cela n’est pas votre truc. Vous pouvez très bien vous faire connaître et développer vos affaires sans passer trois heures par jour sur Instagram, ou faire des reels sur TikTok.
Voici quelques exemples de sources de vues :
- moteurs de recherche (SEO) : j’ai déjà eu plusieurs sites Internet, et les moteurs de recherche en étaient généralement la principale source de vues. Par le passé, j’ai déjà fait l’expérience de poster plein de photos sur Instagram ou Facebook, mais, malgré le temps dédié et les efforts consacrés aux prises de photo, je n’en récoltais que très peu de vues.
- bouche à oreille : pour que ceci fonctionne, il faudra fournir un réel service et vous axer sur la qualité plutôt que la quantité. Un lecteur ou client satisfait et convaincu vous fera une meilleure publicité que la radio. En médecine générale (si vous ne me connaissez pas encore: je suis médecin généraliste en Belgique), on n’a pas vraiment besoin d’avoir davantage de patients vu la pénurie catastrophique qu’on a. Cependant, j’ai remarqué qu’un patient satisfait me ramenait plein d’autres patients, à un tel point que la patientèle explose d’une certaine manière.
- mailing list : il s’agit de récupérer des adresses email (chose à toujours faire de toute façon quand vous avez un business) afin de garder toujours un contact avec vos lecteurs ou clients. Cela vous permet de les informer de nouveaux articles, produits ou livres, et de leur communiquer des informations importantes. Comme Kate Kordsmeier3, vous pouvez vous arranger pour que vos articles et autres contenus mènent à « rejoindre la communauté email ».
- catalogue : avoir publié d’autres articles ou d’autres livres, ou proposer déjà d’autres produits à la vente va attirer du monde et vos nouvelles publications ou nouveaux produits se remarqueront plus facilement par une espèce d’effet cumulatif. Il est donc important de ne pas abandonner quand vos tentatives ne marchent pas dès le début. Peut-être votre premier produit fera-t-il peu de ventes, mais augmentera déjà les ventes du second, etc.
Vendre en silence
Il y a des auteurs, chanteurs, compositeurs, musiciens, artistes, etc. qui sont extrêmement réputés et qui sont pourtant extrêmement discrets dans les médias, ne parlons même pas d’avoir un réseau social propre. Par exemple, dans son livre Deep Work, Cal Newport explique que lui n’utilise pas vraiment les réseaux sociaux, et cela ne l’a pas empêché d’écrire un best-seller.
La visibilité est différente de la rentabilité. Certaines des personnes les plus riches de cette planète ne sont même pas connues du grand public. D’autres, en revanche, apparaissent presque tous les jours à la télévision, et ne sont pas riches du tout.
Par exemple, une minimaliste très connue, Francine Jay (missminimalist.com) a vendu plus de 300 000 livres sans même avoir de chaîne YouTube ou de podcast.
Êtes-vous meilleur que les autres?
Ces personnes dont je viens de parler au point précédent ont pratiquement toutes certaines choses en commun :
- Elles se donnent à fond dans leur activité. C’est l’écrivain qui écrit avec ses tripes, qui respire ses textes, qui réfléchit à chaque détail de ses intrigues (pour la fiction) ou vous ficelle un argumentaire de malade avec tonnes de sources à l’appui (pour la non-fiction). C’est le compositeur qui construit des mélodies élaborées vous donnant la chair de poule. C’est l’humoriste qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas et vous fait rire tellement ce qu’il dit est criant de vérité.
- Elles sont excellentes ou meilleures que les autres dans ce qu’elles font.
À ce point de vue, on comprend facilement à quel point s’immerger dans les réseaux sociaux peut être futile, distrayant voire carrément sabotant. Imaginez un sportif olympique passer quatre heures par jour à essayer d’avoir des likes sur Instagram au lieu de faire ses entraînements. Cela n’aurait aucun sens : ce sont ses compétences qui l’on fait connaître.
Par ailleurs, si les réseaux sociaux vous empêchent de devenir excellent ou de vous donner à fond dans ce que vous faites, ils seront un frein et non une aide.
Comment vos clients (potentiels) vous trouvent-ils?
Vous n’êtes pas obligé d’être sur les réseaux sociaux. La plupart des entrepreneurs se posent probablement cette question à un moment ou l’autre de leur activité : « Est-ce que je dois être sur les réseaux sociaux? ».
Mais est-ce la bonne question à se poser? Si vous êtes médecin, les gens qui vous trouveront le feront par le bouche-à-oreille, et en fonction de votre localisation. Si vous êtes écrivain, les gens vont vous trouver en tapant le sujet recherché dans un moteur de recherche (fiction ou non-fiction). Si vous êtes make-up artist, les gens vont sûrement vouloir voir vos créations avec des photos et de vidéos.
Pour certains types de business, les réseaux sociaux ne feront que peu de différence. À vous de voir comment les gens vous trouvent et à vous adapter en fonction de cela.
Résoudre (efficacement) un (vrai) problème
Comme on le lit souvent dans les livres de réussite financière, l’une des notions charnières est celle de la résolution de problèmes. Les gens (et donc les clients potentiels) ont des tas de problèmes à résoudre. Il peut s’agir d’un problème physique (ex. vouloir réparer sa voiture en panne) ou abstrait (ex. vouloir apprendre à lire) ou encore de santé (ex. vouloir contrôler ses crises d’anxiété).
En principe, les gens vont chercher une solution. Si vous offrez une réelle solution efficace à un problème donné, on devrait vous trouver sans problème et même vous suivre. Une fois trouvé, on vous recommandera à droite et à gauche car vous aurez su aider quelqu’un à se sortir de l’embarras.
Si votre contenu ou votre business tourne autour de votre personne mais n’apporte rien de valable ni d’utile aux autres, vous devrez effectivement constamment vous mettre en avant. Par contre, si vous apportez un contenu (ou un produit) intéressant, utile, recherché, convivial et permettant de résoudre un vrai problème, il y a des chances que les gens finissent par vous trouver tout seuls.
L’inventeur de la machine à laver automatique n’a eu aucun mal à se faire connaître, contrairement à l’inventeur de la housse imprimée de grille-pain qui… est-il d’ailleurs connu?
Personnellement, et c’est juste mon point de vue, je n’ai pas envie de créer un contenu qui ne sert pas à grand chose ou pour lequel je dois constamment « rappeler » aux gens de venir le voir. Si vous devez tout le temps faire des efforts de promotion pour que les gens viennent vous voir, c’est que vous ne proposez pas quelque chose de vraiment utile ou prisé (à moins d’être en tout début de votre aventure bien sûr.
Ne pas mettre la charrue avant les boeufs
Malheureusement, les réseaux sociaux peuvent être une vraie source de distraction et une grande perte de temps. Le problème, c’est que quand on lance un business, au tout début, on a un tas de clichés en tête. Parmi ces clichés, c’est qu’il faut avoir un site Internet avec plein de petites icônes de réseaux sociaux pour que les gens puissent vous suivre.
La vérité, c’est que les réseaux sociaux peuvent aider à amplifier un succès, mais pour cela, il faut déjà avoir une offre. Par exemple, admettons que vous lanciez un blog, la première année en tout cas, il faudrait plutôt mettre le paquet sur la création de contenu et la rédaction d’articles de qualité, résolvant vraiment un problème. Il ne sert à rien d’aller semer des graines partout sur le net et d’y passer trois ou quatre heures par jour, si le site que les gens vont visiter (suite à ces « graines ») est quasiment vide ou de mauvaise qualité.
Un public « organique »
Faire plein de bruit tout le temps en postant plusieurs fois par jour sur les réseaux sociaux, c’est un peu comme faire du forcing. Vous allez attirer des gens un peu, en faisant énormément d’efforts. L’inconvénient de cette technique, c’est qu’elle ne vous apporte pas une audience très engagée.
Au contraire, si vous produisez de la qualité et que les gens se retrouvent chez vous suite à une recherche sur un moteur de recherche, ou à une recommandation d’un ami, ils auront beaucoup plus tendance non seulement à revenir mais aussi à vous être loyaux.
Ce que je n’aime pas trop, sur les réseaux sociaux, c’est qu’il faut constamment pédaler pour rester visible. C’est ce que souligne également l’entrepreneuse Wendy Marie dans son article4 qui explique pourquoi elle développe désormais son business sans recourir aux réseaux sociaux. En effet, si vous ne postez pas quotidiennement sur les réseaux sociaux, vous devenez carrément invisible. Au contraire, si vous vous reposez davantage sur un trafic organique et le SEO, votre trafic augmentera constamment malgré parfois des pauses dans votre activité.
Du contenu ou un produit « evergreen »
Le but, avec cette stratégie, c’est d’offrir des choses qui ne périment pas ou ne passent pas de mode. Par exemple, sur ce blog, j’ai choisi de parler de bien-être psychologique, d’indépendance financière et de simplicité. Ce sont des sujets qui ont encore de beaux jours devant eux, et qui peuvent intéresser à peu près tout le monde à un moment ou à un autre.
Une certaine exclusivité
Certaines marques chic n’ont aucune présence sur les réseaux sociaux.5 6D’ailleurs, elles n’en ont pas besoin, puisque le bouche-à-oreille et leur réputation font tout le travail. Au contraire, le fait d’être silencieux sur les plateformes grand public confère un sentiment d’exclusivité.
La bonne place pour votre contenu
Comme le souligne l’entrepreneuse Wendy Marie, quand le contenu est éducatif, il n’a pas forcément sa place sur les réseaux sociaux7. Je suis assez d’accord avec elle. C’est difficile de faire passer la subtilité d’un article de non-fiction ou la beauté d’un roman sur un post Instagram ou Facebook. Peut-être que vous avez un message à transmettre, qui est impossible à caser dans un reel sur TikTok.
Lectures recommandées
NEWPORT Cal, Digital Minimalism
SLOWPRENEURS.COM, Slowpreneuriat : Comment déployer son entreprise sans les réseaux sociaux, 25 juillet 2022, https://slowpreneurs.com/slowpreneuriat-comment-deployer-son-entreprise-sans-les-reseaux-sociaux/
THE BOOST, Comment réussir sans se montrer ? Emma de Ambitions Féminines vous donne les 7 clés du succès, 3 octobre 2022, https://www.thebboost.fr/reussir-sans-se-montrer/
ACHLEITHNER Sarah (Nutrium), 9 astuces pour développer votre clientèle sans utiliser les réseaux sociaux, 6 juillet 2022, https://nutrium.com/blog/fr/9-astuces-pour-developper-votre-clientele-sans-utiliser-les-reseaux-sociaux/
Sources
- Le Cul de Poule, Réussir sans réseaux sociaux, mission impossible ?, 27 décembre 2021, https://leculdepoule.co/2021/12/27/reussir-sans-reseaux-sociaux-mission-impossible/ ↩︎
- Wendy Marie, Je construis mon business sans réseaux sociaux (ou presque), 7 mai 2025, https://wendymarie.fr/business-sans-reseaux-sociaux/ ↩︎
- KUTCHER Jenna, “I Quit Social Media And My Business Grew 165%: Here’s How”, 29 septembre 2025, https://jennakutcherblog.com/quit-social-media-business-growth/ ↩︎
- Idem 2 (Wendy Marie) ↩︎
- Medium, Why Some Companies Succeed without Social Media, 27 mars 2025, https://medium.com/the-zeitgeist-culture-politics-and-big-ideas/why-some-companies-succeed-without-social-media-b976d645ce4a ↩︎
- MOO, Unplugged: three brands who went offline, 22 avril 2024, https://www.moo.com/blog/uk/branding/three-brands-who-went-offline ↩︎
- Idem 2 (Wendy Marie). ↩︎

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