Le minimalisme est une pratique visant à se contenter de ce qui est réellement nécessaire dans la vie. On pourrait le synthétiser de cette manière. Avez-vous déjà pensé à l’appliquer à vos relations? Cela ne veut pas dire que vous deviez « désencombrer » votre réseau social, loin de là. Cependant, aussi bien pour les choses, que pour les pensées, que pour les informations, vous pouvez rendre vos relations plus intentionnelles et qualitatives.
Les deux premières astuces seront donc de se rendre compte de ce dont on a besoin ou pas dans les interactions avec les autres.
De quoi a-t-on besoin dans ses relations ?
Tout dépend du type de relation que vous entretenez avec une personne donnée : familiale, sentimentale, amicale, professionnelle,…
Cependant, on peut s’accorder à dire que l’on a globalement besoin de :
- tolérance : être accepté tel qu’on est (pas qu’on essaie de nous changer constamment), pouvoir s’exprimer (pas la tyrannie émotionnelle);
- respect : pas d’insultes, d’humiliations, de dénigrement;
- communication pacifique : pas de culpabilisation permanente;
- écoute;
- réciprocité;
- sécurité : pas de menaces constantes (« Je vais te quitter. ») ni de coups;
- loyauté : pas de trahison, de mensonge, de tromperie;
- attention : pas de l’indifférence.
Entretenir ses relations existantes
À quoi bon avoir des dizaines de relations superficielles et insatisfaisantes, voire hypocrites, avec des gens que vous ne connaissez pas vraiment, ou que vous n’appréciez pas?
Le minimalisme est la tendance à n’avoir que ce dont on a besoin, et à prendre soin de ce que l’on a déjà. C’est la même chose pour les relations. On a tous tendance à exprimer notre frustration et notre colère sur les êtres qui nous sont le plus proches. N’avez-vous jamais remarqué que vous êtes parfois plus sec avec votre partenaire, vos amis ou vos enfants, que vous n’oseriez jamais l’être avec vos collègues ou une simple connaissance?
Imaginez-vous la situation suivante. Souvenez-vous d’un moment où vous avez été un peu brusque (ne serait-ce que verbalement ou non-verbalement) avec une personne que vous aimez (partenaire, enfant, famille). Maintenant, imaginez le même comportement et les mêmes paroles vis-à-vis d’un collègue ou de quelqu’un qui ne vous est pas forcément proche.
Cela vous choque probablement. Ensuite, retournez à la situation où vous avez mal parlé ou vous êtes mal comporté avec un proche que vous aimez. Ne trouvez-vous pas cela dommage?
C’est justement de cela que je parle. L’énergie devrait être investie dans un comportement aimant et agréable avec autrui et encore plus avec les gens que vous aimez vraiment. Il faudrait prendre le temps de parler avec son partenaire et de jouer avec ses enfants.
Trier ses relations sur le volet
Il ne s’agit pas ici de se « désencombrer », mais plutôt de remettre les pendules à l’heure. Vous pouvez, par exemple, utiliser le système de Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus dans leur livre Minimalisme.
Ils expliquent que l’on peut trier ses relations en les plaçant dans trois groupes (je résume très fort, je ne me souviens plus des termes exacts) :
- les relations intimes/très proches (partenaire, famille, vrais amis) : dans lesquelles on devrait s’investir le plus;
- les relations intermédiaires : elles sont à mis chemin, on s’y investit, mais pas totalement => une connaissance, un collègue de bureau;
- les relations périphériques/secondaires : dans lesquelles on devrait chercher à s’investir un minimum => une personne à qui l’on dit bonjour de temps en temps.
Dans le livre, les auteurs expliquent qu’on investit parfois beaucoup trop de temps et d’énergie dans des relations périphériques, et pas assez dans certaines relations très proches. Le but serait alors de savoir dans quel cercle vous placez chaque relation.
Par exemple, vous pourriez vous rendre compte que vous passez deux heures par jour à discuter avec quelqu’un qui n’est pas réellement là pour vous. Vous investissez dans cette personne comme si elle était très proche de vous, alors qu’elle ne vous dépanne jamais quand vous êtes dans le pétrin, ou alors que vous ne l’appréciez pas réellement. Et peut-être ne passez-vous que vingt minutes à parler avec votre conjoint le soir.
Une fois que vous avez remis chacun « à sa place », vous pouvez développer une certaine intentionnalité dans vos relations en redistribuant votre temps, votre attention et votre énergie à ceux qui le « méritent » vraiment.
Dire au revoir aux relations néfastes
Il y a cependant des relations dont personne n’a besoin. Par exemple, les relations abusives (psychologiquement, physiquement, sexuellement). Ou encore les relations parasitaires (quelqu’un qui prend constamment de vous, mais ne vous donne jamais rien en retour). Il y a encore les relations qui font mal même s’il n’y a pas d’abus en tant tel. On peut penser, par exemple, aux partenaires évitants qui seront distants et jamais vraiment à vous. Ou bien une « amie » que vous aimez vraiment bien mais qui s’en fiche pas mal de vous.
En médecine, à l’université, on nous a appris à ne jamais conseiller aux patients de couper les ponts avec quelqu’un. La prof de psychiatrie nous disait toujours : « Dites plutôt au patient de voir ce qui est le mieux pour sa santé, et de faire le choix lui-même. » Cela revient souvent au même, de toute façon, car les types de relations susmentionnées ont presque systématiquement un mauvais impact sur la santé, ne serait-ce que mentale.
Peu importe à quel point vous êtes attaché(e) à lui ou à elle en ce moment, et la peur d’être seul, vous n’avez pas vraiment besoin de cette personne qui vous fait constamment du mal. Vous n’avez pas non plus besoin de ceux qui s’en fichent de vous.
En plus de cela, n’oubliez pas qu’il faut faire de la place pour les bonnes choses. Si, actuellement, vous vous dévouez à quelqu’un qui vous fait du mal, cela vous empêche d’être avec quelqu’un qui vous fait du bien.
Communiquer moins mais mieux
Si vous êtes en couple depuis longtemps, ou avez un ami depuis l’enfance, vous aurez sûrement remarqué que vous finissez par vous envoyer plein de messages qui sont finalement assez dilués. Vous vous connaissez déjà bien, il n’y a pas de nouvelles choses à se dire du matin au soir, comme cela pouvait être le cas en tout début de relation.
Pourquoi ne pas, dans ce cas, réduire la quantité d’échanges, pour se réserver un moment privilégié chaque jour, où l’on prend vraiment le temps de se parler, de se raconter sa journée, d’apprécier la présence de l’autre?
La meilleure communication passe également par une communication simple : s’exprimer de manière directe, sans détours ni sous-entendus, dire ce que l’on veut ou ce que l’on pense sans passer par quatre chemins, dire ce que l’on ressent sans mentir ni attendre que l’autre personne le devine.
Pour ce qui concerne les réseaux sociaux, pourquoi ne pas limiter les moments de discussion à une heure précise le soir? De cette manière, vous prenez le temps de répondre à chacun, tout en ne perdant pas tout votre temps en discussions stériles ou diluées.
Laisser tomber les conflits inutiles
Tout comme vous avez pu désencombrer votre vie des objets inutiles, des produits néfastes, des notifications distrayantes, etc., vous pouvez désencombrer chaque relation du superflu et du négatif. Si vous avez conservé cette relation car vous l’estimez bonne pour vous, alors il vaut la peine de travailler à supprimer les aspects inutiles et dérangeants.
Voici quelques exemples de choses que vous pouvez supprimer dans une relation, et pour le meilleur :
- les reproches;
- les critiques;
- les mensonges;
- les suspicions en tout genre;
- les attaques;
- les remarques désagréables;
- les jugements;
- le besoin de contrôle;
- la rancune.
Cela passe aussi par le fait de lâcher prise et de ne pas chercher à avoir raison à tout prix. Combien de disputes impressionnantes ne prennent pas leur source dans une broutille au sujet de laquelle on ne s’accorde pas? On n’est pas obligé d’avoir toujours le même avis sur tout.
Un autre point qui pollue les relations, ce sont les interprétations excessives. Par exemple, votre partenaire vous dit une chose, et vous imaginez une autre intention ou une autre signification, généralement hostile ou négative.
Ne t’accroche pas à celui qui ne s’accroche pas à toi
“ Celui que tu aimes, laisse-le libre. S’il te revient, alors il t’appartient. S’il ne te revient pas, il ne t’a jamais appartenu. ” – Anonyme
Même si vous avez peur de l’abandon, ou souffrez de forte dépendance affective, sachez que vous ne pouvez perdre quelqu’un qui choisit de rester auprès de vous. De la même manière, peu importe vos efforts, vous ne pourrez provoquer l’amour de quelqu’un qui ne vous aime pas, pas plus que vous ne pourrez forcer quelqu’un à rester près de vous s’il ou elle ne le souhaite pas.
La leçon est donc de parvenir à laisser les gens libres, et à laisser la relation évoluer naturellement. Bien sûr, vous pouvez vous investir, l’enrichir, faire de votre mieux, essayer d’être une bonne personne. Mais les sentiments ou le comportement de l’autre personne sont des choses qui vous échappent.
Par ailleurs, il est bien plus valorisant pour vous d’être entouré(e) de gens que vous n’avez pas cherché à contrôler, car vous savez qu’ils sont réellement là de leur propre gré.
Le laisser aller dont on parle dans cet article est lié à l’acceptation de ne pas plaire à tout le monde. Le fait de vouloir être aimé par tous et toutes est une grande source de fatigue, de stress, de frustration, etc.
Simplifier vos attentes
Réduire et simplifier, dans les relations, c’est également cesser de trop en attendre des autres. Vous pouvez également vous adapter en fonction de ce que la personne vous donne ou pas. Si vous avez besoin d’être en contact avec des personnes sensibles, attentives, généreuses, à quoi bon continuer à attendre cela d’une personne froide et distante? À quoi bon entrer en discussion voire en dispute avec quelqu’un qui ne peut pas vous donner ce dont vous avez besoin?
Par ailleurs, cela fait parfois du bien de ne pas en attendre trop de soi-même. Si vous savez que vous ne pouvez pas offrir la perfection, ou que vous ne pouvez pas résoudre certains problèmes, vous serez beaucoup plus détendu(e) dans vos relations.
Donner moins parfois
Problème récurrent, surtout chez les dépendants affectif, ce sont les personnes qui donnent continuellement tout ce qu’elles ont, jusqu’à s’épuiser financièrement, physiquement et mentalement, pour au final ne presque rien recevoir.
Le minimalisme dans les relations, c’est également savoir s’économiser soi-même pour ne pas se perdre dans des interactions qui n’apportent rien du tout.
Savoir dire non et le faire régulièrement va vous empêcher de gaspiller votre énergie et votre temps dans des relations qui ne les méritent peut-être pas.
Savoir mettre des limites (dès le début d’une relation, de préférence) vous évitera bien des tracas par la suite. Cela est notamment très utile pour éviter le développement de relations toxiques et abusives. Les manipulateurs et autres personnes malveillantes ont tendance à être plutôt attirés par les personnes qui n’ont pas de « barrières ».
Limiter les interactions à l’essentiel
Le minimalisme relationnel, cela peut être également limiter le nombre de messages envoyés sur un canal de communication (ex. groupe d’amis sur messagerie instantanée, messages aux collègues) pour rester focalisé sur l’essentiel.
Cela peut aussi être limiter le nombre de paroles échangées avec les gens qui vous font vous sentir mal. Par exemple, au travail, si vous n’avez pas vraiment besoin de parler à ce ou cette collègue qui vous met à chaque fois les nerfs en boule, vous pouvez vous arranger pour lui parler le moins possible, afin d’économiser votre énergie et de vous sentir moins souvent énervé(e).
Ou bien encore garder le silence à certains moments. Par exemple, quand vous êtes énervé(e) ou que votre partenaire l’est, se taire peut éviter une grosse dispute qui va dégénérer.
La spontanéité et la sincérité
Jouer le rôle de quelqu’un que l’on n’est pas. Mentir. Faire des photos avec des filtres de beauté. Feindre des sentiments que l’on n’a pas, ou au contraire, cacher des sentiments que l’on a.
À quoi bon, finalement? Les meilleures relations sont celles où l’on peut être soi-même. Par ailleurs, il est fatigant de faire toujours semblant. On peut tout simplement se débarrasser de cette fausseté et de ces mensonges. Cela nous permet d’être nous-même, et rend nos relations plus agréables!

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