Un des effets les plus important du minimalisme (ou « frugalité », ou « simplicité volontaire »), soit cette tendance à ne consommer que ce dont on a réellement besoin, est qu’il vous libère des diktats sociaux et commerciaux qui vous ont été inculqués pratiquement depuis la naissance.
En réalité, bon nombre de ces occasions vous font ressentir une sorte d’obligation à consommer. Celle-ci est généralement véhiculée par la pression sociale : vous ne voulez pas avoir l’air d’un marginal, ou que vos enfants soient exclus de leur groupe d’amis, ou que votre partenaire soit choqué de ne pas recevoir de cadeau à telle ou telle occasion.
Quand se sent-on obligé de consommer ?
Voyons un peu toutes les occasions auxquelles les gens se sentent obligés de dégainer le portefeuille, et les raisons à cela.
- Anniversaire
- Anniversaire de mariage : un peu comme la Saint-Valentin, si tu m’aimes encore, tu vas m’inviter au restaurant et m’acheter un cadeau, n’est-ce pas?
- Baby Shower : célébrer l’arrivée d’un enfant en faisant une grosse fête;
- Carnaval : achat de costumes pour les enfants
- Fête de l’école : il faut acheter le plus possible pour soutenir l’école (je trouve ce but assez louable et n’ai rien contre mais je le mets quand même dans la liste car c’est aussi une occasion où l’on se sent obligé de consommer);
- Fête des Mères
- Fête des Pères
- Halloween : quand j’étais petite, Halloween se fêtait aux États-Unis, et nous ne voyions cela qu’à la télévision. Désormais, juste avant les frais élevés de la Saint-Nicolas et de Noël, il faut encore se fournir des déguisements et acheter de bonbons.
- Mariage : on ne peut pas se marier « pas cher ». Cela n’existe pas. (Je suis ironique, bien sûr.) Je connais des gens qui se sont endettés à hauteur de 10 000 à 20 000€ simplement pour faire une fête de mariage qui en jette – et je pense que certains dépensent encore plus que cela. Finalement, pourquoi est-on obligé de s’endetter simplement pour épouser quelqu’un? C’est un peu comme transformer une occasion de bonheur en source de cauchemars.
- Nouvel An : il faut sortir, boire de l’alcool et dépenser un maximum à l’extérieur pour ne pas être un loser
- Pâques
- Pendaison de crémaillère : après s’être endetté pour se marier, on emménage dans son nouveau chez soi, et il faut organiser une grande fête pour marquer le coup.
- Saint-Nicolas : le plus possible de cadeaux et de sucreries pour les enfants;
- Noël : il faut les cadeaux, le sapin, les décorations, la nourriture spéciale, etc.
- Saint-Valentin : on est censé sortir manger au restaurant, et s’offrir mutuellement un cadeau pour « prouver » qu’on est toujours amoureux. Cela résulte en une opération qui coûte un pont, et qui représente plus une source de stress qu’autre chose. Tout se passe un peu comme si l’absence de soirée passée dehors ou de cadeau voulait dire que vous n’aimiez pas votre partenaire. Cet argent ne serait-il pas mieux dépensé à un autre moment, pour un voyage ou quelque chose de réellement significatif qui vous donne de bons souvenirs ensemble?
Ici, ce sont les plus évidents, mais on continue à inventer des tonnes d’occasions d’acheter, parfois importées.
Pourquoi se sent-on obligé de consommer à ces occasions ?
Bien souvent, le sentiment d’être obligé de dépenser vient d’une certaine peur :
- d’avoir l’air radin(e) ou, pire encore, pauvre;
- d’être exclu;
- de rater une bonne occasion (« Si je ne l’achète pas maintenant, je ne le trouverai peut-être plus, ou plus à ce prix. »);
- d’être jugé;
- de manquer (ex. faire des stocks de nourriture, d’objets divers en plusieurs exemplaires);
- de faire la peine à sa famille (ex. enfant qui recevrait moins de cadeaux, partenaire qui serait moins choyé matériellement, etc.).
Parfois, c’est lié à une certaine croyance :
- « Si on arrête de consommer à outrance, l’économie du pays s’effondrera. » => Même si vous consommez comme un fou, vous ne consommerez jamais comme certains des plus riches de ce monde. Ce n’est pas parce que vous n’aurez plus la télévision ou plus de voiture que l’économie du pays va s’effondrer. ;
- « Si les enfants n’ont pas plein de jouets et d’objets, ils seront malheureux. » => Moins les enfants ont de jouets et de temps d’écran, plus ils deviennent créatifs! ;
- « Si je n’achète pas de cadeaux à mon partenaire, il va croire que je ne l’aime pas. » => Votre partenaire, s’il vous aime pour vous, veut probablement votre attention, votre temps et votre affection, choses qui ne coûtent 0€.
- « Si je ne consomme pas, tout le monde va croire que je suis pauvre. » => C’est faux, à l’heure actuelle, tout le monde sait qu’un gars habillé comme un clochard peut être millionnaire… En plus de cela, comme le souligne Morgan Housel dans son livre La psychologie de l’argent, même si vous vous endettez jusqu’au cou pour avoir ce magnifique SUV de marque de luxe, et la grosse maison, les gens ne vous en admireront pas plus pour autant, ils auront juste envie d’avoir la même chose pour eux. Moralité de l’histoire : tout le monde s’en fiche que vous ayez l’air riche ou pauvre, puisque les gens se tracassent principalement d’eux-même. Alors pourquoi ne pas en profiter pour vous libérer de cette pression inutile?
Ces listes ne sont pas exhaustives, vous pouvez les compléter en commentaire!
Le minimalisme aide à se libérer de cette prison de la consommation
D’une certaine manière, le fait d’adopter un mode de vie simple, frugal et minimaliste, vous remet en contact avec la nature et la vraie valeur des choses.
Par ailleurs, vous vous rendez progressivement compte de votre impact sur la planète, et ce que pensent les autres commence à vous paraître secondaire. Par exemple, quand on se rend compte que manger au fast-food une ou plusieurs fois par semaine provoque la création d’énormément de déchets, on n’a plus tellement envie d’y aller. On finit par se dire : « Ok, c’est cool de montrer son statut social en allant manger dehors, mais à quoi cela sert-il si cela nous vide les poches, bousille notre santé, augmente la pollution, etc.? »
En parlant d’effets sur la santé, une fois qu’on est embarqué dans le train de la simplicité, on veut moins mais mieux. C’est comme cela que j’ai découvert que, malgré que je sois déjà simple depuis mon plus jeune âge, il y avait encore pas mal de produits chimiques dans ma vie.
Par exemple, le maquillage. Je n’avais pas conscience qu’il était si toxique et si pollué, car je me disais qu’avec les normes européennes, on était protégé. Rien de plus faux. C’est vrai que le maquillage bio que j’utilise maintenant ne tient pas longtemps sur la peau, que le fond de teint n’a pas beaucoup de couvrance, que l’eyeliner coule facilement… Mais au moins, je sais qu’il n’a pas été testé sur les animaux, qu’il ne contient pas d’ingrédients cancérigènes, etc. Par le passé, le résultat était plus important (bonne couvrance, eyeliner qui tient 24h sur la peau et plus, etc.) car je me tracassais trop de ce qu’allaient penser les gens. Maintenant, je suis plus naturelle mais je me sens beaucoup plus calme et posée, et mon estime de soi a remonté.
Pour ma part, ayant passé temps de temps et réalisé tant d’efforts pour désencombrer et ne posséder que le nécessaire, je me suis rendu compte que j’avais assez de tout (lisez aussi mon article : 10 façons de savoir que vous avez « assez » dans la vie). Je n’ai plus du tout envie d’amener des possessions dans ma vie car, probablement, j’aurai envie de m’en débarrasser peu de temps après. Cela semble un peu cliché mais j’ai :
- un logement bien chauffé en hiver;
- de l’eau courante potable;
- accès à de la bonne nourriture;
- quelques vêtements (pas beaucoup mais cela me suffit largement);
- de quoi me déplacer;
- accès à des services publics.
Même si on me propose de m’acheter un cadeau, je ne pourrais même pas vous dire ce que je voudrais de matériel, car j’ai littéralement tout ce qu’il me faut. C’est un sentiment génial, le contentement.
Si vous tentez l’aventure (ou êtes déjà dedans), vous remarquerez vite chez vos enfants une perte de l’envie de consommer. Les miens ne me demandent même plus d’aller acheter des jouets. Quand ils en voient, cela ne leur dit pas forcément grand chose. Ils préfèrent désormais avoir moins d’objets, donc moins de cadeaux (moins souvent), mais de meilleure qualité. Par exemple, au lieu d’acheter des dizaines de babioles au magasin pas cher, qui seront cassées (et donc mises à la poubelle) après deux jours, ils vont recevoir un bon jouet à une occasion (ex. Noël) et ils joueront davantage avec.
Il faut ajouter à tout cela peut-être aussi un sentiment de trahison et une certaine colère vis-à-vis des industriels qui, pour certains, vous vendraient n’importe quoi à condition de se faire quelques euro. C’est vrai que nous sommes tout aussi coupables d’avoir fait confiance et d’acheter tout et n’importe quoi sans nous renseigner. Mais je pense que les gens qui sont faiblement éduqués n’ont peut-être pas les moyens de parvenir à ce savoir qu’ils se font arnaquer et détruire la santé au quotidien.
À la fin, quand on se rend compte de toutes ces mauvaises pratiques, comme de mettre des produits toxiques sur les aliments, dans les boissons, ou dans les produits cosmétiques, et cela en tout connaissance de cause, on finit par « disjoncter » et avoir envie de voter avec ses pieds. Acheter quelque chose de meilleur, qui fait du bien à la planète, aux animaux et aux humains, c’est dire « oui » à ce produit. Laisser tomber tous ces produits de mauvaise qualité, qui détruisent tout sur leur passage (environnement et êtres vivants), c’est dire « non » à leur production.
C’est peut-être pour tout cela que les minimalistes et frugalistes ont tendance à consommer encore moins avec le temps, et encore mieux. On se renseigne, et on se rend compte. On sort de la Matrix.
À quoi ressemble la vie quand on est libre de la consommation ?
On peut simplement vivre. Quand on marche dans la rue, on ne regarde même plus les vitrines à moins d’avoir besoin de quelque chose de particulier. On ne rentre plus dans les magasins sans but et on n’en ressort plus avec 60€ d’achats et un sentiment de culpabilité car on a encore fait n’importe quoi.
Les gens qui restent à nos côtés sont des gens comme nous ou qui nous apprécient vraiment et acceptent notre particularité, et ne nous mettent pas la pression pour dépenser comme des fous (un argent que l’on n’a parfois pas, d’ailleurs). Quand vous jetez votre argent par les fenêtres, vous trouverez autour de vous plein de monde qui fait pareil, dans le chaos, sans savoir pourquoi, sans spécialement faire attention ni à la planète, ni aux animaux, ni aux humains. Ce n’est pas difficile de s’entourer de gens qui suivent le troupeau. Arrêter de consommer comme tout le monde est comme une sorte de filtre qui va diminuer la pression sociale autour de vous de manière drastique.
On dit quotidiennement « zut » aux commerces néfastes – et on se sent bien de le faire! J’adore passer devant de mauvais produits et… ne pas les acheter! On a souvent l’impression qu’on est impuissant dans ce monde, en particulier si l’on souffre, comme beaucoup de jeunes, d’éco-anxiété. Le fait de voter avec ses pieds au quotidien soulage un peu le mental. Par ailleurs, le fait de changer ses habitudes de consommation fait que l’on va s’entourer d’achats bénéfiques pour toutes les parties impliquées (ex. aliments bio, vêtements de seconde main, etc.). Cela est magnifique pour l’estime de soi. Au lieu de vous retrouver constamment face à des achats qui vous donnent honte, vous inquiètent ou provoquent du regret, vous voyez quotidiennement des objets qui vous rappellent à quel point vous faites les choses de manière bienveillante et réfléchie.
Cet article deviendrait trop long si je devais vraiment tout détailler, mais j’ajouterai ici de meilleures relations, une plus grande sérénité et une meilleure santé financière. Vous n’êtes plus l’esclave des publicités, de vos amis qui veulent sortir boire un verre à 10€ les 200 mL, de vos enfants qui réclament des jouets hors de prix et des sorties qui vous stressent à l’avance, de votre partenaire qui veut partir en vacances alors que vous n’en avez pas les moyens.
Vous retrouvez le contact avec la réalité, avec ce qui est vraiment important. Vous vous rendez compte qu’il faut très peu pour vivre, et très peu pour être heureux. Cette liberté et cette sérénité, c’est surtout cela que vous apporte la simplicité et le minimalisme.
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