Astuce n°1 : identifier et nommer le problème
Dans ce cas-ci, il est assez facile de repérer le souci. Passons donc directement à l’astuce suivante.
Astuce n°2 : comprendre les causes de l’intolérance face aux enfants
Quand je pense à ces individus, le mot de « racisme » contre les enfants me vient automatiquement à l’esprit. Pourtant, les enfants sont simplement le petit de l’être humain, ils ne sont ni d’une race différente, ni d’une autre planète. D’où vient alors cette intolérance viscérale envers eux, de la part de certaines personnes ? Il est peut-être important de se focaliser d’abord sur les raisons pour lesquelles ces personnes sont comme cela. Cette liste ne sera pas exhaustive, bien entendu.
Il y a plein de raisons pour lesquelles quelqu’un peut ne pas aimer les enfants, et cela n’est pas personnel par rapport à vous.
L’ex-enfant maltraité qui ne supporte pas la joie des petits
Un voisin d’appartement, vieux et très jugeant, m’a un jour expliqué que mes enfants faisaient trop de bruit. Principalement, les bruits qu’ils « émettent » sont de forts rires, des discussions entre frère et sœur, ainsi que des jouets qui s’entrechoquent ou qui tombent sur le sol. Finalement, je suis allée en découdre avec lui car je ne supportais plus qu’il parle derrière mon dos avec la propriétaire, qui avait fini par m’envoyer un message on ne peut plus sec et glacial. Le vieux monsieur m’a alors expliqué que lui, « quand il était petit, son père le saisissait comme cela, par le bras, quand il n’obéissait pas ». Sur le moment, j’ai un peu eu l’impression qu’il aurait bien aimé que je fasse la même chose avec mes enfants, ce qui était bien entendu exclu. Par la suite, malgré toutes nos adaptations et le fait que les enfants ne faisaient pratiquement plus de bruit, il a fait preuve d’une mauvaise foi crasse. Il me lâche alors, alors qu’on ne fait pratiquement plus de bruit : « Oui, oui, le bruit ça vient par les murs. » Bref, j’ai fini par comprendre qu’il ne tolérait pas les enfants, tout simplement.
Un de mes proches s’est également permis de crier sur mon fils à plusieurs reprises car il ne voulait pas manger le persil que le proche en question avait posé sur son bol de soupe, alors que le petit faisait déjà l’effort de manger ses légumes, ce qui était un point positif en soi. Connaissant l’histoire familiale du proche, faite d’éducation sévère et de maltraitances, mais ne l’ayant jamais vu en présence de jeunes enfants, j’ai vite fait le lien entre les deux. Probablement répétait-il ce qu’il avait vécu, d’une certaine manière. Ce proche-là n’était pas tellement « contre » les enfants, mais il était excessivement critique envers tout ce qu’un enfant jeune ou moins jeune pouvait faire, et n’arrêtait pas de lancer critique acerbe sur critique acerbe.
Enfin, une autre proche, elle, se mettait systématiquement à crier sur les enfants de sa famille quand ceux-ci riaient, même quand le volume était modéré. Leurs rires l’irritaient à un point inimaginable. J’ai toujours du mal à comprendre cette réaction car pour moi, le rire d’un enfant est l’une des plus belles choses dans ce monde. Pourquoi s’énerverait-on devant un enfant joyeux ?
Les personnes hypersensibles au bruit
On ne choisit pas toujours son niveau de sensibilité, et il est clair que certains individus sont bien plus sensibles au bruit que la norme. Il s’agit là d’une caractéristique pouvant engendrer de l’irritation voire un fort énervement, poussant les personnes concernées dans leurs derniers retranchements si le bruit ne cesse pas, et les amenant parfois à avoir une attitude désagréable qu’elles ne parviennent pas à réprimer.
Ceux qui souffrent de forte anxiété (ou d’un autre trouble psychologique)
Toute personne anxieuse pourra vous le dire : les bruits, les mouvements brusques, les interruptions constantes de la concentration et du calme, ainsi que les demandes incessantes, peuvent faire augmenter voire exploser l’anxiété, ce qui peut culminer en crise d’anxiété qui touche l’individu de plein fouet. Là encore, si la personne souffre d’anxiété ou d’un autre trouble psychologique (ex. psychose), son seuil de tolérance peut être relativement bas, et elle pourrait manifester plus rapidement des signes d’exaspération, voire de la colère ou de l’agressivité dans les cas les plus graves.
Ceux qui sont obsédés par l’empreinte écologique
Un homme de ma connaissance m’a un jour fait part du fait qu’il désapprouvait le fait d’avoir des enfants. La discussion était partie du fait qu’il ne souhaitait pas être père, et je lui avais demandé pourquoi. Il avait alors fait une moue bizarre et m’avait dit : « Cela ne va pas te plaire. » Forcément, mes enfants étaient déjà nés. Il me dit alors : « Le problème, c’est que quand tu fais des enfants, tu exploses ton empreinte écologique. »
Je n’avais pas spécialement attendu cette remarque, même si j’ai effectivement connaissance de ce mouvement écologique dont les partisans refusent catégoriquement de se reproduire pour des motifs de pollution de la planète.
Les gens qui n’ont pas eu de modèle familial
Vous avez parfois des gens qui n’ont jamais eu l’occasion d’interagir avec des enfants. Par exemple, les enfants uniques dont les parents eux-mêmes étaient enfants uniques. Du coup, pas de tantes ni d’oncles, et pas de modèle incluant de jeunes enfants. Quand on n’est pas habitué ou qu’on ne sait pas y faire pour communiquer avec un enfant, effectivement, on y trouve moins de plaisir. La relation est moins agréable. Un jeune enfant aime qu’on lui parle de ses activités, de ses jouets, et il faut l’apprivoiser un minimum avant que le petit ne commence à rire avec nous, par exemple.
Quand on n’a pas vécu au contact d’enfants, on peut ne pas apprécier leur compagnie, ou bien ressentir un certain malaise car on se sent ridicule de devoir parler en langage enfant, par exemple.
Les gens qui n’ont pas voulu avoir d’enfants
Une autre catégorie que j’aimerais mentionner, car il me semble qu’elle prend de l’ampleur au fil des décennies, ce sont les gens qui ont fait le choix de ne pas avoir d’enfants eux-mêmes. Pour un nombre non négligeable d’entre eux, cette décision a été prise pour ne pas avoir à subir les inconvénients de la parentalité. Ces personnes sont donc d’avis que, s’ils n’ont pas eu d’enfants pour avoir la paix, alors ils ne doivent pas non plus souffrir des inconvénients des enfants des autres.
Cela se discute, bien entendu : est-ce logique, ou est-ce égoïste ? Je vous laisse en décider. Ou peut-être le mieux est-il de ne pas juger ?
Ceux qui n’aiment que leurs propres enfants
Enfin, il y aura toujours ceux qui ne s’aiment qu’eux-mêmes et donc leur propre sang. Les enfants des autres, cela ne leur dit rien, et ils ne feront aucun effort pour être agréables avec ces derniers ni contribuer à leur éducation.
Les adultes au rythme de vie trop épuisant
Certains vont rechercher à séjourner dans des hôtels interdits aux enfants, ou voyager dans un moyen de transport garanti sans petits. Pour certains, cela peut-être lié au fait qu’ils ont des vies surchargées et très stressantes, et qu’ils veulent l’assurance d’avoir des moments sans « contrariétés » (bruit imprévu et dérangeant qui détruirait les maigres vacances auxquelles ils ont droit).
Une question de culture
Il ne faut pas non plus négliger l’impact de la culture locale sur la façon dont les enfants et les familles sont perçus et traités. J’entends par exemple souvent dire que la culture occidentale est très individualiste, et je pense que c’est vrai, surtout quand on compare la vision qu’on a des enfants dans des pays plus pauvres où ils sont vus comme un cadeau du ciel. Effectivement, nous connaissons tous des couples aux revenus confortables qui refusent la parentalité pour pouvoir se permettre davantage de confort matériel et de consommation (ce qui reste un choix personnel, bien entendu).
Astuce n°3 : effectuer un travail sur soi pour ne pas trop s’écraser et vous mettre sous pression
Bien sûr, il faut respecter la loi et ne pas faire de tapage nocturne après vingt-deux heures. Mais du moment que vous n’êtes pas en situation d’illégalité, cela ne vaut pas la peine de vous retourner contre vos enfants et de leur imposer un comportement inhibé ou silencieux pas du tout adapté à leur âge.
Pour satisfaire un adulte impatient, vous traumatiseriez vos enfants. C’est à l’adulte (donc le proche qui ne supporte pas les enfants) de gérer son exaspération et sa colère. Ce n’est pas au petit de soudain devoir réprimer ses émotions et son comportement spontané.
Bien entendu, apprendre aux enfants à tenir compte des autres fait également partie de leur éducation, et vous pouvez limiter certaines nuisances quand vous trouvez cela justifié. À ce niveau, montrer que vous fournissez des efforts devrait être suffisant.
Quelques idées simples à mettre en place histoire de montrer que vous faites des efforts :
- Mettre un tapis dans la chambre des enfants pour limiter les bruits d’impact sur le sol ;
- Déplacer la zone de jeu plutôt vers le living ou le salon, pour éviter la transmission de bruits vers la chambre à coucher du voisin ;
- Vous installer dans un endroit plus écarté du restaurant où le bruit de vos enfants dérange moins ;
- Emmener les enfants faire des activités à l’extérieur ou dans des endroits avec d’autres enfants pour qu’ils puissent se défouler sans que vous ayez à vous préoccuper du bruit qu’ils font ou non.
Astuce n°4 : connaître la loi pour les cas qui vont trop loin
Loi interdisant la discrimination liée à l’âge
On entend actuellement pas mal d’histoires où des restaurateurs refusent l’entrée à des familles avec enfants, comme ce fut le cas de ce fameux restaurant en Alsace (https://www.estrepublicain.fr/insolite/2022/12/09/enfants-interdits-dans-ce-restaurant-on-refuse-ceux-qui-sont-insupportables). On a également vu l’apparition et le développement d’hôtels « adults only ». En principe, la discrimination liée à l’âge est interdite, comme le stipule la loi du 10 mai 2007 en Belgique. Ce genre de loi existe également dans d’autres pays comme au Luxembourg.
Loi concernant le tapage nocturne et diurne
Respecter la loi quand même et leur rappeler la loi : malheureusement pour eux, jusqu’à 22h, le bruit est permis. Des efforts supplémentaires en journée relèvent simplement de la courtoisie et vous n’y êtes pas obligé, du moment que le bruit que vous faites est considéré comme « normal ».
Il existe bien une loi qui interdit le tapage diurne, c’est-à-dire pendant la journée, mais il doit s’agir d’un bruit anormal qui trouve fortement le voisinage.
Juridiquement parlant, ne sont pas considérés comme bruits anormaux :
- Le rire ou les pleurs d’un enfant ;
- Le fait de marcher simplement ;
- Le fait de jouer ;
- Le fait de parler.
Les lois sur le harcèlement
Sans trop rentrer dans le détail, il se peut qu’un individu se mette à vous harceler en utilisant comme levier la culpabilisation liée au bruit que font vos enfants. Bien entendu, comme dans les autres pans de votre vie, il se peut que cette personne soit malintentionnée ou ne puisse pas se mettre des limites à elle-même.
Cela sera donc à vous de vous informer et de documenter les abus de l’individu en question (SMS, emails, conversations, etc.).
Astuce n°5 : rappeler vos droits à la personne en question
Quand il s’agit d’un conflit de voisinage lié à vos enfants, après vous être informé(e) sur la loi, n’hésitez pas à rappeler à la personne vos droits.
Vous pouvez exprimer calmement vos opinions et défendre vos enfants en expliquant que leurs bruits sont habituels pour des personnes de cet âge. J’ai eu à le faire quand le fameux voisin du bas nous a attendus devant sa porte à 8h00 du matin et a crié sur mes enfants en les menaçant d’appeler la police parce qu’ils jouaient à 21h00, pendant les vacances. Je lui ai rappelé que c’était permis, que le bruit n’était pas extrême, et surtout que je ne tolérais pas qu’on crie sur mes enfants.
Par ailleurs, vous pourriez avoir à menacer de porter plainte (ou à carrément porter plainte tout court) si la personne, malgré des discussions, continue à exagérer et à vous harceler.
Astuce n°6 : éloigner les enfants des personnes nocives
Vivre dans l’hostilité n’a rien d’agréable. Si vous savez que dans certaines situations, cela dégénère toujours, alors évitez ces situations surtout si vous en avez déjà discuté avec la personne concernée et que rien ne change.
Par exemple, si quelqu’un montre de l’hostilité ostensible vis-à-vis de vos enfants, vous pouvez simplement partir et éviter de trop le laisser sentir aux petits, pour qu’ils n’en éprouvent pas de stress. Cela leur évitera de devoir subir les comportements d’agacement voire d’agressivité de certains individus moins sympathiques.
Pour ma part, j’ai, après quelques années, choisi de déménager car je n’en pouvais plus de vivre dans le même bâtiment qu’une personne qui détestait les enfants et qui le faisait sans arrêt comprendre. Ces personnes ont tendance à être assez égocentriques et ne se rendent pas compte qu’elles aussi, vous dérangent, avec leurs jugements et leurs comportements. Par ailleurs, le voisin qui m’a fait subir cela me réveillait constamment à 3h00 du matin avec sa télévision à plein volume, « car il regarde la télévision quand il n’arrive plus à dormir », mais il ne trouvait pas que cela posait problème. Le vrai problème, selon lui, c’étaient mes enfants qui ne faisaient pourtant aucun bruit tard le soir ni la nuit.
De la même manière, en tant qu’adulte, vous pouvez sentir qu’une situation va être problématique et mettre votre enfant mal à l’aise, vous pouvez donc éviter de mettre l’enfant en contact avec telle personne qui ne veut absolument pas s’en occuper.
Astuce n°7 : ne pas insister
Si quelqu’un montre visiblement qu’il est mal à l’aise avec les enfants voire ne les aime vraiment pas, laissez tomber. Laissez simplement cette personne seule et orientez-vous vers des gens qui sont tolérants avec les plus petits.
Il ne sert à rien d’insister, d’essayer d’arranger les choses voire de forcer des contacts avec vos enfants. Pas la peine de gaspiller votre énergie ! Votre vie sera bien plus agréable si vous restez en compagnie de gens pour qui vos enfants sont les bienvenus.
Laisser un commentaire