Survivre à la coparentalité avec un pervers narcissique – 9 astuces concrètes (avec podcast)

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Pas de chance : vous avez découvert que le père ou la mère de vos enfants était un pervers narcissique. Après cette prise de conscience, et la sortie brusque de l’emprise qui s’ensuit, vient souvent la rupture pure et simple. Félicitations, vous avez enfin franchi le pas. Par contre, malgré cette séparation que vous venez d’initier, vous allez vite vous rendre compte que votre ex ne compte pas vous lâcher de sitôt, et qu’il va chercher à continuer à vous atteindre à travers les enfants que vous avez en commun, vous donnant l’impression que vous n’allez jamais pouvoir vous débarrasser de lui.

La « coparentalité » avec un pervers narcissique est quelque chose qui se rapproche assez fort de quelque chose qui s’appelle « enfer ». Vous êtes désormais lié(e) à cette personne qui vous veut du mal et qui n’a aucunement l’intention de vous simplifier la vie. Il est fréquent pour le parent sain de ne plus en pouvoir et de compter le nombre d’années, de mois ou même de jours qu’il lui reste à subir les attaques du parent pervers jusqu’à la majorité de l’enfant.

Malheureusement, à moins que vous appliquiez les conseils expliqués dans cet article pour limiter l’impact, les enfants font souvent les frais du comportement du parent PN. Le parent pervers narcissique se préoccupe peu des conséquences de ses actes et de ses mots sur ses propres enfants. Bien souvent, il sera davantage préoccupé par sa soif de vengeance et l’envie de faire souffrir le parent sain, que par le bien-être de ses propres enfants. Ce faisant, surtout s’il n’arrive plus à vous contrôler vous, il va chercher à vous atteindre à travers les enfants.

Sur ce point, les agissements peuvent être plus ou moins graves, en allant plus ou moins loin en fonction de la sévérité du trouble de la personnalité de votre ex. On peut en voir qui se contentent de médisances et de manipulations morales, mais certains parents PN peuvent aller jusqu’à imposer des sévices physiques ou sexuels aux enfants, avec des cas extrêmes allant jusqu’à l’homicide. Il y a aussi des parents PN qui sont procéduriers et qui vont tout faire pour retirer la garde au parent sain, allant parfois (et c’est loufoque à constater de la part de personnes extérieures à la scène) jusqu’à demander le placement de ses propres enfants uniquement pour qu’ils ne puissent pas être avec le parent sain.

Vous allez parfois constater avec douleur que le parent PN parvient à retourner vos enfants contre vous en leur disant de vous pis que pendre. Il va aussi attaquer les enfants directement en sapant leur estime de soi et en les menaçant plus ou moins ouvertement lorsqu’ils ne répondent pas à ses attentes. C’est comme cela que le parent PN va utiliser, vis-à-vis des enfants, les mêmes techniques d’idéalisation et de dévalorisation qu’il avait pu utiliser avec vous en relation.

Au début, cela peut fonctionner. En effet, un enfant dont les parents viennent de se séparer, aime toujours autant ses deux parents, et souhaite avoir leur approbation à tous les deux. C’est la nature même d’un enfant que d’avoir besoin de l’aval de ses parents pour se développer. C’est donc en ce sens que, suite à la séparation (et peut-être même avant la séparation, d’ailleurs), l’enfant va parfois avoir tendance à suivre les demandes du parent PN pour lui plaire et ne pas le perdre. Ne l’oublions pas, les pervers narcissiques sont des professionnels de la menace, et un enfant est bien trop jeune pour le comprendre. On peut donc s’imaginer qu’un enfant que le parent PN menace d’abandon, par exemple, va être pris de peur et se plier aux demandes du parents malveillant.

Cependant, ne vous inquiétez pas : il y a de nombreux conseils à suivre pour mieux gérer la coparentalité avec votre ex-partenaire pervers. (Même si une vraie coparentalité ne peut exister avec un pervers narcissique, puisque son comportement d’opposition et de destruction est aux antipodes d’une réelle collaboration pour le bien-être de l’enfant.)

N.B. Comme à chaque fois lorsqu’on parle de pervers narcissiques, n’hésitez pas à inverser les genres dans les phrases, si vous êtes un homme victime d’une femme pervers narcissique, car elles existent bien entendu.

Mon enfant va-t-il devenir pervers narcissique ?

La plupart des parents victimes d’un ex pervers narcissique ont conscience du risque que leur propre enfant devienne pervers narcissique lui-même. On comprend évidemment l’angoisse de ces parents qui, en plus d’avoir souffert de la perversion de leur ex-partenaire, auront peut-être plus tard à subir la perversion narcissique de leur propre enfant.

Cependant, le fait d’avoir un parent PN ne veut pas forcément dire que l’enfant va devenir PN lui-même, en particulier s’il dispose d’un parent non-PN et bien-traitant pour compenser les abus du parent PN. Tout dépend en effet de l’environnement, et des relations avec les autres personnes de l’entourage.

Normalement, si l’enfant est traité avec empathie et bienveillance de la part du parent non-PN, qui lui apprend les limites et l’éduque de façon plus ou moins normale, l’enfant aura moins tendance à adopter le même fonctionnement que son parent PN. Un enfant qui se rend compte de ce qu’il fait et qui ressent de la culpabilité ne va pas devenir pervers narcissique.

1. Être positive et heureuse

La coparentalité avec un ex-partenaire PN est un marathon, et il va falloir tenir. Pour cela, il va falloir ménager votre monture. Cela veut dire que vous allez devoir trouver le moyen de rester en bonne santé physique et mentale.

Pour vos enfants, il vaut mieux un parent positif et un parent négatif, plutôt que deux parents négatifs. C’est pour cela qu’il est primordial de donner l’exemple à vos enfants en étant forte et en prenant soin de vous-même. Essayez de penser à vous, de retrouver le bonheur et la joie de vivre, pour être un exemple pour vos enfants. Le fait d’être stable et forte vous-même, de ne pas être tout le temps en train de pleurer ou d’angoisser, va donner à vos enfants une espèce de pilier sur lequel ils vont pouvoir se reposer, limitant l’impact des maltraitances qu’ils peuvent subir de la part du parent PN.

Malgré toutes les médisances du père PN à votre égard, vos enfants vont pouvoir constater eux-mêmes que vous n’êtes pas comme on vous décrit. On leur dit que vous êtes folle, mais vous restez calme et sensée. On leur dit que vous êtes une mauvaise mère, méchante et irresponsable, mais vous faites tout pour eux, vous en occupez bien et faites montre d’une grande gentillesse.

Dans cette section ajoutons encore que vous pouver utiliser votre attitude positive et non-violente pour rassurer l’enfant par rapport aux conflits. Pour ne pas alimenter la guerre que mène le parent PN, évitez de commencer à l’insulter vous aussi ou à le critiquer ouvertement devant les enfants. Expliquez aux enfants qu’ils n’ont pas à choisir, qu’ils ont le droit d’aimer leurs deux parents et d’aimer passer du temps avec les deux. Les enfants sont déjà soumis à de la véhémence à votre égard de la part du parent PN, ce qui les met sous pression et leur donne l’impression de devoir choisir. Chez vous, cela n’a pas besoin d’être le cas. Vous pouvez simplement être la personne paisible que vous êtes, et faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix où vos enfants peuvent se ressourcer après chaque contact toxique avec votre ex.

2. Valoriser le temps passé avec vos enfants

Plus vos enfants auront de bonnes expériences et émotions en votre compagnie, moins les manipulations de votre ex-partenaire auront de prise. En fonction de vos moyens, donnez ce que vous pouvez à vos petits en termes de temps, d’attention, d’activités, de petites choses qui leur font du bien. Certaines des choses les plus importantes ne coûtent rien, et veulent dire énormément pour un enfant : le regarder, l’écouter, l’enlacer, l’embrasser, prendre le temps de faire de petites balades, lui apprendre des choses, cuisiner avec lui, et ainsi de suite.

3. Parler honnêtement avec vos enfants

Sans utiliser de qualificatifs insultants ni trop négatifs par rapport à votre ex-partenaire PN, vous pouvez parler avec vos enfants en leur expliquant les choses dans des mots qu’ils comprennent. Comme le souligne très justement Agnès de Reulle, garder les enfants hors des histoires d’adultes est une utopie lorsqu’il y a eu des violences. En cas de violences physiques, ils ont vu les gestes et les blessures. En cas de violences psychologiques, ils ont constaté eux-même les mauvais comportements de votre ex (vous ignorer, vous insulter, vous menacer, vous faire pleurer, ne pas être conciliant, etc.). Les enfants sont au milieu du champ de bataille et sont coincés en plein dedans, que la séparation soit déjà survenue ou pas, car un parent PN ne lâche pas l’affaire si facilement, et que les enfants continueront d’être soumis au même genre d’attaques que vous avez pu l’être.

Étant eux-mêmes soumis aux comportements déviants du parent PN, et régulièrement attaqués par ce dernier eux aussi, les enfants ont besoin que vous nommiez les choses. Ce n’est pas médire que d’énoncer un fait et de qualifier un mensonge de mensonge. Le PN a tendance à chercher à minimiser ses méfaits et médisances, en faisant l’autre douter de ses propres perceptions. Pour un enfant, cela est extrêmement pénible, et cela rend même fou. Le fait que le parent sain ose parler (de manière objective et neutre) et qu’il confirme à l’enfant ce que ce dernier constate, peut rassurer l’enfant et atténuer la confusion et l’anxiété qui peut naître des comportements pervers de son autre parent.

Par exemple, si votre enfant remarque que son parent PN ment comme un arracheur de dents et vient vous trouver en vous expliquant que l’autre parent lui raconte des bobards, vous n’êtes pas obligée de faire semblant que tout va bien ni de vous voiler la face. Vous pouvez simplement répondre : « Effectivement, il a dit A, alors que c’est plutôt B, et c’est un mensonge. »

Si vous avez trop peur d’influencer vos enfants, vous pouvez aussi attendre qu’ils vous posent eux-mêmes des questions ou qu’ils vous fassent part eux-mêmes de leurs constatations et conclusions, mais il faudra bien à un moment ou à un autre leur parler franchement.

4. Répondre aux attaques en énonçant des faits

Si vous avez un ex PN, vous savez très bien de quoi je parle ici. Un beau jour, alors que vous avez passé toute la journée à vous occuper d’eux et à les dorloter, votre enfant va vous lancer un : « Maman, tu es méchante ! ». Ou alors, sans raison apparente, votre enfant va tout d’un coup vous dire que vous êtes folle ou jalouse. Ou bien vous allez vous retrouver face à un enfant qui, tout d’un coup, vous dit que vos cadeaux sont pourris, avec des mots qui ressemblent très fort à ceux de votre ex.

Comment réagir lorsque votre enfant transmet les méchancetés de votre ex, qu’il lui a planté dans le crâne ? Tout simplement, en prenant l’habitude d’énoncer des faits. Cela n’est ni un jugement, ni une insulte, ni une prise de parti. La neutralité des faits vous protégera des conséquences négatives de tels échanges.

Par exemple :

« Maman, tes cadeaux sont vraiment nuls. D’ailleurs, papa dit que tu ne nous achètes jamais rien ! »

À cela, vous pouvez répondre que vous payez tout toute seule et que leur père ne paie même pas de pension alimentaire. Vous pouvez lui dire que vos cadeaux ont coûté cher, alors que ceux de leur père n’ont coûté que quelques euro. Cela n’est absolument pas un jugement et vous, contrairement à votre ex, ne critiquez absolument pas la qualité ni le prix de ses cadeaux.

Le parent pervers narcissique va lancer des qualificatifs sans fondement au sujet du parent non-PN, que celui-ci peut contrer avec des faits pour maintenir une relation de confiance avec son enfant, et en donnant des preuves adaptées à l’âge de l’enfant.

5. Encourager la pensée critique chez l’enfant

 

Par toute une série de questions, vous pouvez amener votre enfant à déduire des choses par lui-même.

« Et toi, qu’en penses-tu ? »

« Cette affirmation te semble-t-elle vraie ou pas ? »

Vous seriez surprise de la perspicacité dont font preuve beaucoup d’enfants. Bien souvent, ils ne sont pas dupes du tout, surtout à partir d’un certain âge. Par exemple, votre enfant va peut-être par lui-même commencer à vous dire qu’en fait, c’est le parent PN qui ment malgré qu’il vous traite tous de menteurs, ou bien que c’est lui qui est méchant alors qu’il n’arrête pas de vous traiter vous de méchante.

6. Un suivi psychologique adapté aux enfants

En cas de violences de la part d’un parent PN, il est important de faire suivre vos enfants par un psychologue le plus vite possible, une personne qui soit spécialisée dans les enfants et dans les problématiques de manipulation.

ATTENTION! Dans certains pays, il est interdit d’amener des enfants jeunes chez le psychologue sans avoir l’accord explicite et écrit de l’autre parent! Assurez-vous donc, si vos enfants sont petits, de faire les choses en règle pour ne pas risquer des poursuites (et vous savez qu’avec un PN, il faut lui éviter toute occasion de vous porter préjudice). 

7. Cadrer l’enfant et l’aider à gérer ses émotions

Le parent PN va avoir tendance à saboter les limites des enfants, en rendant autorisé tout ce qui n’est pas censé l’être. Il va, par exemple, manipuler les enfants en les bombardant de ce qu’ils aiment et qui n’est pas forcément bon pour eux (sucreries, etc.), les laisser dormir excessivement tard, etc. Le parent non-PN peut alors, pour aider ses enfants au niveau mental, essayer au contraire de leur mettre des limites et les cadrer, afin qu’ils aient un minimum de structure. Ce qui est très important, c’est de traiter ses enfants avec respect et empathie, et d’essayer d’être un parent le plus normal possible pour eux, afin de leur donner un socle solide. Cela implique alors de corriger vos propres failles.

8. Faire le deuil d’une vraie coparentalité

Avec un ex PN, il n’y aura pas de réelle coparentalité, c’est-à-dire de situation où les deux parents, même étant séparés, progressent ensemble en regardant tous les deux dans la direction du bien-être de l’enfant. Le parent PN, lui, n’aura pas du tout les mêmes objectifs, et donc on ne peut pas se fier à lui pour nous faciliter la tâche et améliorer l’éducation des enfants.

Le parent PN va demander des choses qui ne vont pas du tout dans le sens du bien-être de l’enfant. Il ne se tracasse pas forcément des dégâts pour les enfants.

Pour vos enfants, cela signifiera faire le deuil d’être aimé par le parent PN. À un certain stade, vos enfants vont se rendre compte que quelque chose cloche chez le parent PN, et surtout s’apercevoir du fait qu’il ne leur donne pas d’amour. C’est sur ce point que vous allez pouvoir leur expliquer les choses, leur dire que le parent PN n’est pas programmé pour cela, qu’il n’est pas capable de lui donner ce que la plupart des parents donnent à leur enfant. Vous allez pouvoir accompagner vos enfants sur ce chemin, notamment en redoublant de gentillesse et d’amour à leur égard.

9. Cultiver l’art de s’en ficher et cesser de lutter

Cela peut permettre paradoxal, mais plus vous lutterez activement contre le pervers narcissique, plus le piège se refermera sur vous. Ce qui serait vraiment super, si vous y parvenez, c’est d’être dans un état d’indifférence par rapport au parent PN. Le fait de ne pas montrer d’émotions va plonger votre abuseur dans la confusion. Ce qu’il cherche, c’est à provoquer une réaction

Vous pouvez aussi développer un certain humour pour faire face aux différents abus, menaces et accusations fallacieuses. C’est une face de tourner à la blague des comportements qui n’ont pas lieu d’être ou qui n’ont aucun sens. Par exemple, si votre ex dit constamment

Pour aller plus loin, je vous conseille les vidéos suivantes :

Vous avez un enfant avec un pervers narcissique ? d’Antoine Peytavin (dont je vous conseille la chaîne YouTube pour tout ce qui concerne les relations avec un PN)

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À bientôt pour un nouveau post,

Pauline

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* Pour mon livre Carnet d’astuces à l’usage de la maman solo : un guide pour s’épanouir dans la monoparentalité, pour le moment disponible en e-book uniquement, vous pouvez suivre ce lien pour vous le procurer sur Amazon

Note importante: n’oubliez pas que ce blog constitue une aide et ne remplace en rien un suivi psychologique si vous êtes vraiment mal en point. Si vous pensez avoir besoin d’une aide psychologique urgente, je vous conseille de vous adresser aux urgences psychiatriques (ou si vous n’en avez pas à disposition, aux urgences) de l’hôpital le plus proche de chez vous.

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